Man Poher
Intérimaire
Abonné·e de Mediapart

91 Billets

0 Édition

Billet de blog 27 févr. 2009

Man Poher
Intérimaire
Abonné·e de Mediapart

Les Antillais, ces pwofiteurs (la presse de droite)

J'ai comme l'impression que peu de personnes ici lisent les éditoriaux de l'incomensuraaable Alexis Brezet dans Le Figaro Magazine. Peut-être un peu plus pour ceux de l'admiraaaable Christophe Barbier. C'est un tort. Car voici ce qu'ils écrivent sur les «événements» aux Antilles:

Man Poher
Intérimaire
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

J'ai comme l'impression que peu de personnes ici lisent les éditoriaux de l'incomensuraaable Alexis Brezet dans Le Figaro Magazine. Peut-être un peu plus pour ceux de l'admiraaaable Christophe Barbier. C'est un tort. Car voici ce qu'ils écrivent sur les «événements» aux Antilles:

Brezet, d'abord, qui n'a pas de mots assez durs contre "cette loi de la terreur imposée à la population par des bandes organisées." "Ceux-là, qui ont armé le bras des jeunes des quartiers sensibles, assène la "grande plume", sont les vrais responsables de la mort de Jacques Bino : le fait que la victime soit elle-même membre du LKP souligne la logique proprement suicidaire d'un mouvement dont la violence se retourne contre ceux dont il est censé défendre les intérêts." Il fallait y penser: ils meurent, mais ils l'ont bien cherché.

"Ils", ce sont ces "millions d'hommes" dont parlait Césaire, "à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d'infériorité, le tremblement, l'agenouillement, le désespoir, le larbinisme."

Brezet poursuit: "C'est vrai, il y a en Guadeloupe, et dans tout l'Outre-Mer, des écarts de richesse que l'Histoire éclaire sans toujours les justifier." Art consommé de la litote.

"Mais parce que tout n'est pas parfait, loin s'en faut, au pays de l'outre-mer, faut-il pour autant répandre complaisamment les pires contrevérités ? Faut-il relayer ces violences verbales contre des békés qui ont sans doute des défauts mais sans qui la Guadeloupe serait une autre Haïti?" On y vient donc! Tous ces nègres ne seraient rien sans la bienveillance civilisatrice des colons.

"Cette année, la métropole accusée de tous les maux dépensera au total 16 milliards d'euros outre-mer, soit l'équivalent du budget national de la Sécurité, police et gendarmerie. Si l'on ne s'intéresse qu'aux dépenses (budgétaires ou fiscales) spécifiques en faveur des DOM et des TOM, l'effort dépasse les 12 milliards, autant que le budget du Travail et de l'Emploi. Ce n'est pas tout à fait rien..." Et oui, bon peuple, nous dit Le Figaro Magazine, ces gens-là se prélassent sous les cocotiers à vos frais. Ce monsieur qui fustige la démagogie du LKP est lui-même passablement bien armé en la matière.

Mais le must se trouve dans la conclusions: "Devant trop de violence, d'ingratitude et de démagogie, le risque est grand que monte chez les Français de métropole la tentation de tout bazarder." La menace! Corroborée quelques jours plus tard (hier) par un sondage OpinionWay (rappelons qu'OpinionWay sonde uniquement des internautes rémunérés en bons d'achats) qui, écrit Le Figaro donne « une nouvelle dimension » à la crise.

51% des métros veulent se séparer des Antilles. Ce que la majorité des Antillais ne demande pas. Ni même le LKP. Pourquoi ce sondage, alors? Les termes du chantage sont énoncés par un autre éditorialiste du Figaro, l'immeeeense Yves Thréard: "De deux choses l’une: ou l’ordre républicain revient à la faveur de négociations qui ne doivent pas dépasser un délai raisonnable; ou bien un processus d’autonomie à la calédonienne débouchant un jour ou l’autre sur l’autonomie doit être engagé. Si l’on en croît notre sondage cette seconde solution serait acceptée à 51% des métropolitains. Elle mettrait, en revanche, les Guadeloupéens au pied du mur." Fini de se goberger aux frais de la France qui se lève tôt!

Vous êtes déjà prêts à jeter votre écran par la fenêtre? Attendez un peu, le meilleur est à venir. Le meilleur, c'est l'éditorialiste à l'écharpe rouge de L'Express, dans un texte suavement titré Créolitude. Il y dénonce "les délices de Capoue des aides publiques": "Aux Français des tropiques qui veulent travailler à l'antillaise et consommer à la métropolitaine, rappelons qu'il faut labourer la terre arable pour qu'elle lève d'autres moissons que celle du songe."

Et de conclure d'un trait vengeur imparable: "L'Etat républicain ne saurait cautionner une spoliation vengeresse ni ouvrir aux frais des métropolitains un guichet dégoulinant d'allocations injustifiées."

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans Le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte