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Billet de blog 26 mars 2022

La mémoire qui flanche.

Il s'appelait Jacques Duclos et s'était illustré avec ses camarades dans le combat contre le nazisme et pour libérer le pays.

Lucien Atencia
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L'ancien président de la République François Hollande, la candidate de leur parti, Anne Hidalgo ont entrepris un travail de sape qui semble être devenu la seule raison d'être de la campagne électorale du Parti socialiste. Faute de grives...

Sur les plateaux de télévision, dans les meetings, ils tournent leurs coups contre le seul candidat de gauche qui peut atteindre le second tour.

Seuls les sourds et aveugles ne s'en rendent pas compte et celles et ceux qui ne le sont pas de se demander pourquoi une guerre en Europe et une pandémie qui n'en finit pas se trouvent reléguées à l'arrière-plan.

Cela me rajeunit beaucoup car j’ai déjà vécu une situation similaire. Mes camarades communistes aussi.

En 1969, les prédécesseurs en social-démocratie de notre duo, Gaston Deferre et Michel Rocard, n’avaient été candidats à l’élection présidentielle que pour empêcher le seul qui à gauche, à l’époque, puisse atteindre le second tour, d’y parvenir.

Il se nommait Jacques Duclos.

Malheureusement, ils y arrivèrent, à un peu plus de 2 petits points près et Jacques Duclos termina à la troisème place !

Il était le candidat du Parti communiste auquel j’avais adhéré en mai 1968. Il s’était illustré, avec ses camarades de parti, dans le combat contre le nazisme et pour libérer notre pays. Ses deux concurrents de gauche passèrent leur campagne à en faire le candidat de Moscou !

Leur objectif atteint, ils purent appeler à soutenir le candidat de la droite atlantiste face à celui de la droite gaulliste au deuxième tour, celui du célèbre « blanc bonnet, bonnet blanc ».

Si vous ne voyez pas quelques similitudes avec la situation actuelle, c’est sans doute parce que vous avez la chance d'être trop jeune. Je ne vous ferai pas le reproche, souvent attribué au Parti communiste, d'avoir une mémoire sélective. Or, aujourd'hui encore, ce défaut marque profondément le comportement de nos concitoyens à notre encontre, à l’encontre de notre candidat.

Certes, Mélenchon n’est pas le candidat du PCF après l’avoir été à deux reprises. Notre déclin est passé par là. Mais il est le seul candidat de gauche qui puisse, comme Jacques Duclos, atteindre le deuxième tour.

Le seul qui puisse éliminer la sinistre Le Pen dès le premier et nous éviter de revoter Macron et sa retraite à 65 ans au second,

C’est pour cela que nos deux dirigeants socialistes en font du matin au soir, dans des micros généreusement tendus, le candidat du nouveau tsar russe, le fauteur de guerre, le massacreur Poutine.

La grande différence avec 1969, c’est que les dirigeants de mon parti se trouvent à leurs côtés et qu’ils ont la mémoire qui flanche.

C’est à celle de Jacques Duclos qui m’a permis de vivre dans ma jeunesse une si belle campagne électorale que je veux dédier ce billet.

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