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Billet de blog 30 mars 2022

Le vote de gauche au premier tour.

Qui aurait prédit que le premier tour de l’élection présidentielle de 2022 pourrait permettre un tel bouleversement de la vie politique française ?

Lucien Atencia
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 Admettons que Mélenchon soit responsable de tout, de la hausse des prix, de la reprise de l’épidémie, du réchauffement climatique et aussi, un peu, de la guerre en Ukraine.

Constatons que malgré cela, son âge avancé et alors qu’il ressemble beaucoup au Mélenchon qui en 2012, en 2017 fut le candidat du PCF, il est le seul, de très loin, qui peut permettre à un progressiste, quelle que soit sa sensibilité, de renverser la table en mettant le bulletin qui porte son nom dans une urne le 10 avril.

Plus rien ne serait comme avant si, du même coup, l’extrême droite raciste était éliminée dès le premier tour ce qui contraindrait le monarque à affronter un candidat de gauche au deuxième.

Un affrontement télévisé Macron/Mélenchon aurait de la gueule, non ?

J’ai du mal à concevoir qu’une femme, un homme de gauche puissent lui préférer le traditionnel duo avec la sinistre Le Pen.

Cette confrontation apporterait un air pur qui manque tant à la politique dès cette élection présidentielle dans laquelle, pour beaucoup, tout était déjà définitivement écrit. Les élections législatives connaîtraient de toutes autres conditions et pendant cinq ans ce pourrait être une gauche digne de ce nom que le président-candidat devrait affronter.

Une gauche qui ne passerait pas son temps à courir derrière les idées nauséabondes de l’extrême droite et qui ne contribuerait plus à la mettre au centre de la vie politique.

Quel changement pour Macron qui en a fait son assurance-vie !

Qui aurait prédit que le premier tour de l’élection présidentielle de 2022 pourrait permettre un tel bouleversement de la vie politique française ? Sûrement pas le maître des horloges qui avait préparé une situation très différente.

Pas non plus le PS, le PCF et les Verts qui jusqu’au bout auront tout fait pour que rien ne change et que nous nous retrouvions devoir revoter Macron et sa retraite à 65 ans au deuxième tour.

Impossible de changer quoique ce soit sans atteindre ce second tour précisément, comme dirait M. de la Palice.

Ils sont où les révolutionnaires, ceux qui n’ont que le mot changement à la bouche en promettant des jours heureux ? Ils nous disent, du haut de leurs certitudes, de leur déterminisme historique, que la gauche au second tour, c’est à la fois impossible et très dangereux. Le leitmotiv de François Hollande, Anne Hidalgo et Yannick Jadot.

Cette sentence dans leurs bouches a l’allure d’une guillotine ! Elle tue l’espoir en faisant des citoyens des êtres incapables de modifier le cours des choses. La négation de la politique.

Les lendemains qui chantent, dès lors, ne seraient que la copie de ceux, malheureux, que nous vivons.

Il y a mieux à faire.

Comme le dit Bernard Lavilliers, il s’engueule souvent avec Mélenchon, il a beaucoup à lui reprocher, moi aussi, et pourtant, comme en 2017, il revotera pour lui parce qu’il ne peut pas faire autrement : il est un homme de gauche.

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