Contre analyse d’une éternelle bouffonnerie politique

Nous sommes fin juillet et voilà les nouvelles de la France qui sombre chaque jour un peu plus dans la déchéance mêlée à l’absurde.

Malgré des compétences hors du commun dans la tromperie maintes fois prouvées et consolidées depuis 2017, aucun membre du gouvernement n’est parvenu à expliquer pourquoi la police ne sera pas soumise à l’obligation vaccinale. Aucun membre du gouvernement n’est parvenu avec conviction à expliquer pourquoi un citoyen qui n’est pas doublement vacciné ne pourra plus être un citoyen libre, sauf s’il est policier ou gendarme.

Aucun n’est même parvenu à travailler un mensonge à l’ancienne pour faire passer la pilule.

Gabriel Attal, qui a la dure tâche de passer après Sibeth N’Diaye qui a abêti la fonction pour l’éternité et qui est pourtant expert en langue de bois lui aussi, n'est pas parvenu à expliquer le pourquoi de cette curieuse dérogation. A la radio, le 13 juillet, on aurait dit un lycéen devant un oral qu’il n’avait pas bossé. « La mesure s’applique aux français qui travaillent dans des établissements qui reçoivent du public » avait-il commencé très hasardeusement. Puis lorsqu’on lui demande pourquoi dans ce cas, la police en est exemptée, il patauge pitoyablement :  «Les policiers ne travaillent pas dans des établissements… où… enfin… Ce n’est pas la même situation. Les policiers sont certes au contact du public… ». Il finira par conclure péniblement : « ce n’est pas la même situation pour les policiers ».

Pénible, oui mais surtout lamentable, bien que non surprenant. Pourquoi ? Car Gabriel Attal ne sait pas pourquoi les policiers sont exemptés d’obligation vaccinale. Il ne le sait pas mais doit le défendre devant les médias. Sinon il ne serait pas ridiculisé une fois de plus en direct. C’est ça d’être porte-parole d’un gouvernement de guignols. Jean Castex, Macron et sans doute le ministre des cantines scolaires Darmanin savent véritablement pourquoi cette dérogation a été mise en place pour la police. Car il y a bien quelqu’un qui a décidé d’offrir une dérogation à la police ! Et que ce quelqu’un est un minimum décisionnaire !

Alors on peut faire des hypothèses : Les policiers et gendarmes ne sont pas soumis à l’obligation vaccinale pour ne pas mettre en colère un corps de métier qui est le dernier rempart avant un potentiel effondrement d’un pouvoir politique agonisant ?

Cela me fait penser à la réforme des retraites. Une réforme vendue comme excellente et nécessaire pour l’ensemble des Françaises et des Français. Une réforme si géniale qu’en sont curieusement exemptés les policiers, les militaires, les pilotes d’avions, les gendarmes, les douaniers, les pompiers, les contrôleurs aériens, les routiers, etc, etc..

Puis nous avons compris que les corps de métiers exemptés de la réforme infâme des retraites étaient les métiers à fort pouvoir de nuisance...

Inutile d’en rajouter.

 Jean Castex est-il une hallucination collective ?

Mercredi 21 juillet, Castex s’est exprimé au JT de TF1. La probabilité d’avoir vécu devant mon écran une distorsion de la réalité est jugée comme haute, tellement c’était n’importe quoi.

Celui qui prédisait avec brio le 10 mai que nous étions en train « de sortir durablement de cette crise sanitaire » a depuis annoncé tellement de nouvelles vagues qu’il pourrait devenir maître-nageur.

En tout cas, il s’est comme d’habitude embrouillé avec des chiffres.

Il a dit que 96% des 18.000 cas relevés mardi 20 juillet n’étaient pas vaccinés. Or, il s’appuie sur des chiffres portant sur la semaine du 28 juin au 4 juillet, soit il y a un mois.

Castex, le « monsieur déconfinement » à la ramasse a aussi dit que 48 000 jeunes de 20-39 ans étaient passés par la case réanimation depuis le début de l’épidémie. Ce chiffre est faux. En tout, 88 744 personnes ont été admises en réanimation tous âges confondus depuis mars 2020. Selon Jean Castex, plus de la moitié de ce chiffre serait donc des jeunes de 20-39 ans ?

Une hallucination, je ne vois pas autre chose.

LREM, la meilleure troupe de théâtre comique

Le 21 juillet, l’Assemblée Nationale a été le théâtre d’une pièce surréaliste que seuls les macronistes peuvent nous délecter. Ce fut en tout point magique.

Premièrement, lors de l’examen du projet de loi concernant la mise en place du Pass Sanitaire, c’est Pacôme Rupin, un député LREM qui a rappelé l’absurdité de la petite réunion. En effet, il n’a pas manqué de rappeler qu’aujourd’hui, si LREM est sur le point de demander à une tranche de la population de contrôler une autre, c’est précisément ce qui avait été interdit trois mois en arrière par ces mêmes LREM. Oui, trois mois en arrière, LREM votait pour sanctionner les commerçants et tout organisme public qui demandaient le Pass Sanitaire.

Avouons que la République en Marche est tout de même la meilleure troupe de théâtre burlesque n’ayant jamais officié à l’Elysée.

D’ailleurs ils tentent de resserrer les rangs. Un message envoyé hier à tous les députés LREM impose une présence aux votes en séance. Car oui, même en ces temps troublés, il y avait des députés qui étaient absents. 

Le Pass Sanitaire c’est pour les gueux

Quand contraindre vient avant convaincre, nous sommes dans l’échec politique. Ce qui résume la politique de Macron depuis 2017.

Mais comment convaincre quand sa parole est conchiée ?  Sacré dilemme. 

Aujourd’hui, les macronistes tentent également de contraindre sans convaincre sans non plus montrer l’exemple.

Nous sommes gouvernés par des fous.

Le tristement célèbre Richard Ferrand qui aime donner des leçons à tout le monde en étant principalement connu pour ses affaires judiciaires, pour sa réputation de torpilleur de votes en tant que président de l’Assemblée et pour ses déclarations tardives voire inexistantes à la HATVP a décidé que le Pass Sanitaire ne sera pas mis en place à l’Assemblée Nationale.

Pourtant, c’est un lieu de brassage de centaines de personnes venant de régions différentes, c’est un endroit particulièrement sensible à la contamination.

Aussi peut-être un lieu où l’on doit montrer l’exemple ?

Un des arguments censés faire comprendre aux français que le Pass Sanitaire à l’Assemblée Nationale n’est pas possible est qu’il serait « compliqué » de le mettre en place.

Ben voyons.

L’autre argument est qu’il (le Pass Sanitaire) pourrait entraver le « libre exercice du mandat parlementaire ». Qu’il puisse entraver le libre exercice de tous les autres métiers de France ne semble pas préoccuper Richard Ferrand.

J’ai une autre théorie. Le Pass Sanitaire, n’est-ce pas plutôt pour les gueux ? 

Et il risque de durer. La député Emmanuelle Ménard a vu sa proposition de loi rejetée par l’Assemblée. Sa loi ? Mettre fin au Pass Sanitaire une fois la pandémie terminée.

Bonne fin de semaine et surtout bon courage ! 

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