Remaniement ministériel : le serment d'Idiocrate !

Hier soir nous avons eu droit au feuilleton du remaniement ministériel. Voici mon analyse !

Tout a commencé le lundi 6 juillet, lorsqu'un Jean Castex devait annoncer un remaniement ministériel.

Cette journée, qui fut d'un grand ridicule, nous a permis de constater l'organisation du nouveau gouvernement qui devait lancer le grand nouvel acte d'un quinquennat pourrissant.

Bien drôles furent les heures de celles et ceux qui ont suivi cette journée, constatant les allées et venues incessantes d'un homme balloté en direction du Sénat, de l'Assemblée Nationale, pour un déjeuner avec Macron, puis à l'Elysée, puis enfin au conseil économique et social.

Les amateurs du tour de France apprécieront la performance de Castex qui, enchaînant les étapes dont lui seul sans doute connaissait la raison, a surtout donné l'impression d’avoir passé la journée dans une voiture.

Déjà, le nouveau gouvernement avait commencé avec une contradiction.
Castex avait annoncé prendre la parole en milieu de semaine mais Macron lui, avait contredit son nouveau premier ministre du grand départ d'un nouveau gouvernement compétent, en déclarant publiquement qu'il ne devait pas prendre la parole avant son allocution présidentielle du 14 juillet.
J'espère que vous suivez.
Il le faut, car c'est le nouvel acte du nouveau gouvernement qui va révolutionner la politique.

Les montres non plus n'étaient pas accordées visiblement.
Le remaniement était prévu dans la matinée du lundi mais à 17h nous n'avions toujours aucune nouvelle du fameux nouveau gouvernement de l'acte II ou III (je ne sais plus).

BFM TV, alerte sur le moindre ragot, nous dispensait de l'information capitale à chaque demi heure, comme par exemple l'ouverture ou non de la porte de la cour de l'Elysée ou la vidéo d'une voiture avec vraisemblablement Castex à l'intérieur.

C'est finalement entre 17h et 20h que fut annoncé officiellement le remaniement, puis une annonce encore plus officielle que l'autre annonce officielle est venu annoncer l'heure de 19h.

L'étrange nouvelle étape du nouvel acte du nouveau gouvernement avait déjà bien des allures guignolesques de l'ancien (de l'an I ou zéro). A croire que tout ce qu'entreprend l'homme Macron ( n'y voyez pas de parallèle avec l'autre homme, celui de Cromagnon, bien plus humain) se transforme irrémédiablement en quelque chose de ridicule.
A croire que tout ce qu'il touche ou englobe se change tout simplement en quelque chose de pas sérieux. Magique...

Puis enfin, avec du retard sur l'heure officielle annoncée, l'heure du grand remaniement était arrivée. Nous allions enfin savoir ce que valait ce suspense insoutenable et la grande vadrouille de Castex !

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Trois noms sont parvenus à mes oreilles et ont généré un frisson qui, après m'être assuré que j'écoutais la bonne fréquence et non pas une émission de Cyril Hanouna, a achevé l'idée que je me faisais de la politique en France et de l'idiocratie complète dans laquelle nous baignons !

Un petit économiste, ayant trahi sa famille politique pour la soupe macroniste, qui avait juré de faire son mandat de maire, visé par une plainte pour agression sexuelle et sans doute cruellement en manque de reconnaissance
sera ministre de l'Intérieur.
Les policiers apprécieront, la France appréciera elle ?

Un avocat de plateaux télés, contre la loi sur le harcèlement de rue, militant anti-féministe, issu d'un monde ou on se déplace en charrette, sera ministre de la Justice. Les femmes apprécieront, la France appréciera !

Une femme qui avait juré de ne plus jamais faire de politique, ancienne ministre sous Chirac puis Sarkozy (le fameux nouveau monde sans doute) sera ministre de la Culture. La culture appréciera, la France appréciera !

Ainsi, voir la France, qui a compté dans ses murs républicains les plus grands noms de ce siècle maintenant occupée par la médiocrité et le vice, est intolérable !

Voir ses institutions, maintes fois honorées par des femmes brillantes et intègres, des hommes courageux et honnêtes, aujourd’hui bafouées, humiliées et prises en otage par des politiciens exécrables ne doit en aucun cas générer notre indifférence !

Sont-ils les politiciens que nous voulons ?

On dit que nous avons les dirigeants que l’on mérite, est-ce donc vrai ?

Je ne l’accepte pas ! Et vous ?

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