magali bearnais
Abonné·e de Mediapart

2 Billets

0 Édition

Billet de blog 27 mai 2022

Aux petits viticulteurs bordelais de l'Entre deux mers

Témoignages sur les difficultés des petits viticulteurs bordelais de l'Entre deux mers.

magali bearnais
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Chers vous,

Je vous contacte car je ne sais plus vers qui me tourner lorsque je suis face au désarroi de mes parents .

Mes parents sont des "petits" viticulteurs dans le Bordelais.

Précisément, ils se trouvent dans "l'entre deux mers" , ce petit territoire situé à moins de 30 minutes de St Emilion.

Seulement ils ne sont  pas assez riche pour prétendre à l'appellation st Émilion , ni ont assez de prestige pour porter le nom d'une assurance et détenir un château dans le Médoc

Ils n'ont pas de chai car j'étais la seule fille unique à ne pas reprendre l'exploitation et ils n'appartiennent à aucune grosse appellation.

Ils sont donc en cave coopérative. Ce joli nom qui portait a croire que la solidarité entre tous les viticulteurs de la cave serait grande, belle  et permettrait surtout de faire fructifier leur produit..

Cette réalité est tout autre .. Une cave composée d'un bon nombre de techniciens payés 3 fois la répartition versée à mes parents ..

Je crois que j'en veux a ce monde.

J'en veux à ses techniciens de produits phytosanitaires qui passent sans cesse dans les vignes pour convaincre mes parents d'utiliser ces produits pour plus de rendement.

J'en veux à Elise lusset de présenter les viticulteurs du Bordelais de "pollueurs" sans dissociation alors que les miens font tout ce qu'ils peuvent pour faire du raisonner .

Toutefois, ils n'ont ni les compétences techniques pour s'opposer à un technicien qui leur vend des produits qui sont le plus souvent imposés par leur cave coopérative...

J'en veux aux Bobos des villes dont je fais partie, de critiquer "les pollueurs des campagnes parce qu'ils balancent des merdes" alors que le sujet le plus exposé est mon père et qu'il veut juste bouffer avec ma mère tous les jours..

J'en veux aux Syndicats viticoles bordelais, pour leur hypocrisie.

Composés principalement de viticulteurs de grosse appellation complètement déconnectés des réalités de mes parents, et qui arrivent en grand sauveur en indiquant que pour sauver le Bordelais il faut arracher la vigne et donc leur histoire personnelle.

Ceci, alors qu'il y a 3 ans l'UE donnait des subventions pour planter de nouvelles plantations.

Enfin je m'en veux a moi même qui a fait des études supérieures. Je suis aujourd'hui avocate en droit des étrangers et je passe plus de temps a aider les ressortissants étrangers que mes propres parents et j'ai même tendance à juger le fait qu'ils ne passent pas en bio.

Ils n'ont juste pas et plus les moyens de ça..

Plus l'énergie car ils sont fatigués de travailler dans une exploitation de 20 hectares sans pouvoir trouver de main d’œuvre..

Plus les moyens financiers car aujourd'hui ils ont plus de charges que de ressources . Et ils ont surtout honte de dire qu'ils sont viticulteurs dans le Bordelais car comme m'a explique ma maman " désormais aux yeux des gens nous sommes des pollueurs"

Voici la réalité de mes parents, des êtres discrets qui souffrent en silence sans se plaindre de leur condition.

D'ailleurs, ils ne sont naturellement pas au courant de la rédaction de ce billet car son contenu n'est que mon opinion personnelle.

Voici la réalité des petits viticulteurs de l'entre deux mers.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — International
Guerre d’Algérie : la parole aux héritiers
Elles et ils sont petits-fils et petites-filles d’indépendantiste, d’appelé, de harki, de pieds-noirs, de juifs d’Algérie, de militant à l’OAS. 
par Rachida El Azzouzi et Khedidja Zerouali
Journal — Économie
Chaos dans les aéroports : le symptôme d’une crise profonde
Alors que les salariés d’Aéroports de Paris entrent en grève, les délais et les annulations dans les aéroports devraient accompagner les voyageurs cet été. Une situation qui est le fruit des impasses d’un modèle dans lequel ce secteur s’est enfermé. 
par Romaric Godin
Journal
Paris rapatrie 16 mères ex-membres de l’État islamique et 35 mineurs détenus en Syrie
La France récupère 51 de ses ressortissants qui étaient détenus dans un camp du nord-est de la Syrie depuis la chute de Daech. Uniquement des femmes, anciennes membres du groupe terroriste et leurs enfants, dont sept orphelins.
par Céline Martelet, Hussam Hammoud et Noé Pignède
Journal — Violences sexuelles
Le youtubeur Léo Grasset est visé par une plainte pour harcèlement sexuel
La vidéaste Clothilde Chamussy, de la chaîne « Passé sauvage », accuse l’animateur de « DirtyBiology » de harcèlement sexuel. Il est mis en cause par sept autres femmes pour violences psychologiques, sexistes et sexuelles. Il « conteste totalement les accusations » relayées à son encontre.
par Sophie Boutboul et Lénaïg Bredoux

La sélection du Club

Billet de blog
par Fred Sochard
Billet de blog
RN-LREM : Après le flirt, bientôt un enfant ?
Rassemblement national et Marcheurs ! flirtent juste, pour l’instant. Mais bientôt, ils feront un enfant. Bientôt, le système y verra son issue de secours. Bientôt, se dessinera la fusion du projet « national-autoritaire » et « euro-libéral ». Comment y répondrons-nous ?
par Ruffin François
Billet de blog
Voilà comment Jupiter a foudroyé Jupiter !
Emmanuel Macron a sans doute retenu la leçon de Phèdre selon laquelle « Jupiter nous a chargé de deux besaces : l’une, remplie de nos fautes, qu’il a placée sur le dos ; l’autre contenant celles d’autrui, qu’il a pendue devant » : les siennes, il les a semées et les sème encore …
par paul report
Billet de blog
Macron triomphe au Palais Garnier
Depuis sa réélection à la présidence de la République, Emmanuel Macron est plongé dans une profonde mélancolie. La perte de majorité absolue à l’Assemblée nationale n’a rien arrangé. Au point qu’il est question d’un « homme en fuite ». Et s’il s’était réfugié, juste à côté, au Palais Garnier ?
par Paul Alliès