Le Gabon retombe dans ses travers, les arrestations arbitraires

La Bastille a été fermée en France le 14 juillet 1789, a-t-elle rouvert le 14 novembre 2019 au Gabon ? On est en droit de se poser la question après l’estomaquant épisode de l’arrestation du Directeur de notre CNAMGS au terme d'une "enquête à haut débit" qui n'a pas duré une semaine.

La Bastille a été fermée en France le 14 juillet 1789, a-t-elle rouvert le 14 novembre 2019 au Gabon ?

On est en droit de se poser la question après l’estomaquant épisode de l’arrestation du Directeur de notre CNAMGS par les sbires du régime.

Rappelons l’histoire. Monsieur Renaud Allogho Akoue est à la tête de la CNAMGS depuis octobre 2017. Depuis deux ans, aucun problème n’a été à signaler. Il s’attelle à redresser un organisme qu’il a trouvé dans un état catastrophique. Les Hôpitaux n’acceptent plus les adhérents, car la CNAMGS ne paie plus. Monsieur Allogho tente de redresser l’affaire. Pendant deux ans, aucun manquement. Tout va bien. Les services de la Direction Générale de la Recherche ne trouvent rien à redire.

Puis arrive le remaniement gouvernemental. Moniseur Allogho Akoue a appartenu à l’Ajev. Brice Laccruche Alihanga est remercié de ses fonctions de Directeur de Cabinet de la Présidence. Immédiatement, le 7 novembre, Renaud Allogho Akoue  est viré comme un malpropre de la CMAGS. Et une semaine après les enquêteurs lui trouvent désormais tous les défauts du monde. En une semaine, ils auraient réuni tous les éléments pour établir un détournement, alors qu’en deux ans ils n’avaient rien vu ? Qui peut y croire ?  Le Gabon invente « l’enquête à haut débit », bouclée en une semaine chrono. Si tous les dossiers de notre pays avançaient aussi rapidement, nous serions les rois de l’Afrique…

Mais qui peut croire à cette blague ?

Ce sont évidemment des faux sur lesquels ces enquêteurs se sont basés pour arrêter Monsieur Allogho Akoue, qui est visé par cette injustice uniquement parce qu’il est membre de l’Ajev et proche de Brice Laccruche Alihanga, auquel on cherche des noises.

Une fois de plus au Gabon, l’Etat de droit est une parodie.

Autant revenir directement aux lettres de cachets et emprisonner qui on souhaite sans s’embarrasser de motifs.

Cela épargnerait d’organiser des mises en scène et une parodie de justice pour salir ceux dont on veut se débarrasser.

Mais un jour ou l’autre, au Gabon aussi, les Bastilles tomberont… et ceux qui les ont rempli paieront !

Franck Mabounda

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