QUAND LE PCT SE MET À DOS SA JEUNESSE: LA FMC EN AVANT DU COMBAT

La FMC en avant du combat contre le malaise générationnel congolais. Ras-le-bol à la Force Montante Congolaise décidée à se réinventerpour ne pas disparaitre. Le PCT est-il décidé à se suicider en tuant sa Jeunesse au regard du mépris et de la sous-estimation qu’il lui oppose?

En créant la Force Montante Congolaise au VIème Congrès, et en la confiant à la direction d’une jeunesse vingtenaire, le PCT posait un acte fort de rupture, d’espoir et d’avenir pour une organisation de jeunesse (l’UJSC) qui habituellement était dirigée par des quinquagénaires. On espérait alors qu’une nette volonté de transmission et de renouvellement générationnels se dessinait au sein du plus vieux parti comprenant le plus de vieux cadres du pays.

De toute évidence, les récentes réactions de plusieurs Jeunes au sein de la Force Montante Congolaise ne corroborent plus cette espérance. En effet, de plus en plus de jeunes disent, face au désinvolte égoïsme des anciens, leur mécontentement, avec des manières qui traduisent la déception, le désarroi et la révolte. Cette jeunesse s’est toujours investie, jetée parfois en pâture, dans des combats des plus ardus malgré la tendreté de l’âge et des moyens parfois insuffisants et insignifiants, mais toujours avec une détermination ineffable et une abnégation surhumaine pour permettre à son parti de répondre aux rendez-vous de ses batailles même les plus improbables : le référendum constitutionnel, les élections présidentielles, législatives et locales ont révélé l’implication des jeunes dans cette action commune. Malheureusement, comme d’éternel retour, le remerciement de la jeunesse se fait toujours en monnaie de singe, comme un escalier dont ne sait plus qu’en faire après s’en être servi. Sinon, comment expliquer que pour un parti de gouvernement, seuls:

-02 jeunes sont suppléants avec une majorité de plus de 90 députés, soit 2,22% ;

-04 jeunes sur 90 députés titulaires, soit 4,44% ;

-29 jeunes sur plus de 450 élus locaux, soit 6,40% ;

-Au moins une jeune ministre pour un gouvernement de 36 ministres majoritairement militants du PCT, soit moins de 2% ?

-Etc. (excusez du peu).

Tout cela veut-il dire que ces jeunes n’ont ni l’expérience, ni les compétences pour prétendre accéder aux responsabilités ? Quel est alors le niveau d’études ou d’expérience exigible, au sein du PCT, que ces jeunes n’ont pas pour être relégués au rang de chien de chasse, surtout quand on connait le cursus de la quasi-totalité des militants du PCT qui accaparent les responsabilités et cumulent les fonctions? D’ailleurs (question pour un champion), comment évalue-t-on une compétence, ou acquiert-on une expérience, si on n’a jamais exercé ?

Les meilleurs moyens que le PCT utilise, et qui fonctionnent bien, pour mépriser et infantiliser sa jeunesse consiste dans la culpabilisation de ses jeunes par une sorte de délictualisation du débat et des courants d’idées. Des Jeunes comme Fabus MBEH et Exaucé NGAMBILI IBAM l’ont appris à leurs dépens et à corps défendant.

L’initiative de remise en question portée par Fabius MBHE après la publication par Hugues NGOUELONDELE de son opuscule « Le parti congolais. Faire la politique autrement », était une belle occasion que le PCT se donnait pour repenser ses fondements et redéfinir ses défis. Pourtant l’étonnant acharnement, jusqu’aux menaces d’exclusion ou de mort, dont ce jeune précurseur a été l’objet a révélé combien le PCT est rétif à la modernité et n’est pas prêt à faire une place à la jeunesse.

Encore récemment, le projet « Le Congo que nous voulons » de l'honorable Denis Christel SASSOU NGUESSO, porté par l'honorable Exaucé NGAMBILI IBAM, est la dernière victime de l’égoïsme sénile de ces Caciques qui ne voient dans chaque initiative juvénile qu’un éventuel parricide. Quid de la démission de Jean Cliff Davy OKO. Dans un parti de gouvernement où même la troisième personnalité de sa Jeunesse subit les affres du chômage, il y de quoi se figurer l’importance de la non-valorisation. 

Aujourd’hui, une prise de conscience se cristallise à travers les questionnements de nombreux jeunes qui, soit dit clairement, ne sont tous pas de la majorité présidentielle ni du PCT. Le 17 décembre 2018, via sa page Facebook, Marc Alain MANTOT posait la problématique de la valorisation du Jeune politique congolais à l’instar de la FMC. Cette problématique, combien même posée par un jeune affirmé opposant, n’a empêché de trouver écho au sein de milieux juvéniles affiliés au pouvoir. Dans la foulée, Hilley KAMARA, député suppléant et porte parole de la FMC Moungali, relaie la réflexion et dans les jours qui suivent publie un message d’introspection. Au vu des réactions et virulents commentaires soutenant cette publication, il est urgent de se demander sur ce qui se passe réellement entre le PCT et sa jeunesse. Pourquoi réveiller ce vieux problème ? Est-ce parce que jusque-là on a cassé le thermomètre pour soigner la fièvre ? Malheureusement, on se doute qu’au sein du PCT la réponse à toutes ces inquiétudes risquent de tourner dramatiquement à l’exclusion des protagonistes ou, du moins, à des mises au placard, comme d’habitude. 

De fois, il y a à se demander si au PCT on a conscience que la jeunesse représente la majorité de ses militants. Mais, fait paradoxal et curieux, les postes de pouvoir et les fonctions sont en majorité exercés par de vieux. Au lieu de lui opposer ce cinglant mépris, il vaut mieux penser déjà à la transmission pacifique et progressive afin d’éviter le hiatus et le conflit générationnels. Et, mutatis mutandis, ce qui peut se passer pour le PCT risque de se reproduire pour le Congo parce qu’il est inconcevable qu’une minorité des vieux dirige la majorité des jeunes sans véritable collaboration. Le calvaire des jeunes acteurs politiques du PCT est symptomatique du malaise juvénile congolais. Même à l’opposition on se souvient encore de la prise de position contre le changement de la constitution qui value une exclusion à Armel NKOUNKOU alors Président de la jeunesse de la DRD. Une exclusion sommaire due au fait que le conflit générationnel oppose même les engagements politiques. On peut encore citer l’exemple de Sidoine MADOULOU, président de la jeunesse de l’UPADS, brillant technocrate réduit à des taches de secrétaire de bureau auprès du Président de l’Opposition. Plus encore, on se rend compte que le Président de la Jeunesse UDH-YUKY, soixante ans révolus, est même plus âgé que le président du Parti. Dans la même optique, bien que dynamique, Marc Alain MANTOT, Vice-Président du parti MIKALE, ne parvient pas à accéder au poste de Président à cause du conservatisme sénile du Bureau politique. Ce malaise générationnel est donc trans-partisan. 

Par conséquent, la Force Montante Congolaise (FMC) ne survivra à ce problème, qui risque d’être critique et endémique, qu’en se réinventant dans le courage, le courage d’accepter le débat et de le porter, au-delà de ses instances, dans le parti et, par-delà le parti, dans l’espace public. C’est à cette seule condition qu’elle pourra jouer son rôle de fer de lance de l’avenir du parti et du futur du Congo. Le manœuvres de manipulation et dinstrumentalisation decriées dans cette formation nécessite aussi un vrai questionnement: comment justifier que le SG de la Force Montante Congolaise, réorganise les instances du mouvement dans le département du Niari sans associer ou informer son bureau ? Une vraie suspicion de main noire est patente dans les esprits de ceux qui pensent que la réponse à leur revendication est simplifiée dans le classique connu de diviser (ces jeunes) pour mieux régner. Si la Force Montante Congolaise (FMC) se fige et ne se réinvente pas, le PCT aura un jour vécu. L'année 2019 nous en dira long... 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.