Ma Gascogne anarchiste revisitée en compagnie d’Anselme Bellegarrigue  !

J'avais programmé cette «Reclusienne » type à Sainte-Foy-la-Grande car je voulais me rendre compte si la pensée anarchiste avait dépassé les limites géographiques de la Gascogne, le pays d'Anselme Bellegarrigue, ce libertaire méconnu que je venais de découvrir. Et j'avais besoin de l'aide de mon compagnon habituel en randonnée, Élisée Reclus, pour accompagner ces recherches !

Certains esprits étriqués me rétorqueront que Sainte-Foy-la-Grande ne se trouve pas en Gascogne ! 

D’autres me diront que les Gascons furent battus le 17 juillet 1453 lors de la célèbre bataille de Castillon, alors que les français célèbrent à cette date leur victoire et la fin de la guerre de Cent Ans ! 

Mais on s’en fiche un peu de ces limites territoriales ou historiques car aujourd'hui nous sommes en présence d’un véritable gascon anarchiste ! Inconnu et ignoré : Anselme Bellegarrigue.

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Alors qu'est qui rattache la Gascogne à l’Anarchie ?

En ce qui me concerne, ce fut une révélation lorsque que je me suis rendu compte que la seule chose qui était basque chez moi, c’était mon nom ! Etxeberria-Lanz ! C’est un joli nom, camarade … Et c’est tout !

J’ai donc décidé de jeter ma moitié basque dans les poubelles non pas de l’histoire cela serait bien trop prétentieux, mais dans celles de la généalogie.

Pourquoi ? Depuis notre migration forcée dans le Sud-ouest, je trouve que le Pays basque se situe hors du temps et en dehors du monde qui l’héberge. Un nationalisme suranné accompagné d’une publicité nationaliste agressive.  Une stigmatisation de la différence.

Et une falsification de l'histoire au profit de la légende ! 

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L’Euzkadi ne fut qu’un pays fantasmé par l’imaginaire de Sabino Goiri Arana !

Si de 1936 à 1937, José Antonio Aguirre fut le premier président du gouvernement d’Euzkadi durant la guerre d'Espagne, ce pays fut réduit à sa plus simple expression géographique, deux provinces basques, l’Alaba et la Navarre ayant rejoint les troupes fascistes de ces généraux félons qui ont assassiné la République espagnole. Et ça, il ne faut jamais l'oublier ! 

Ni pardonner car la logorrhée religieuse n’est que autre que la représentation fielleuse d’un effluve de fascisme, grande spécialité de l’Espagne dite catholique (je renvoie à son histoire passée) !

Dès le début de la guerre d’Espagne, le mythique  Zazpiak Bat (sept en un ou en version algébrique basque : 4+3=1)  avait volé en éclats. Derrière, l’illusion léniniste d’une armée de libération nationale me posera toujours de sérieux problèmes. Quant aux trois entités appelées provinces du côté français, la population sous l’effet d’un conditionnement pilonné par les notables, la petite bourgeoisie et les curés, ne voyait pas d’un bon œil l’arrivée de ces basques qui avaient perdu sur le chemin de l’exil, la croix banche de l’Arafat de l’époque, Jésus Christ, le vert de l’Ikuriña pour ne garder que la marque d’infamie rouge !

Plus j’avance en âge et plus la pensée nationaliste me heurte, car elle masque la soumission volontaire des basques à l'imposture bourgeoise en occultant la domination économique de cette classe de parasites dominants. Cette caste a bien compris l’importance des oriflammes rouge, vert et blanc pour un peuple fan de laminak ! 

Alors à présent, c’est bon, les fadaises des nationalistes, dit basques, c’est terminé pour moi ! C’est ainsi que j’ai renoncé définitivement à épouser les contours de cette chimère faute d'avoir pu trancher entre Tubal et Aitor (figures célestes du nationalisme araniste !).

Alors Herriko basta !

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Et un matin en faisant le tour des chemins forestiers que nous avons découverts lors du confinement généralisé, les senteurs passées de la résine, actualisées, ont réactivé mon ADN gascon !

Notons que dans les deux cas extrêmes de l’idiome Xarnegou, si un label ethnique est défini par la langue, pour moi c’est foutu car je ne parle qu’une langue impérialiste : le français ! 

Malgré ce handicap, je vais même demander ma naturalisation à ma sœur  qui apprend le gascon comme une damnée bis (oui car les damnées de la ter, c’est le niveau au-dessus !).

Si jamais elle n’y arrive pas, je demanderai au poète gascon Jojo,  aussi brillant qu’un Isidore Salles ou un Léo Lapeyre de valider mon immersion philosophique puisque pour le reste comme mes ancêtres, je reste un simple hominidé citoyen du Monde !   

La chance que j’y vois de redevenir gascon à plein temps, c'est de pouvoir dire des couillonnades  sans qu’un affidé nietzschéen-camusien de gauche type Gourou libertaire de Balma  vienne te corriger ! Ces loulous au verbiage ésotérique à souhait ont comme leur ami Stéphane, l’humour en berne. Et la couillonnade sans aucun intérêt pour la pensée universelle, je la maîtrise à la perfection. Mais redevenons légèrement sérieux pour parler de l’Anarchie et de la Gascogne car tel était le sujet de ce billet !

Commençons par la Gascogne que nous avons eu le privilège de parcourir en compagnie de notre bande « harmoniste » du Trinquet sous la conduite de Jean Mi qui connait bien ce département qu’il a toujours bien aimé pour y avoir vécu avant sa mutation dans les Landes. 

En ce temps-là, je n’avais jamais entendu parler du gersois Anselme Bellegarrigue. Et puis de lectures en lectures, je suis tombé sur ce nom qui revenait sans cesse, un peu comme Gustav Landauer ou Joseph Déjacque

J’ai fouillé ma bibliothèque libertaire et je ne trouvais toujours rien. Jusqu’à ce jour où ma grande fille m’a fait connaître la Boutique Militante. Par chance, la boutique possédait le livre de Michel Perraudeau qu’il a consacré à Anselme Bellegarrigue. Il ne s’agit pas ici de résumer le texte de Michel Perraudeau ni de lister l’essentiel d’Anselme Bellegarrigue car la plupart de ces évidences sont inaccessibles à un environnement autre.

 Alors après avoir lu son Manifeste de l’Anarchie, je vais me contenter de ces quelques tirades :

  • L'anarchie c'est l'ordre car le gouvernement c'est la guerre civile.

 J’aime bien celle-là aussi, ça vous rappellera quelqu’un :

  •  Vous avez cru jusqu'à ce jour qu'il y avait des tyrans ? Eh bien ! Vous vous êtes trompés, il n'y a que des esclaves : là où nul n'obéit, personne ne commande.

Avançons encore un peu avec Anselme, Elisée attendra son tour ! Je ne développe pas la suite à propos du vote, de la guerre, de l’outrance dite révolutionnaire qui ne produit que des monstres qui se contrefichent de ce que pourquoi ils sont censés se battre ! Ceci est un hors-jeu politique de ligne qu’il est difficile de percevoir lorsque on se la joue collectif. 

Anselme Bellegarrigue était anarchiste, et il considérait le doubiste Proudhon, comme un simple socialiste ! 

  • Je suis anarchiste ! La seule vérité vraie, frappante, non arbitraire et non sujette à interprétation, c'est moi. Je suis voilà un fait positif ; tout le reste est abstrait et tombe dans un X mathématique, dans l'inconnu : Je n'ai pas à m'en occuper. 

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Celles-ci, ne sont pas mal :

  • Qu'on ne me parle point de la révélation, de la tradition, des philosophies chinoise, phénicienne, égyptienne, hébraïque, grecque, romaine, tudesque ou française; en dehors de ma foi ou de ma religion dont je ne dois compte à personne, je n'ai que faire des divagations de l'ancêtre; je n'ai pas d'ancêtres ! Je suis le premier homme, je serai le dernier.  
  • Mon histoire est le résumé complet de l'histoire de l'humanité; je n'en connais pas, je n'en veux pas connaître d'autre.
  • Le pouvoir, c'est l'ennemi, La Fontaine l'a dit avant moi. Le pouvoir, c'est l'ennemi dans l'ordre social et dans l'ordre politique. 
  • Dans l'ordre social :  Le travail, c'est-à-dire l'intelligence, est confisqué par le pouvoir, aidé de ses baïonnettes, au profit du capital
  • Dans l'ordre politique : Il est donc vrai qu'un parti, quel qu'il soit, n'existe et n'est craint que parce qu'il aspire au pouvoir
  • Contre le barricadisme révolutionnaire, pour la révolution non-violente.
  • Les gouvernements armés sont des autorités de secte
  • Les révolutions armées sont des guerres de secte
  • La nation est aussi étrangère au gouvernement armé qu’à la révolution armée. 
  • Montrez-moi un endroit où l’on s’assassine en masse et en plein vent, je vous ferai voir un gouvernement à la tête du carnage. 
  • Le droit est l’antipode de la force. Les peuples ne sortent du droit pour passer à la force que lorsque le gouvernement leur en a donné l’exemple.

Et voilà le résumé des saillies politiques de l’anarchiste gascon. Si on actualise le phrasé, il n’y a rien à redire … Mais avant de prendre la direction de Sainte-Foy-la-Grande, une dernière gasconnade pour illustrer les propos d’Anselme Bellegarrigue : 

Tant que le sire de Tillac ignora qui il était, dit une légende gasconne, l'intendant le rudoya fort; mais quand dame Jehanne, sa nourrice, lui eut fait connaître ses titres et qualités, les gens du château, l'intendant en tête, vinrent s'humilier devant lui."

Anselme Bellegarrigue, on aime ou on n’aime pas ! Le dogmatisme intelligent de l’anarchisme du moi me convient parfaitement. Il m’a permis d’appréhender le monde et la vie dans ce monde ! Après, le syndicaliste révolutionnaire que je fus, a toujours détesté les partis qui se labellisent révolutionnaires pour mieux renforcer leurs cohortes de petits soldats ! Je laisse à chacun le soin d’interpréter cette dernière réflexion. Et même de mettre en accusation pour déviances politiques, j'assumerai moi-même ma défense.    

Pour aller plus loin dans l'analyse libertaire ,je me suis rendu chez Élisée Reclus, chez lui à Sainte-Foy-la-Grande ! De retour de Limoges et avant de rejoindre Tarnos, comme plus rien ne me presse depuis que j'ai cessé cette course à l'échalote imposée. 

Je m'étais promis ce cadeau inestimable, à savoir faire une randonnée harmoniste au pays de l'immense dévoreur d'espaces. Je voulais mettre mes pas dans ceux du géographe mais aussi dans ceux de l'anarchiste ! De voir ce qu'il avait vu, d'imaginer ce qu'il avait pu découvrir dans le pays foyen de son enfance.

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Premier choc : un lycée Élisée Reclus en France. Ce n'est pas si courant de voir le nom d'un célèbre anarchiste en haut d'un établissement scolaire ! Un oxymore républicain.

Derrière, je m'embarquais sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle de la bastide jusqu'à Pineuilh. Arrivé  à hauteur de l’église, je cherchais en vain un panneau d'information qui aurait dû détailler le rôle qu'avait joué la randonnée dans l’œuvre d'Élisée Reclus. Mais  après  avoir fait deux fois le tour de l'église, je dus me résoudre à remonter sur les coteaux colonisés par les vignes qui se trouvaient à la sortie d'un joli bois qui ne payait pas de mine.

Mais que c'était beau ! C'est là que j'ai eu la confirmation de cet amour que je porte à la banale beauté du  paysage déstructuré. Le chemin zigzaguait comme un slalom spécial ou un slalom géant, cela dépendait du positionnement de la  vigne  !

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J'aperçus le second panneau que je cherchais. Les réflexions poétiques ou philosophiques d'Elisée Reclus au milieu des vignes, j'ai pris le temps de déguster cette banalité. Un simple trésor qui n'avait pas de prix.

Puis j'ai continué en passant devant un chai où les vignerons s’affairaient. Là, j'ai décidé d'improviser la suite de la balade afin de découvrir autre chose que les certitudes balisées que j’avais trouvées sur la toile. 

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Était-ce l'influence de Reclus ?, certainement car je dégote systématiquement de l'harmonisme pur ou impur qui abreuve nos sillons !

Il ne m'est jamais venu à l'idée de comparer les paysages. Comme pour un tableau ou pour une bouteille de vin, je considère que c'est à chaque individu de se faire son opinion.

Une remarque : l'extraordinaire m'effraye. Comme cette Aiguille du Midi que j'avais eu la chance de contempler depuis le balcon d'un chalet qui appartenait à des cousins. 

Et depuis que j'ai lu « Annapurna, une affaire de cordée »  de David Roberts, j’ai compris que derrière l' héroïsation de la montagne se cache souvent le drame.

Le marécage du Sausset que m'a fait découvrir Mikel me fascine bien plus car je sais que je n'évolue pas en milieu hostile. Cela me laisse le temps de me concentrer pour voir la petite chose, le drosera ou le grèbe huppé. L'orobanche ou l'orchidée. 

Mais chacun est libre d'appréhender la démesure, l'ordinaire ou la raison. Nul ne possède le même cadre de référence. Je ne cherche pas à convaincre, je dis simplement que tous les paysages que j'ai parcourus comme le simple hominidé que je suis, m'ont toujours fasciné alors que je n'étais qu'un élément lambda du décor !

Mais pendant que je cogitais, je me suis égaré comme d'habitude lorsque mon esprit vagabonde. C'est aussi un des grands plaisirs de la randonnée harmoniste, se perdre car on finit toujours par découvrir autre chose. Parfois je me suis fait peur comme ce jour où je faisais de l'escalade forcée sur les falaises au-dessus du Célé depuis que ce foutu chemin avait décidé de prendre les eaux.

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Lorsque j'ai retrouvé un panneau qui m’indiquait Sainte-Foy-la-Grande 1 km, je me suis dit que je n'étais pas si mauvais que ça. Lorsque j'en ai trouvé un autre un peu plus loin qui m'indiquait Sainte-Foy-la-Grande 5 km, là j'ai compris que je n'avais pas changé ! 

C'est en longeant la Dordogne que j'ai trouvé l'endroit idéal pour me poser. Après le ravitaillement, je voulais découvrir la petite bastide avec ces stigmates reclusiens.  

Tout d’abord, un petit tour au syndicat d'initiative où j'ai rencontré une jeune fille qui assurait la permanence.

Elle me dénicha un authentique trésor même si elle n’en avait pas conscience car pour elle c’était une banale plaquette des      « Circuits de découverte en agglomération foyenne ».

Mais le sous-titre en disait long : « Élisée Reclus enfance foyenne d'un fondateur de la géographie humaine … »

C'est ce genre de brochure que je recherche lorsque je rentre dans les offices de tourisme ou les syndicats d'initiatives. Tous ces trésors sont rangés dans un vieux coffre en bois. Je ne m’en lasse jamais. Je les consulte régulièrement car même si j'ai déjà fait certaines boucles je continue de rêver en les ouvrant. Après avoir chaleureusement remerciée la jeune personne pour sa persévérance et sa patience, j'empruntais la rue des frères Reclus. 

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Au-delà du fait que Sainte-Foy-la-Grande accueille chaque année les Reclusiennes avec tous ces géographes ou penseurs qui échangent sur cet oublié de l'histoire officielle parce qu' anarchiste, tous n'étant pas forcément anarchistes d'ailleurs, je voudrais conclure ce billet en saluant la mémoire de deux anarchistes qui avait la même passion que moi pour Élisée Reclus. Ils étaient bien trop jeunes pour mourir.  

Commençons par David Graeber que j'avais découvert en lisant son fameux pavé : « La dette 5000 ans d'histoire ! ». J'avais fini par acheter sa collection de livres mais je n’oubliais pas ses combats pour la démocratie directe, privée de tous ces corps inutiles qui ne servent que les intérêts des massacreurs capitalistes, militaires ou religieux. Mais comme ce garçon était si dangereux aux yeux de ces affabulateurs du triomphe du capitalisme ricain, ces élites crapuleuses génocidaires, il fut expulsé et interdit d'enseigner aux États-Unis ! 

Les États-Unis, pour moi c’est le pays qui porte le crime d’état dans sa démocratie : je l'appelle le syndrome d'Allende ! Et je pense à Victor Jarra chaque fois que je croise la mémoire d’un criminel fasciste ou à Howard Zinn lorsque je veux lire de l’histoire non formatée.

Car Howard Zinn liste tous les massacres fomentées par ces adeptes de l'esclavage et du génocide (confère Tasunka Witko l’Oglala ou plus tard  Tatanka Iyotake l’Hunkpapa). Certes ils ont été trahis par les frères d'armes, mais qui détenait les clefs pour les faire assassiner ? Mais je ne détaille pas parce que le sujet groupe humain-trahison est bien trop sérieux pour aller vite ! 

Disparaissait aussi en début d’année, Yohan Isambert. Yohan Isambert était un jeune prof d’histoire-géographie que j'avais croisé au collège les Mousseaux à Villepinte. Affilié à la CNT, Yohan possédait une vision internationale assez exceptionnelle de l'anarchie.

La seule fois où j'ai vraiment discuté sérieusement avec lui, je n'ose lister les sujets abordés tellement ils étaient évidents ! Et j’attendais impatiemment ses remarques critiques des combats d'Euzkadi de 1936 que j'avais étudiés avec mon filtre libertaire mais la vie en a décidé autrement. 

Bien triste ces deux disparitions ! Alors salut à vous, David et Yohan.

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Pour Anselme Bellegarrigue, il était de mon devoir de citoyen du monde d'en parler ! Car si Elisée Reclus est aujourd'hui parfaitement connu, il n'en n'est pas de même pour le gascon. 

Lorsque j’ai retrouvé ma voiture, et posé mon sac à dos, je me suis demandé pourquoi la simplicité d'un banc de communautaires avait toujours été bafoué par des pitres castrateurs de liberté ? Toute personne, je dis bien toute personne qui travaille pour l'industrie de guerre, qui porte une arme, est un candidat certain au prochain procès de Nuremberg ? Mais s'il faut attendre 50 millions de morts (palmarès du nazi taré autrichien) pour se réveiller, le bilan sera terrible ! 

Je déteste les chiens et ils me le rendent bien !

J’aime les loups et ils me le rendent bien …   

Histoire d'un ruisseau pour moi, histoire d'une montagne pour Jean Mi !

Mais quel que soit ton choix, il te faut rester un harmoniste reclusien ! Anarchiste gascon est peut-être plus compliqué encore que ...   

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