Pour être plus heureux, faut-il forcément demander des augmentations ?

Pour être plus heureux, faut-il demander des augmentations ?

Je crois que dans nos pays trop gâtés, autrement appelés "pays occidentaux", il faudrait qu'on se calme là-dessus, surtout si les augmentations deviennent automatiquement des augmentations de la consommation bête et méchante, celle qui nourrit sans même vouloir y réfléchir, le réchauffement de la planète et son pourrissement par la chimie agricole et pharmaceutique et industrielle. (saint total priez pour nous).

L'autre matin, j'ai entendu quelqu'un à la radio, mais j'étais à moitié endormie, qui parlait du capitalisme surexcité comme d'une religion. Et si on prend cette optique, on comprend beaucoup de chose, car le fanatisme religieux peut conduire à l'autodestruction de peuples entiers, et c'est bien vers ça qu'on va, on y est déjà en ce qui concerne beaucoup de pays d'Afrique, et nous y allons tout droit, nous aussi, conduits par des fanatiques d'une religion irrationnelle : la croissance !!!

On nous raconte même, comme à des gosses avides de belles histoires, que si on arrive à faire augmenter la croissance, ça va se mettre à nous ruisseler dessus !!! un genre de baptême quoi !!!

Pour le moment, ce qui ruisselle, c'est la sueur, dans les chaleurs insupportables que nous ramènent tous les Étés. Un genre de prix à payer (ah... les sacrifices réclamés par les religions, y en a eu et y en aura : de la sexualité réprimée (et donc tordue) , à la liberté signe d'immoralité, à la pauvreté (prêchée par de riches abbés)... et bien sûr, il ne faut pas priver les pauvres de ces saints sacrifices : un peu moins d'APL, un peu moins d'aides .... ils seront plus heureux, et on pourra peut-être enfin "augmenter les fonctionnaires" et avoir des "entreprises prospères", prospères, seul critère de réussite (pollution, empoisonnements, disparition des espèces, cancers : je vous le dis, une religion demande d'ENORMES sacrifices - mais elle se présente aussi comme "incontournable", "impossible à remettre en cause" sous peine de châtiments horribles, appliqués par des dictateurs "obligés" de reprendre les choses en main pour nous maintenir dans la "vertu".

Sainte croissance, priez pour moi, protégez surtout votre très haut clergé (banquiers et hauts fonctionnaires et hauts dirigeants d'entreprises) sans qui, nous, pauvres et humbles, nous ne pourrions pas comprendre (?) et gérer (?) notre très sainte économie libérale. Oui, en son nom nous justifions les pires atrocités, mais n'est-ce pas ce qu'on a fait au nom de beaucoup de religions ?

 

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