Manifestation unitaire à Bayonne le 1 mai 2019

En conclusion de notre manifestation de ce mercredi 1 mai 2019 à Bayonne, comme Hk et les saltimbanks chantaient : « ce soir nous irons au bal », nous décidâmes de faire comme eux ! Eh, oui au bal !, après cette manifestation sympa, colorée, unitaire où une fois n’est pas coutume, les anarchistes défilèrent les premiers !

Après le bal, nous nous partîmes nous "estanquet" dans un coin bien agréable de la Navarre de l’autre côté de cette foutue ligne de démarcation que les gens sérieux appellent frontière, afin que les spadassins aux ordres des spécialistes français de l’écart intérieur comme on dit dans les Landes, ne viennent nous interdire de jacter en toute tranquillité ou ne viennent nous arrêter tout simplement pour avoir proféré des mots impies à l'encontre de ces petits hobereaux parvenus de l'ordre bourgeois établi …

Et alors que nous évoquions ce premier mai avec mon Insoumis de beau-frère, la discussion dériva naturellement sur les événements de Chicago en 1886. Normal me direz-vous après une manifestation du premier mai !  

Pourquoi Chicago ? Pour ne pas oublier la logique infernale de la violence de l’institution qui investit au quotidien cette douce France !

Après avoir dégusté deux Patxaran, j’évoquais la mort de mon camarade  Augustin Spies qui fut pendu le 11 novembre 1886 à Chicago. J'ai écrit camarade mais j’aurai pu aussi bien dire « compagnon » car, comme Spies, Emile Pouget ou tant d’autres moins connus, j’appartiens à ce courant oublié par l’histoire officielle et régentée, qui se nomme syndicalisme révolutionnaire.

Tant que je possédais le bâton de parole, car comme tous les Insoumis, mon  Insoumis de beau-frère est aussi un débatteur féroce, je dérivais sur les célèbres sociaux-traîtres qui ne sont que les ancêtres de ces écarteurs de l’intérieur dont un l’un des plus célèbres erre actuellement du côté du Camp Nou à la recherche d'une place tout en haut de "la fiche mal" ! 

Pourtant, je déteste cette expression  « sociaux-traîtres » qui renvoie à une histoire russe bien formatée mais comme aujourd’hui le poids des mots ne pèse que quelques grammes, alors allons-y :

J'appelai à la barre, (normal puisque après cette virée nous devions retourner du côté de Bayonne), Aristide Briand. Cet ancien ? (je ne saurai le définir), cet ancien « quelque chose » a dit : « Pour défendre l'existence de la nation, s'il avait fallu aller jusqu'à l'illégalité, je n'aurais pas hésité ! » ou « si pour maintenir la sécurité, je n’avais pas eu les armes nécessaires, s'il avait fallu aller jusqu'à l'illégalité, je n'aurais pas hésité ! »

Ce célèbre S.T est aujourd'hui une simple avenue inconnue pour les jeunes qui ne la repèrent que grâce à leur GPS. En revanche, le vieux que je suis devenu est pris de nausée en voyant défiler ce néant bordé de hêtres figés par la pensée de Sartre à chaque fois que j’emprunte la plus longue rue de Limoges !  

Le second S.T nominé est Georges Clemenceau car il possède un palmarès répressif élogieux comme le grand spécialiste de l'écart intérieur qu'il fut : 1 mai 1906 après le drame de Courrières du 10 mars 1906 ; Draveil, le 2 juin 1908 ; Villeneuve Saint Georges le 30 juillet 1908 ; pour finir par un 1 août grandiose avec l’arrestation de mes camarades syndicalistes révolutionnaires CGT !

Mais avant de passer la parole à mon Insoumis de beau-frère, je me suis toujours demandé si le célèbre Fakir Insoumis d’Amiens connaissait le rue Rigollot où se situe l’école où s’est déroulé le fameux congrès de la CGT qui a donné naissance à la résolution de 1906, plus connue sous  l’appellation contrôlée du syndicalisme révolutionnaire : Chartes d’Amiens, n’en déplaisent à tous les orthodoxes perdus de la logorrhée faisandée des historiens sociaux "autoritaires" !    

Malgré cette incertitude qui me pèse, je dois avouer que j’ai pour le Fakir Insoumis une grande admiration pour ses écrits ainsi que pour ses livres, alors que mon Insoumis de beau-frère, lui, a eu la chance de voir son dernier film en présence de Gilles Perret !

Afin d'assurer notre défense en cas d'intrusion fasciste comme savent si bien le faire les puissances impérialistes et colonialistes, comme celle que prépare en douce l'hypothétique représentation difforme de Custer, le beau-frère a appelé Howard Zinn à la rescousse pour évoquer la désobéissance civile que pratiquent en toute illégalité les spécialistes de l’écart intérieur depuis qu’ils eurent vent des dires de Max Weber, le loulou qui a théorisé l’usage légitime de la violence étatique ! 

En tant qu'aficionado pacifiste, j'ai donc décerné la corne d’or à l'actuel sociétaire landais des arènes de Beauvau. Récompense qu'il a bien méritée à la suite de cette série d'écarts intérieurs tout au long de sa violente temporada   ! 

Plus sérieusement, Zinn, nous dit  : « Notre problème, c’est que les gens sont soumis, partout dans le monde, face à la pauvreté, à la famine, à la bêtise, à la guerre et à la cruauté. Notre problème, c’est que les gens obéissent et que les prisons sont pleines de petits délinquants, tandis que les grands truands gèrent le pays. »

Rien à ajouter ! Zinn serait-il insoumis comme l’affirme haut et fort le beau-frère ? 

Je dirai plutôt qu'il fut d'abord un harmoniste reclusien ! La preuve : « On vous dit qu’il faut se méfier de la désobéissance civile car elle conduit à l’anarchie, …,  Le seul ordre qui soit véritablement valable ne vient pas de la mise en application de la loi, il vient de la construction d’une société juste, où sont établis des rapports harmonieux et où seule une réglementation minimum est nécessaire pour créer un ensemble de dispositions concernant les rapports entre les gens. »

Mais mon Insoumis préféré n’allait pas en rester là ! Il revint à table avec deux autres Patxaran :

 « Dis donc, toi l’anarchiste de salon, il me semble que tu as voté au deuxième tour pour ce Rastignac des temps modernes !

–  Je te confirme que j’ai voté au second tour par défaut pour ce paltoquet, par respect historique de la mémoire des camarades de la seconde République espagnole, mais aussi pour retarder l'arrivée des futurs corps francs de la représentation du célèbre tableau du Caravage. Tu n'imagines pas ce que ce peut endurer une population vaincue durant quarante ans de dictature fasciste ! Et je te rappelle que j’ai deux petits-enfants créolisées à la mode Edouard Glissant ! Alors que me chaut le mépris de tous les spécialistes de l'urne, tous ces citoyens qui ont participé à l’effondrement de l’idée même du communisme fut-il libertaire ! Eh, toc ! »

Nous trinquâmes …

« Et puis dis-toi bien que le petit prince de ton ami Machiavel n’a pas lu une seule ligne d’Hannah Arendt ou de Georges Orwell ! Alors je suis bien conscient que ses délires totalitaires à venir sont juste là pour rendre de grands services à ses amis capitalistes !

– Ah tout de même ! J’ai cru que tu allais me demander de dessiner un mouton ou de me parler de Germaine de Staël ?

– Ici, à Urdazubi, je n’aurai pas eu du mal, des moutons il y en a partout ! Germaine, je ne la connais pas car je ne lis pas la presse bourgeoise d’accompagnement ...  

Pour vois les photos de la manif du 1 mai à Bayonne je vous renvoie au site :  https://www.facebook.com/marc.etxeberrialanz.1

 

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