Vers de nouvelles suppressions d’emplois chez Air France

Air France va, une nouvelle fois, réduire la voilure. D’ici à 2017, la compagnie aérienne sera amenée à économiser plus de 1.1 milliard d’euros. Parmi les opérations ciblées, figure en bonne place la suppression de certaines lignes longs-courriers non rentables. Et, une fois n’est pas coutume, cela aura pour conséquence une nouvelle vague de suppression d’emplois. A croire que ces décisions s’inscrivent dans l’ADN de la compagnie, ou de son PDG, Alexandre de Juniac.

Alexandre de Juniac a annoncé une nouvelle vague de 800 licenciements chez Air France. Alexandre de Juniac a annoncé une nouvelle vague de 800 licenciements chez Air France.

Air France va, une nouvelle fois, réduire la voilure. D’ici à 2017, la compagnie aérienne sera amenée à économiser plus de 1.1 milliard d’euros. Parmi les opérations ciblées, figure en bonne place la suppression de certaines lignes longs-courriers non rentables. Et, une fois n’est pas coutume, cela aura pour conséquence une nouvelle vague de suppression d’emplois. A croire que ces décisions s’inscrivent dans l’ADN de la compagnie, ou de son PDG, Alexandre de Juniac.

Une annonce qui se répète tous les ans

L’exercice pourrait paraitre simpliste, pourtant il est résolument démonstratif de la politique économique et sociale menée par le PDG d’Air France, Alexandre de Juniac. Taper sur un moteur de recherche les mots « Air France » et « licenciement » et apparaitront automatiquement 2012, 2013, 2014, 2015 pour compléter votre recherche. Preuve, s’il en faut une, que la suppression d’emploi devient trop habituelle chez l’entreprise publique.

Et chaque plan de restructuration porte un nom. L’avant dernier arrive à échéance cette année et s’appelle Transform 2015. Un nom froid pour des conséquences terribles. Initié par Alexandre de Juniac, Président-Directeur Général d’Air France-KLM, ce plan devait comporter la suppression de 5 000 emplois pour permettre à la compagnie de se redresser économiquement. Mais ce n’était visiblement pas assez pour le PDG qui, à l’automne 2013, a annoncé 3 000 licenciements supplémentaires. 8 000 au total. Avec une précédente vague ayant démarré en 2009 avec 4 500 départs « volontaires » jusqu’en 2011.

A la suite de cette véritable saignée, un nouveau plan, avec un nouveau nom tout aussi froid, Perform 2020 a été annoncé pour continuer le rétablissement économique et financier de la compagnie aérienne. Si aucune mesure concernant une éventuelle suppression d’emplois n’a été annoncée par la direction, il ne faut pourtant pas être devin pour deviner que l’ensemble des mesures annoncées pour une économie de 1.1 milliard d’euros s’accompagneront inévitablement de licenciements. Le nombre de 5 000 est avancé même si « tout chiffrage est prématuré », selon les propres mots de la direction. Evidemment.

Une situation difficile mais pas impossible

Il ne faut pas ignorer que la compagnie franco-hollandaise est dans une situation économique difficile. Certains secteurs comme le fret et la compagnie low-cost Transavia sont déficitaires. Les concurrents pratiquent une politique agressive avec des coûts de plus en plus faibles, ce que tout le monde reconnaît et admet, et qui a eu pour conséquence un résultat d’exploitation négatif pour l’année écoulée.

Le marché est difficile et Air France a des difficultés financières, certes, mais les licenciements à répétition sont-ils réellement la solution ? Le peu de conséquences positives qui ont découlé des milliers de suppression de poste de ces dernières années prêtent à réfléchir sur les véritables motivations de la direction.

Alexandre de Juniac a d’or et déjà annoncé qu’il n’existait aucun plan secret de licenciement dans le cadre de Perform 2020. C’est donc une mauvaise nouvelle pour les salariés dans la mesure où le PDG a continué en expliquant qu’il appliquera « les mêmes méthodes qui ont fait leur preuve lors du plan Transform 2015 sans drame social »… Allez donc dire ça aux 8 000 licenciés maintenant.

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