L'Europe vient de subir un terrible camouflet de la part de la Russie!

Après le fiasco de la visite de Josep Borrell à Moscou, le consultant Ludovic Zanker explique la manière dont le Kremlin envisage ses relations avec Bruxelles. C'est décoiffant.

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Le bras de fer continue entre l'Europe et la Russie dans le dossier Navalny. L'Allemagne accuse sans relâche le Kremlin d'avoir empoisonné l'opposant politique du président Poutine.

Il est important de connaître le fond de l’affaire : Mr Navalny est un délinquant récidiviste, il a préféré se soigner en Allemagne, car il craignait pour sa vie au sein des hôpitaux russes. C’est étonnant pour une personne qui dit aimer son pays. Il démontre ainsi son manque de confiance dans le corps médical russe.

L'Europe a trouvé son épouvantail à travers Mr Navalny. Elle cherche à contraindre le locataire du Kremlin a libérer Mr Navalny, en accusant la Russie de ne pas respecter la convention du respect des droits de l’homme.

Or, la justice en Russie s'est prononcée sur l’accusé : elle l’a condamné à 3 ans et demi de prison, ce qui reste clément. 20 ans en arrière, Mr Nalvany aurait sans doute été condamné à la prison à vie.

La justice en Russie évolue avec son temps. Elle est indépendante du pouvoir, la sanction légère qui a été prononcée en est la preuve, surtout en regard des lois en vigueur dans ce pays.

L'Europe et les États-Unis crient au scandale et exigent la libération immédiate de Navalny. Ce scandale médiatique va se transformer en conflit diplomatique et politique.

L’Europe prévoit de prononcer prochainement des sanctions à l'égard de la Russie si Mr Navalny n'est pas relâché. Le Kremlin s’est fermement opposé aux tentatives de pressions extérieures, il n'y aura pas de libération anticipé avant le terme de la condamnation prononcée. Le cas de Mr Navalny est une affaire interne et non internationale. 

La Commission européenne a pourtant dépêché son haut représentant à la diplomatie, Monsieur Josep Borrell, dans un seul but : demander la libération de Navalny aux autorités russes.

Après de vifs échanges entre Mr Borrell et le ministre des affaires étrangères russes, Monsieur Serguei Lavrov, ce dernier à été très clair : la Russie reste prête à travailler sur des sujets précis avec l'Europe, mais elle n'acceptera ni leçons de moralité, ni intimidations.

De retour à Bruxelles, la Présidente de la Commission européenne, Madame Ursula Von der leyen qui représente les 27 membres de l'Union européenne, a subi une véritable douche froide. 

Elle a rapidement compris que son haut représentant à la diplomatie avait mis le feu aux poudres.

Hélas, le mal est fait. L'Europe s'est ridiculisée. Elle se croyait forte, avec ses menaces de sanctions ses intimidations, mais c’est en fait une erreur de communication et de stratégie majeure.

Le président Poutine prend l’avantage : son vaccin, reconnu par de grands chercheurs dans son pays, mais aussi aux Etats-Unis, est unanime reconnu. Il passe maintenant à l'offensive, en livrant son vaccin à la Chine, mais aussi aux pays du vieux continent, sans demander l'avis de l’Europe.

La crise fait rage à Bruxelles, car en plus de l'action du locataire du Kremlin, c'est la Chine qui se rallie à Moscou. Le cabinet de Mme Von der Leyen est sous pression, car si Mr Poutine vient en aide aux européens dépassés, grâce à son vaccin performant ce sera un désastre complet pour la diplomatie européenne. 

L'Europe n'a pas anticipé les capacités de réaction du président Poutine. Défiée et prise de court sur le plan de la vaccination, l’Europe ne montre pas l’exemple. La Russie livrera bien en masse ses vaccins contre le Covid-19, alors que dans le même temps, le porte-parole de la Commission européenne a reconnu le retard de la logistique européenne. Même si des millions d’Européens sont vaccinés, mais cela représente pour l’instant un faible pourcentage de la population globale.

Enfin, quoique l'Europe puisse faire à nouveau défier le Kremlin, la Russie restera puissante face à une Europe affaiblie. Il ne faut jamais s'attaquer à ce grand pays qu'est la Russie. Il faut être modéré et respecter ses interlocuteurs diplomatiques, surtout sur des sujets très sensibles, comme le respect des droits de l'homme ou la liberté d'expression. 

La Russie respecte et encourage la démocratie, d’une façon différente qu’en Europe. Nos représentants politiques et diplomatiques doivent comprendre le fonctionnement de la Russie et respecter sa culture. Seul ceci pourra éviter des négociations hasardeuses et des échecs retentissants pour l'Union européenne.

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