Vite, un chèque psy pour Macron !

Hier soir, 22h30, avec deux yeux qui disent l'inverse, Macron annonce qu'il ne regrette rien, qu'il ne fera pas de mea culpa et que tout va pour ainsi dire bien. Visiblement, le déni, mécanisme de défense psychologique est venu remplacer les mensonges. Objectif propagande ! au risque qu'il y perde la tête ?

« Je peux vous affirmer que je n’ai aucun mea culpa à faire, aucun remords, aucun constat d’échec »

Mentir c'était trop facile, il faut passer le niveau supérieur. Puisque travestir la réalité ne suffit plus, nions la. 

Je suis pour ainsi dire inquiet de l'équilibre psychologique du président.

Nous connaissions son talent de transformiste, dissimulant le vide de son être par l'incarnation de l'Autre. Nous avons eu De Gaulle à Paris un soir de mai 2017, Tom Cruise à Istres en juillet de la même année puis Chirac à Jérusalem en janvier 2020. Pendant la crise nous aurons eu le chef de guerre du 16 mars puis le petit père des peuples du 13 avril qui finalement laisse place au réformateur enthousiaste du 14 juillet où il annoncera vouloir bâtir en 600 jours ce qu’il a mis trois ans à détruire. Après la première partie de la crise, nous pourrons même l’observer jouer au Messie au Liban. Jeudi soir, il s'est pris pour épidémiologiste 1er, son dernier personnage.

Difficile, impossible de constituer les prémisses d’une crise sans mentionner l’homme qui l’aura marqué de sa négligence. De l’homme qui arbore tellement de personnages qu’il est devenu aujourd’hui impossible de savoir qui il est vraiment. L'aspect théâtral des interventions de Macron ont réellement donné le tournis pendant la crise (et continue de le faire) tant la concentration de facettes en un seul homme en si peu de temps est remarquable. Si bien que nous pourrions l’apparenter à Leopoldo Fregoli. Si ce transformisme qui pose de grandes questions d’équilibre psychologique n’est pas nouveau, il n’a jamais été aussi fréquent qu’en quelques mois. Cette volonté d’incarner à la chaîne des personnages divers et variés cache principalement une volonté narcissique de briller pour exister, d’utiliser des moments charnières pour être celui qui est toujours attendu, quitte à donner l’image d’un homme vicariant.

Pendant le temps de ces élucubrations psychologiques, le pays était tantôt en rupture de stock de masques, subissant les mensonges d'Etat d'une classe politique pitoyable. Tantôt en rupture de tests, tantôt coupé des siens par manque de moyens. Nous n'allons pas résumer une fois de plus les éléments en faveur d'une gestion catastrophique de la crise depuis le premier jour.

Aujourd'hui, les choses ne semblent pas s'améliorer. Le déni dont il a fait preuve jeudi soir montre l'incapacité de cet individu de regarder en face ne serait-ce qu'une ébauche d'échec. Il ne peut pas, il s'aime trop pour cela.

Proche du besoin irréfréné de se mettre en scène, entre narcissisme maladif, dissociation de la personnalité, dérèglement de la représentation de soi ou narcissisme supplante altérité basique, Macron donne à voir et à entendre une personne concomitamment possédée et dépossédée, incarnée et désincarnée, pleine et vide. Le “en même temps” est devenu pathos. Aujourd'hui, le "en même temps" engendre le déni.

La France ne mérite pas ça, la France mérite mieux.

Vite, un chèque psy pour Macron !

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