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Lien 16 janv. 2022

Le téléphérique de la discorde

Alors que Madagascar n'a jamais été aussi pauvre, Rajoelina s'est vu offrir un téléphérique par Macron via un marché sans appel d'offre, attribué à Colas qui vient d'être condamné par la Banque Mondiale. Eh, les parlementaires français, acceptez-vous que l'argent des contribuables français et malgaches soient mêlé dans des magouilles ? Réveillez-vous !

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Collectif des défenseurs de l’intégrité de la ville d’Antananarivo, Madagascar

coll.analamanga@gmail.com

SENAT

Palais du Luxembourg

15 rue de Vaugirard

75291 Paris cedex 01

Groupe France-Madagascar et pays de l’océan

Indien

Mme Nassimah Dindar, présidente,

Mmes Éliane Assassi et Valérie Létard et M.

Michel Laugier, présidentes déléguées et président

délégué,

Mme Viviane Artigalas et Viviane Malet et MM.

Chaize Patrick, Christophe-André Frassa et Martin

Pascal et Jean-Claude Tissot, vice-présidentes et

vice-présidents,

M. Ronan Dantec, vice-président délégué,

Mme Vivette Lopez et MM. Thani Mohammed

Soilihi et Hugues Saury, secrétaires,

Mmes Nicole Duranton, Sylvie Goy-Chavent,

Annie Le Houerou et Dominique Vérien et MM.

Jérémy Bacchi, François Bonhomme, Olivier

Cadic, Michel Canévet, Rémi Cardon, Guillaume

Chevrollier, Stéphane Demilly, Gilbert Favreau,

Jacques Fernique, Philippe Folliot, Guillaume

Gontard, Abdallah Hassani, Patrice Joly, Bernard

Jomier, Alain Joyandet, Jean-Louis Lagourgue,

Jacques Le Nay, Hervé Maurey, Philippe Mouiller,

Teva Rohfritsch et Dany Wattelbled, membres du groupe

ASSEMBLEE NATIONALE

Palais Bourbon

126 rue de l'Université

75355 Paris 07 SP

Groupe d’amitié France-Madagascar

Mme Alexandra Louis, présidente,

Mmes Michèle Crouzet et Marie Tamarelle-

Verhaeghe, MM. Jean-Marie Fiévet, Mansour

Kamardine, Jean-Hugues Ratenon et Sylvain

Waserman, vice-présidentes et vice-présidents,

Mme Aina Kuric et M. Julien Borowczyk,

secrétaires,

Mmes Nathalie Bassire, Carole Bureau-Bonnard,

Albane Gaillot, Perrine Goulet, Amélia Lakrafi,

Célia de Lavergne, Marion Lenne, Grazielle

Melchior, Monica Michel-Brassart, Sandrine Mörch

et Nadia Ramassamy et MM. Jean-Philippe

Ardouin, Xavier Batut, Bruno Bilde, Jean-René

Cazeneuve, Dino Cinieri, Michel Delpon, Bruno

Fuchs, Raphaël Gauvain, Raphaël Gérard, Fabien

Gouffetarde, Michel Herbillon, Antoine Herth,

Hubert Julien-Laferrière, Rodrigue Kokouendo,

Jean Lassalle, Marc Le Fur, David Lorion, Maxime

Minot, Pierre Morel-À-L’huissier, Frédéric Reiss,

Jean-Marie Sermier, Joachim Son-Forget, Robert

Therry et Stéphane Trompille, membres du groupe

Paris, 12 janvier 2022

Mesdames les présidentes,

Mesdames et Messieurs les présidentes déléguées et président délégué,

Mesdames et Messieurs les vice-présidentes et vice-présidents,

Monsieur le vice-président délégué,

Mesdames et Messieurs les secrétaires,

Mesdames et Messieurs les parlementaires,

Les associations et personnes physiques ci-dessous signataires ont l’honneur de vous alerter sur un projet devant être financé par le gouvernement français et devant être réalisé à Antananarivo, Madagascar.

Il s’agit d’un projet de transport par câble aérien, devant être installé dans la capitale de l’île, qui a déjà été abordé dans les débats parlementaires (Question écrite n°25885 de M. Pierre Laurent, JO Sénat du 16 décembre 2021, p.6861). S’il est réalisé, ce projet aurait pour effet de créer plus d’inégalité sociale, de défigurer irrémédiablement la ville d’Antananarivo, de lui fermer la possibilité de postuler pour être inscrite dans la liste des patrimoines communs de l’Humanité, d’endommager des sites cultuels, patrimoniaux et sociaux de l’île et d’affaiblir grandement l’affection que les habitants de ce pays portent pour la France et pour les Français.

Ce projet fait l’objet d’un accord signé par les gouvernements français et malgaches, stipulant le financement d’un téléphérique, d’un coût de 152 millions d’euros, par deux prêts, un premier fourni par le Trésor public français et un second garanti par la Banque publique d’investissement (BPI) France export. 

La ligne principale de ce projet relierait un quartier cossu (Ambatobe) de la capitale avec le centre-ville.  Le coût des billets aller-retour sur cette ligne, équivalant à trois-quarts du salaire journalier minimum, interdirait de fait son utilisation par la grande majorité des usagers potentiels.  Il n’améliorerait donc pas —ou si peu— la circulation dans cette ville engorgée.

Et pourtant, les infrastructures de ce projet surplomberaient plusieurs sites sensibles de la ville : quartiers d’habitation, écoles, églises, musées et lieux historiques.  S’il est mis en œuvre, il consommerait une grande partie des capacités électriques, déjà insuffisantes, du pays.  Et le remboursement de son financement serait une charge lourde pour les générations futures et, plus grave et de manière plus immédiate, pour les habitants des autres régions de l’île, qui n’en bénéficieraient pourtant pas.

On ajoutera que ce projet serait réalisé par deux entreprises françaises, Poma et Colas, dont la seconde vient d’être sanctionnée par la Banque mondiale pour des pratiques collusoires et frauduleuses, mises en œuvre à Madagascar, afin d’obtenir la concession d’exploitation de deux aéroports malgaches (Communiqué de presse n°2022/37/INT de la Banque mondiale du 4 janvier 2022).

Outre ses aspects destructeurs et discriminatoires, indignes de la France, la réalisation de ce projet aurait donc pour effet supplémentaire d’affaiblir la popularité de ce pays et des Français parmi les habitants de la Grande Île.

Pour ces raisons, les signataires de cet appel vous prient de bien vouloir attirer l’attention des hautes autorités françaises sur le caractère barbare de ce projet et de les inciter à faire tout ce qui est possible pour qu’il ne voie pas le jour.

Daignez croire, Mesdames les présidentes, Mesdames et Messieurs les présidentes déléguées et président délégué, Mesdames et Messieurs les vice-présidentes et vice-présidents, Monsieur le vice-président délégué, Mesdames et Messieurs les secrétaires, Mesdames et Messieurs les parlementaires, à l’assurance de la très haute considération des signataires,

PJ  - Question écrite n°25885 de M. Pierre Laurent, JO Sénat du 16 décembre 2021, p.6861

- Communiqué de presse n°2022/37/INT de la Banque mondiale du 4 janvier 2022

Premiers signataires

Jean-Pierre Razafy-Andriamihaingo

Michèle Rakotoson

Volatiana Rahaga

Hery F Ranjeva

Mamy Ranaivoarivony

Andriamanivohasina Rakotomalala

Association "Hetsika Monpellier"

Ranivomanalintsoa Zafinimpanana

Salomon Charlot Andriamady

Anne Tardivel

Monique Rakotoanosy

Helian Ralison

Shalom Rakotonirina

Simone Simonet

Bako Ranaivoarivony

Florence Ramiandrasoa

Serge Raonimaharo

Alain Rakotondrazaka

Leong Rajaona

Solofo Ratsaralafy

Germain RANDRIANASOLONJANAHARY

Nivo Ramanase

RAVAOHARISOA Felicité

RASOLOFOSON Dominique

Yvette Rabetafika-Ranjeva

Éric Randrasana

Association Vaovy LaFondation

Association HARENA

Guy Raelison

Hortense Ranjohanison

Andy Ranaivoarivony

Hadasa Esther Andriamampita

Association HARENA MADAGASIKARA

Anatole Ramaroson

Michèle Prats

Vololonirina Ranaivoarivony

Gerard Ramamonjy

Francine Ranaivo

Patrick Ranaivo

Patrick Ramaroson

Parfait Ramiandrasoa

Parfait Andrianarivony

Richard Randriambololona

Hugo Ralema

Leong Rajaona

Lemesle Fanolombola Kelly

RAKOTOARIMANANA Hasina

LABORDE Juliette née RAZOELIARISOA

RAKOTONIRINA Josephine

RAKOTOASIMBOLA Gervais

Lalao Razafindrakoto

Haria Rafalimanana

Jerry Rafalimanana

Angelito Rasolonjanahary

Pascal Gendreau

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Base Questions > 2021

Projet de téléphérique à Tananarive

15e législature

Question écrite n° 25885 de M. Pierre Laurent (Paris - CRCE)

publiée dans le JO Sénat du 16/12/2021 - page 6861 

  1. Pierre Laurent attire l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de la relance sur un projet de transport par câble dans la ville de Tananarive à Madagascar.

Il est à noter que si ce pays n'est pas considéré comme surendetté par le fonds monétaire international (FMI), son extrême pauvreté (près de 80 % de la population est sous le seuil de pauvreté) et la situation dramatique des populations du sud touchées par la famine imposent une vraie sélectivité en matière d'investissements publics.

Or la France et Madagascar ont signé un protocole prévoyant  le financement  à Tananarive  d'un téléphérique  d'un coût de 152 millions d'euros par un prêt du trésor Français et un prêt bancaire garanti par la banque publique d'investissement (BPI) France export. Ce téléphérique serait réalisé par les sociétés françaises Colas et Poma. Sa ligne principale relierait le quartier cossu d'Ambatobe au centre-ville. Selon les informations disponibles, le coût des billets aller-retour sur cette ligne serait de 4500 ariarys, soit un euro, ce qui sur un mois représenterait pour un usager l'empruntant à l'aller et au retour près des 3/4 du salaire minimum malgache. Par comparaison,  le coût du billet du nouveau métro de Hanoi est de 0,30 euros, alors que le Vietnam est bien plus riche que Madagascar. Par ailleurs, le téléphérique consommera une importante quantité d'électricité sur un réseau électrique dont la capacité demeurera très insuffisante, malgré l'installation prévue d'une centrale hydroélectrique Mandraka 111 de six mégawatts, d'un coût d'environ 48 millions d'euros, également sur financement français.

li lui demande comment a été validé le coût du projet en l'absence de mise en concurrence et quelles seraient les modalités de gestion de ce téléphérique.

Plus fondamentalement et au vu de tous les éléments ci-dessus, ce projet apparaît scandaleux à de très nombreux Malgaches et même à une très grande partie de la communauté française. li lui demande par conséquent ce qu'il compte faire en vue d'un abandon de ce projet, et, en concertation avec tous les acteurs concernés, de consacrer les moyens prévus à un projet plus adapté aux besoins urgents de la population malgache.

En attente de réponse du Ministère de l'économie, des finances et de la relance.

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WhoWeAre

PRESS RELEASE I JANUARY 4, 2022

WASHINGTON, January 4, 2022 - The World Bank Group today announced the two-year debarment of Madagascar-based Colas Madagascar S.A., a construction company, in connection with collusive and fraudulent practices as part of the Airports Madagascar Project.

The sanction stems from an investigation that was conducted by the World Bank Group's lntegrity Vice Presidency and highlights the institution's efforts to promote high integrity standards in International Finance Corporation (IFC)-financed projects. The matter was resolved through settlement agreements that were negotiated with the multiple companies involved. The settlements demonstrate how such agreements, and Bank Group sanctions in general, can be used to help promote better business practices by companies engaged in private sector development projects.

The debarment makes Colas Madagascar S.A. and its subsidiary, CMBI SNC, ineligible to participate in projects and operations financed by institutions of the World Bank Group. lt is part of a settlement agreement under which the company acknowledges responsibility for the underlying sanctionable practices and agrees to meet specified corporate compliance conditions as a condition for release from debarment.

The project, which is supported by IFC, provides partial financing for the design and development of the expansion and renovation works of the two main airports in Madagascar: the lvato International Airport and the Fascene Airport. According to the facts of the case, Colas Madagascar S.A. engaged in collusive practices by arranging for improper meetings with government officiais between February 4, 2015 and May 4, 2015, during the tender for the 28-year contract for the concession to run the airports. Colas Madagascar S.A. also committed a fraudulent practice by failing to disclose such meetings to the IFC.

The settlement agreement provides for a reduced period of debarment in light of the company's cooperation and voluntary remedial actions. As a condition for release from sanction under the terms of the settlement agreement, Colas Madagascar S.A.'s non-sanctioned parent company, Colas S.A., has committed to adapt its group-wide corporate integrity compliance program to reflect the principles set out in the World Bank Group lntegrity Compliance Guidelines. Colas Madagascar S.A. and Colas S.A. have agreed to implement and maintain the program as part of their business operations going forward, including at CMBI SNC. Colas Madagascar S.A has also committed to continue to fully cooperate with the World Bank Group lntegrity Vice Presidency.

The debarment of Colas Madagascar S.A. qualifies for cross-debarment by other multilateral development banks (MDBs) under the Agreement for Mutual Enforcement of Debarment Decisions that was signed on April 9, 201O.

PRESS RELEASE NO: 2022/37/INT

Contacts

Washington, D.C,

Daniel Nikolits

+1-202-473-2475

dnikolits@worldbankgroup.org

www.worldbank.org/integrity

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