Libération

Passionnant ce qui se produit au sein des équipes du « Journal Libération » actuellement. Au-delà des guerres intestines, on peut y lire  un modèle de journalisme qui se cherche.

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Passionnant ce qui se produit au sein des équipes du « Journal Libération » actuellement. Au-delà des guerres intestines, on peut y lire  un modèle de journalisme qui se cherche.

On se rend bien compte que si la recherche de la « Vérité » est un inconditionnel du métier de journalisme, l’information a pris de nombreuses formes plus ou moins respectables. La recherche du profit notamment a eu raison de la qualité de cette information.  Ainsi comme dans l’alimentaire, il y a d’un côté l’information de qualité, recherchée, croisée, vérifiée, celle qui prend du temps, de l’énergie, un véritable savoir-faire  et de l’autre (pour schématiser) une information rapide, recopiée, maquillée parfois, sans avoir été ni cuisinée ni mâchée.  La seconde ressemble a de l’information mais elle n’en a ni le goût ni les nutriments voire elle pourrait même vous donner des maladies à plus ou moins long terme…

Or, ce qui est passionnant  sur le projet de Libération, c’est bien qu’ils souhaitent adapter l’information de qualité aux comportements de leurs aficionados (j’intègre au-delà des lecteurs ce qui aiment mais dont le journal ne correspond plus à leur modèle d’accès à l’information). Pour continuer la métaphore alimentaire, cette fois-ci avec la restauration, c’est un peu passer du modèle du restaurant étoilé au modèle du bistro gastronomique. Vous avez des plats de qualité dans l’assiette sans le décorum propre aux restaurants de luxe. On pourra alors notamment lire dans le projet du restaurant un mode de forum citoyen qui répondrait à la mode du journalisme participatif d’une manière à la fois convivial et intelligente.

Il me semble que le sujet abordé est bien sur la manière de transmettre l’information, de la partager avec ses lecteurs, d’engager une relation nouvelle entre eux sans pour autant remettre en cause la noblesse du journalisme. Ah qu’il est complexe de se libérer de ses propres blocages !

Bref s’il y a un vrai problème au sein du journal ce ne sont pas sur les solutions envisageables à une crise systémique (propre à toute l’industrie) mais bien sur la capacité d’ouverture et de collaboration dont pourraient faire preuve un « journal » d’aujourd’hui c’est à dire une communauté tri-partite de « lecteurs », journalistes et éditeurs.

Cet article est extrait de mon blog personnel. On peut le retrouver ici :  www.ludovicroif.com/liberation

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