Journalisme et courage: «la plume dans la plaie», ça vous dit quelque chose ?

Depuis quelques temps, nous avons eu la triste surprise de voir se multiplier les exemples d’un journalisme que nous aurions pu croire disparu depuis des décennies. Le courage, un courage inspiré de celui que tous ceux qui souffrent, devrait pourtant demeurer la qualité première du journaliste, comme en témoigne le travail du Mexicain Sergio Gonzalez Rodriguez face au féminicide de Juarez.

En ce début d’année et auparavant, nous avons eu la triste surprise de voir se multiplier les exemples d’un journalisme que nous aurions pu croire disparu depuis des décennies. A l’occasion d’une complice et malséante ballade dans les escaliers du pouvoir, nous avons retrouvé, en la personne gominée, et aussi bien dotée en dignité qu’une assemblée En Marche osant une ovation à Darmanin, de Laurent Delahousse, un « journalisme » de propagande servile, à genoux devant le pouvoir. A l’occasion d’un passage de M. Blanquer sur France 2, le constat s’est réitéré, et a donné à François Bonnet, dans un billet pinçant, l’occasion d’écrire : « C'est le charme vintage de la monarchie républicaine française. Pouvoir en 2018, sur une télévision publique transformée en chaîne d'Etat, produire d'invraisemblables émissions tout entières dédiées à la gloire d'un ministre. L'éducation est pour cela un terrain de jeu idéal. Les questions sont complexes, parfois très techniques, l'écart entre le discours public et les réalités de terrain est abyssal, les effets de la moindre mesure se font attendre des années. Tout responsable politique peut ainsi s'en tenir à un discours hors-sol, prétendre une chose et faire son contraire, être assuré ou presque de ne pas être rattrapé par la réalité et ses faits têtus ». Pendant ce temps là, Saint-Criq, Barbier et consort poursuivent, quotidiennement, leur œuvre d’apologie du pouvoir, aussi peu démocratique soit-il.

Tout ceci pourrait en mener certain à considérer que, du côté des médias, il n’y a plus rien à faire –et le récent vautrage du tout nouvel Ebdo n’est pas pour nous encourager.

Heureusement, il y a tout ces journaux alternatifs, indépendants, Le Monde diplo, là-bas si j’y suis, Reporterre, Bastamag, CQFD, etc. ; le travail de Gaspard Glanz ; il y a les chroniques télé de Samuel Gontier ; par Jupiter, sur France Inter ; il y a Le Média, qui a fait écrire à Daniel Schneidermann, dans une récente chronique, que ce nouveau format de 20 heures était susceptible « de montrer, par l'exemple, qu'il n'y a pas de fatalité du chien écrasé, et qu'on peut sortir enfin de l'attraction pour le modèle canonique de la télé privée.  Car c'est une chose d'enrager soir après soir de voir la chaîne publique décalquer la hiérarchie de l'info des chaînes privées. Mais il manquait, pour rendre ces critiques crédibles, un contre-modèle, même à l'état d'esquisse. On dirait bien qu'il prend forme. »

Et, heureusement, il y eut et il y a encore a des hommes tels que le mexicain Sergio Gonzalez Rodriguez, mort d’une attaque cardiaque le 3 avril 2017, et dont je voudrais parler aujourd’hui. Car il fut l’un des derniers tenant d’une tradition éthique qui renoue avec celle de la « génération engagée » des années 1960 et 1970, ou encore de figures plus anciennes, telle celle de Rodolfo Walsh –mort assassiné.

Sergio Gonzalez Rodriguez, s’il a écrit un roman, fut surtout connu comme journaliste à partir de la parution de Huesos en el desierto en 2002[1], enquêtes sur les crimes de Ciudad Juarez, à la frontière Mexicano-étasunienne, qui lui valurent des menaces de mort (dont l’une a manqué de peu d’aboutir, comme il le raconte dans le prologue du livre) mais aussi un grand prestige aussi bien en Amérique Latine qu’en Europe où il reçut, par exemple, le Premio Casa Amèrica Catalunya a la Libertad de Expresión en Iberoamérica en 2013.

Il sera sans doute utile, avant d’étudier les procédés mis en place dans cette œuvre forte dotée d’indéniables qualités littéraires, de rappeler brièvement en quoi consiste ce que l’on appelle désormais le « féminicide » de Ciudad Juarez.

Cette ville du Nord du Mexique, dans l’État de Chihuahua, qui compte un peu plus de 800 000 habitants entassé sur les bords du Rio Grande, à deux pas du désert de Sonora, est en effet le théâtre de l’une des gestes criminelles les plus troublantes et les plus dramatiques de ce siècle : entre 1993 et 2003 (et cela continue), un minimum de 380 -près de 500 selon de plus hautes estimations- femmes, souvent jeunes voire mineures, la plupart ouvrières des maquiladoras (et non prostituées, comme certains veulent le faire croire), y ont été assassinées de façon violente, au moins 142 de ces homicides dolosifs ayant été accompagnés de violences sexuelles, selon le Colegio de la Frontera Norte. Les corps sont souvent retrouvés atrocement mutilés dans des terrains vagues, des décharges, des charniers dans le désert.

La corruption de la police et des sphères politiques, gangrénées par des accords occultes avec les Cartels passés dans les années 1980, paralyse par ailleurs toute tentative sérieuse de résolution de ces crimes en série, qui impliquent directement ou indirectement aussi bien des sectes de narcotrafiquants satanistes faisant appel à des réseaux criminels à cheval sur la frontière, des fils de puissantes familles mexicaines, des tueurs isolés guidés par de très forts stéréotypes machistes, la police elle-même, ou encore des hommes haut placés comme Francisco Barrio Terrazas (gouverneur de l’État de Chihuahua entre 1992 et 1998), Francisco Molina Ruiz (sénateur et président de la commission sécurité entre 1997 et 2000) et Amado Carrillo Fuentes (chef du Cartel de Juarez).

Ces crimes font maintenant partie de l’imaginaire populaire mexicain : un recueil de photographies dirigé par Charles Bowden est paru, préfacé par Noam Chomsky et postfacé par Eduardo Galeano ; différents films en ont fait leur sujet, de Alejandra Sanchez (Ni una mas), Lourdes Portillo (Senorita extraviada), ou Rafael Montero (Preguntas sin respuesta) ; et ils ont inspiré des chansons aux fameux groupes Los Jaguares et los Tigres del Norte, aussi bien qu’à la chanteuse américaine Tori Amos (Juarez).

De nombreux journalistes ayant mené enquête sur ces événement ont disparu, ont été menacés, ou assassinés ; un avocat, Diego Dante Almaraz, a été abattu ; de nombreux faux suspects, notamment de jeunes membres de petits gangs locaux, ont été arrêtés sans motifs et sont par la suite morts dans des conditions suspectes, en prison ou dans des commissariats ; Abdel Latif Sharif Sharif, un égyptien que la police considérait sans preuve comme le cerveau du féminicide, est finalement mort sous la torture après avoir passé 10 ans en prison. Il avait servi de modèle au personnage de Klaus Haas dans 2666, œuvre jumelle de Huesos en el desierto : « Je ne me rappelle pas en quelle année j’ai commencé à correspondre avec Sergio Gonzalez Rodriguez, écrit ainsi Roberto Bolaño. Je sais seulement que ma tendresse et mon admiration pour lui n’ont fait que croître avec le temps. Son aide, disons, technique, à la rédaction de mon roman, que je n’ai pas encore terminé et que je ne sais pas si je terminerais un jour, a été substantielle »[2].

Il ajoute par ailleurs, un peu plus loin dans son article : « Son livre, qui est paru chez Anagrama dans la collection « chroniques », où l’on peut trouver les livres de Wallraff, Kapuscinski et Michael Herr, non seulement ne démérite en aucune façon de la compagnie de ces mythes du journalisme, mais de plus, comme des derniers, précisément, il transgresse à la première occasion les règles du journalisme pour entrer dans le non-roman, dans le témoignage, la blessure et même, dans la dernière partie, dans le thrène [lamentation funèbre dans la Grèce antique, NB]. C’est un livre qui participe non pas de la tradition du récit d’aventure mais bien de la tradition apocalyptique, qui sont les deux seules traditions qui demeurent vives sur notre continent, peut-être parce que ce sont les seules à pouvoir nous rapprocher de l‘abîme qui nous entoure »[3].

Les auteurs que cite Bolaño, l’allemand Gunter Walraff (1942-), le polonais Ryszud Kapuscinski (mort en 2007), l’américain Michael Herr (1940-), sont tous des références obligées dans ce domaine : le premier s’est démarqué par ses méthodes d’investigation basées sur l’endossement d’identités fictives (par exemple de travailleur truc, sous le nom d’Ali Simirlioglu, dans Tête de turc), le second a révolutionné la journalisme (et suscité de nombreuses polémiques sur ses méthodes), notamment dans son reportage fondateur en Éthiopie, et le dernier s’est fait remarquer avec son ouvrage Dispatches en 1977, enquête en immersion en plein cœur de la guerre du Vietnam.

Cette tradition, faut-il le rappeler, trouve son point de départ avec De sang-froid (In cold blood), de Truman Capote, paru en 1965 et dans lequel, pour la première fois, le journalisme utilise les outils de l’écriture littéraire, et vice-versa. La non-fiction était née ; suivront les œuvres de Martin Amis  (Koba the dread, Un dur métier…), Leonardo Sciascia bien sûr, peut-être l’un des auteurs les plus importants de la postmodernité, d’ailleurs mis en exergue de Huesos en el desierto, Manuel Vazquez Montalbán dans son autobiographie fictive de Franco ou dans Galindez, mais aussi Deborah Scroggins, William Langewiesche, le désormais fameux Roberto Saviono (Gomorra), ou encore Joe Sacco, auteur de la bande dessinée Gaza 1956 –chef d’œuvre impérissable, dont le lecture est susceptible de changer le cours d’une vie, ni plus ni moins.

Mais une autre « école » va elle aussi prendre son essor en parallèle de cette tradition, dont elle reprend les principes en les mêlant, dans la mouvance de la vague contestataire des années 1960, à une éthique et à une esthétique avant-gardiste clairement assumées : il s’agit du journalisme « Gonzo ». Basée sur l’ultra-subjectivité, cette méthode journalistique, si elle est attachée à la vérité, considère que celle-ci se trouve d’autant mieux révélée si le journaliste ne dissimule pas ses partis-pris, et n’hésite pas à déformer les faits par le prisme de sa conscience et de son style. De toute façon, comme le dira Hunter Thompson au journal The Atlantic « l’objectivité du journalisme est l’une des nombreuses raisons pour lesquelles les politiciens Américains ont été autorisés à être si corrompus depuis fort longtemps. Tu ne peux pas être objectif en parlant de Richard Nixon. »

Le journalisme Gonzo trouvé sa plus haute expression dans l’œuvre de Hunter S. Thompson (1937-2005), qui relate dans Fear & loathing in Las Vegas, fascinante et profonde réflexion sur l’après-68, un périple halluciné en compagnie de son ami Oscar Zeta Acosta (dit Dr. Gonzo) qui, sous couvert de suivre une course de moto, les 400 miles de Las Vegas, consiste en fait surtout en d’interminables prises d’alcool et de drogues diverses (« On avait deux sacs bourrés d’herbe, soixante-quinze plaquettes de mescaline, cinq feuilles complètes d’acide en buvards, une salière à moitié pleine de cocaïne, une galaxie multicolore de remontants, sédatifs, hilarants, larmoyants, criants, en plus une bouteille de tequila, une bouteille de rhum, une caisse de bière, un demi litre d’éther pur, et deux douzaines de Poppers. Non qu’on ait eu besoin de tout ça pour le voyage, mais quand on démarre un plan drogue, la tendance, c’est de repousser toute limite » [4] : on le voit, la pulsion dionysiaque est portée à son comble…). Thompson s’est aussi fait remarquer en intégrant pendant près d’un an, pour un reportage, la bande des Hell’s Angel, qui finiront par le passer à tabac (lui préférera parler d’une simple « querelle éthylique spontanée»).

Or, c’est précisément dans cette tendance journalistique, qualifiée en France de nouveau journalisme, que Gonzalez Rodriguez semblait vouloir s’inscrire, du moins sur le plan éthique et littéraire : car le plus important pour lui, n’était pas tant d’être un témoin impartial que de chercher, dans la mesure de ses forces, à être un acteur des évènements qu’il décrivait, afin de construire un récit qui trouve sa puissance même dans sa subjectivité assumée et dans la capacité de cette dernière à jouer sur toute les cordes de l’indentification et de l’empathie.

Les points de ce programme sont d’ailleurs parfaitement explicités dans l’introduction faite par Gonzalez Rodriguez à Huesos en el desierto, introduction qui prend souvent des allures de véritable manifeste : « La partie descriptive de ce livre est essentielle en tant que méthode d’exposition des faits dans un cadre juridique, comme le démontre le juriste espagnol José Calvo dans son ouvrage Derecho y narracion, quand il qualifie la narration de « forme de raisonnement cruciale », car, « … et José Ortega y Gasset l’a dit avant moi, la narration est une forme de la raison au sens le plus superlatif du mot –une forme de la raison qui se place à côté et en face de la raison physique, mathématique et logique – […] Elle ne consiste ni à induire, ni à déduire, mais simplement à narrer, et constitue la seule façon possible de comprendre les réalités humaines ». José Calvo ajoute même « qu’il faudrait la considérer comme un modèle d’argumentation éthique et morale car, ainsi que cela a été souligné il n’y a pas si longtemps, un argument, un argument implique autant de raisonnement logique qu’une structure narrative. Tel est le sens littéraire que se propose de suivre Des os dans le désert » [5].

D’où un récit qui, pour renforcer sa puissance de dénonciation et refléter d’autant mieux la réalité complexe à laquelle il s’attache, tâche de se construire de façon ambitieuse et polymorphe grâce à des procédés issus de la littérature expérimentale. Au fil de différents chapitres, dont les titres témoignent bien de la volonté de l’auteur de créer une œuvre trans-générique qui emprunte aussi bien au roman-feuilleton qu’à la série Z, au conte, au thriller ou à la série télévisée populaire (« La malédiction de la sorcière : histoire de Abdel Latif Sharif Sharif », « Bain de sang à la frontière », « Un superdétective dans la quatrième dimension », « Une jeune fille au pays de nulle part »), Gonzalez Rodriguez multiplie donc les références pop tout en jonglant avec une alternance savante entre fiction et témoignage. Tel passage, consacré à Elizabeth Castro Garcia, est à ce titre exemplaire : « Comme tous les matins, cette jeune fille de 17 ans quittait son domicile familial, au 1829 de la rue Bronce, pour aller travailler à la maquiladora Procon. Après son service, à 15h30, elle se rendit à l’institut de formation ITEC, à l’angle des rues Lerdo et Mejia, où ses cours d’informatiques commençaient à 17 heures. Elle partit de l’école à 19 heures avec une amie, Maria Angélica Contreras, qui parcourut quelques rues en sa compagnie. On perdit sa trace à un carrefour du centre ville … Dans les trois jours qui suivirent sa disparition, les membres de la famille d’Elizabeth reçurent d’étranges appels. Quand ils décrochaient, ils entendaient une ranchera de Vincente Fernandez ou de Selena, la chanteuse de musique tex-mex, auteur du tube Bidi, bidi, bom, bom, qui venait d’être assassinée » [6]. La mention de ce « tube » à la mode est caractéristique d’un procédé post-moderne typique, l’hybridation et le recyclage de la culture pop, procédé que l’on retrouve dans le chapitre Une géographie difficile, avec l’utilisation de la chanson Contrabando de Juarez :

« Bonito Juarez querido

Yo desde aquí te diviso

Lastima qui aquí en El Paso

Tenga ciertos compromisos.

Son las once de la noche

Oigo música en los bares,

Mi querida allá me espera,

En una calle de Juárez.

Güerita de ojos azules,

No le puedo dar la mano,

Porque me tiene enjuiciado

El gobierno americano.

Qué bonito es el Rio Brava,

Ya nadie podrá negarlo,

Porque el contrabando pesa,

Cuando se pasa nadando ».[7]

Comme Fresán ou Bolaño, deux de ses contemporains, avec qui il partageait un regard « apocalyptique » sur le monde postmoderne, Gonzalez Rodriguez rassemble donc les débris de ce derniers afin de le rendre au moins intelligible, à défaut de pouvoir lui donner un sens défini voué à sans cesse s’échapper –aucune des pistes proposée dans l’enquête n’est d’ailleurs « la bonne » ; elles sont à la fois toutes valables et toutes hypothétiques. Le chapitre traitant de la touriste hollandaise Hester Van Nierop, poignant dans sa reconstitution des dernières heures de la jeune femme, est construit de la même façon, avec une admirable économie de moyens ; et la dernière partie, moins éprouvante que la terrible Partie des crimes de 2666, est cependant d’une terrible efficacité, dans son inventaire interminable et détaillé des victimes du féminicide.

Ainsi, comme le souligne Vincent Raynaud dans Le pouvoir de la littérature, préface à l’édition française du livre, « Des os dans le désert est une formidable démonstration du pouvoir que peut (encore) avoir l’écriture littéraire »[8].

Une citation de Temps et récit, de Paul Ricœur, faite par Gonzalez Rodriguez dans la postface, illustre bien ce pouvoir accordé au récit dans une époque qui se caractérise justement par la dissolution de ce même récit : « Mais il y a peut-être des crimes qu’il ne faut pas oublier, des victimes dont la souffrance crie moins vengeance que récit. Seule la volonté de ne pas oublier peu faire que ces crimes ne reviennent jamais » [9] ; une conviction qui est donc indissociable d’une éthique radicale et intransigeante : « Au fil des ans, on m’a souvent demandé si j’avais peur de poursuivre cette enquête … à cette question, j’apporte toujours la même réponse car je n’en ai pas d’autre : le courage dont les victimes ont fait preuve lorsqu’elle ont affronté jusqu’au dernier moment l’indignité de leur mort doit à jamais nous délivrer de la peur » [10]. Que Delahousse et ses pairs en prennent donc de la graine : le courage de ceux qui souffrent devra toujours demeurer l’inspiration première de tout ceux qui souhaitaient participer utilement au débat public.

Tout comme d’autres œuvres comme Mantra, Los detectives salvajes ou encore Estrella distante, Huesos en el desierto plonge ainsi les yeux grands ouverts dans l’horreur, ce « grand thème la littérature latino-américaine post-boum des années 1960 » selon Raynaud ; Sergio Gonzalez, de même que ses pairs, montrait, et nous montre encore, obstinément, qu’il n’est pas encore question de renoncer à l’utopie, cette dernière ne dut-elle persister que comme un idéal éthique de courage et de refus de l’inévitable, ou supposé tel.

« La littérature doit persister, écrit-il ainsi à la fin de son introduction, dans sa calligraphie des rêves et des désirs, qui lutte pour contrecarrer la fatalité ou simplement la relater »[11]. Dont acte. Nombreux sont ceux qui y croient encore aujourd’hui, en Amérique du Sud et ailleurs. Puissent-ils prospérer, et la mort les laisser en paix le plus longtemps possible…

Salut & fraternité,

M.D.

[1] Sergio Gonzalez Rodriguez, Huesos en el desierto, coll. Cronicas, Anagrama, Barcelona, trois éditions : 2002, 2003 et 2005 (nous citerons celle de 2005). Edition française : Des Os dans le désert, traduction d’Isabelle Gugnon, Passage du Nord-Oest, 2007

[2] Roberto Bolaño, Entre Paréntesis. Je traduis

[3] Ibid. Je traduis.   

[4] Texte d’ouverture de la version française de Fear & Loathing in Las Vegas (Las Vegas Parano, Terry Gilliam, 1998), scénario de Terry Gilliam, Tony Corsini, Alex Cox et Tod Davies sous la supervision de Hunter S. Thompson et à partir du roman éponyme de ce dernier

[5] Sergio Gonzalez Rodriguez, Huesos en el desierto, Prologo, trad. I. Gugnon, p. 25 : La traductrice allège légèrement le texte original, il est vrai parfois confus.

[6] Ibid. 42-43. Ici, I. Gugnon prend de grandes libertés avec le texte original (retranchant et réorganisant l’ordre des phrases); c’est pourquoi j'utilise ici ma propre traduction. 

[7] Trad. I. Gugnon, op. cit., p. 60 : « Mon beau Juarez chéri, / je te vois de là où je suis, / dommage que d’où je suis, à El paso, / j’aie certaines obligations. / Il est onze heure du soir, /  j’entends la musique dans les bars, / Ma chérie m’attend quelque part, / dans une rue de Juarez. / Petite blonde aux yeux bleus, / je ne peux lui tendre la main, / parce que je vais être jugé / par le gouvernement américain. / Que le rio Bravo est beau, personne ne dira le contraire, / car la contrebande est lourde, / quand on la passe à la nage »

[8] Vincent Raynaud, Le pouvoir de la littérature, préface l’édition française des Os dans le désert, op ; cit., p. 7-17

[9] Huesos en el desierto, p. I de la Postfacio a la tercera edition. P. 339 pour l’édition française

[10] Ibid., p. XXIX. Trad. I Gugnon, p. 367 

[11] Ibid., p. VI, Prologo.

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