[Montagne d’or en Guyane] Pas même un monticule !

Disons-le tout de suite pour poser le débat. Le projet « Montagne d’or » en Guyane est inique. Il est le reflet de ce qui mène peu à peu l’Homme à sa perte : sa cupidité.

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Cette affaire m’évoque la légende du roi Midas, demandant en récompense de son hospitalité à Dionysos perdu, la faculté de transformer tout ce qu’il touche en or. Ce qui parut être une bénédiction offrant richesse en abondance, ne tarda pas à se transformer en malédiction, lorsque Midas fut bientôt incapable de se nourrir.

Aujourd’hui encore, l’Homme est prêt à sacrifier quelques 1500 hectares de forêt, et des milliers d’espèces végétales et animales sur l’autel de Mammon.

Présenté comme une opportunité pour la Guyane, ce projet s’inscrit en réalité dans une longue tradition d’exploitation commerciale de ce territoire, souvent au détriment de la population locale.

Elle commence par la colonisation européenne dès 1624, par ordre de Louis XIII et la spoliation des terres amérindiennes, la population étant peu à peu remplacée par des colons et des esclaves africains. La Guyane, ce fut aussi le bagne, le centre spatial de Kourou… Il est d’ailleurs intéressant de noter que ce dernier ayant un impact écologique plus qu’évident sur l’environnement guyanais, ne bénéficie que très peu à la population locale. Il est paradoxal de constater que la Guyane est le territoire le moins bien desservi en couverture réseau et internet mobile en Outre-mer, alors que des satellites de télécommunications y sont régulièrement envoyés en orbite. Comment peut-on accueillir ce qui se fait de mieux en matière de technologie, tout en vivant à l’âge de pierre des télécoms ?

La Montagne d’or répond à la même logique. C’est un crime sans scrupules à l’encontre de la Guyane et de ses peuples originels… Et de quel droit ?

D’autant plus que le rapport impact sur l’environnement/durée de vie du projet est parfaitement négatif. Pour 12 ans d’exploitation, combien de générations condamnées ? La question est légitime, surtout au regard de la doctrine actuelle en matière de protection de ce qui est pourtant souvent décrit comme « le poumon de la Terre », l’Amazonie.

Ce qui est plus étonnant encore c’est que les exemples de catastrophes liées aux déboisements massifs sont nombreux. Non loin de la Guyane, à Haïti, on observe là où il y avait un climat tropical humide, des zones arides ainsi que des glissements de terrain en raison de l’érosion des sols. Ne parlons même pas de l’infertilité des sols à plus forte raison dans une zone d’exploitation minière telle que « la Montagne d’or ».

Ce sujet nous concerne tous, car la surexploitation minière et la réduction progressive de la forêt amazonienne, entraine un recul de la biodiversité, une disparition progressive de cultures et de peuples millénaires, mais surtout, et sans doute à plus courte échéance que nous pourrions le penser : notre extinction pure et simple.

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