Le Matte-cul nous offre trois voyages pédestres au cœur de la Maremne

Pour agrémenter cette traversée, j'ai voulu raconter des histoires qui jalonnent l'antique voie du Matte-cul en ayant en tête l'idée de me moquer de ces innocents qui pensent que les bécasses se mangent toutes crues après être tombées du ciel par hasard, le long du tracé perdu de Tyrosse à Soustons en passant par Tosse et Hardy !

Le voyage du Matte-cul en Maremne se décline en 3 étapes.

Pour les béotiens, précisons que la Maremne et le Marensin sont des petits pays landais (XL) !

Et c'est à Cameleyre que tout a commencé !

Fafou, ma grande sœur, pensait à la mémoire et la mer dans le Marensin alors que j'écoutais la magnifique ballade du camarade Ferré, logique pour une  ancienne voie comme celle du Matte-cul !

C'est une de mes chansons préférés, j'adore ; Fafou beaucoup moins !

Alors pour détendre l'atmosphère, elle demanda à Jean-Mi, mon vieux camarade, de m'apporter le livre de Jean-Pierre Mabille :

Sur les rails des Voies Ferrées des Landes La ligne de St-Vincent-de-Tyrosse à Léon, (édité par Mémoire en Marensin) 

p1470435-copie

C'est en parcourant cet ouvrage remarquable que je me suis décidé à "marcher" dans les pages de ce passé.

Et pour accompagner ces vagabondages ferroviaires, j'ai mobilisé mes deux compagnons habituels de la découverte, mon sac à dos et mon appareil-photos. 

Malgré les stop and go de cette époque de l'incertitude, j'ai enfin réalisé cette traversée historico-mélancolique qui en Maremne tourne autour des gares de Tyrosse, de Tosse et de Soustons

Par deux fois dans les années 1965,  j’ai eu la chance de voir rouler le Matte-cul ! 

La première fois, j'avais découvert une vieille machine crachant une épaisse fumée qui tirait des wagons dont la peinture laquée reflétait l'éclat aveuglant du soleil.

La seconde fois,  ce fut une " bicheline" selon les dires de Pupule qui avait supplanté l'antique loco ! 

La première mise en circulation du train remonte au 20 juin 1891, le dernier train circulant le 01 juillet 1969,  simple précision qui montre que je ne suis plus de première jeunesse. 

I Cette première boucle débute en gare de Tyrosse

Commençons par une brève remarque : pourquoi dans le langage courant dit-on Tyrosse et non pas Saint-Vincent de Tyrosse

Tout simplement parce ce que Tyrosse est une petite ville mondialement connue dans le monde de l'Ovalie.

Et lorsque on me demandait parfois si Tyrosse était loin de Saint-Vincent-de-Tyrosse ?

Je répondais cette gasconnade : " Non c'est comme Saint-Paul-Lès-Dax par rapport à Dax, ça se touche ! "      

Et je me suis mis en marche avec un premier arrêt devant le collège de Tyrosse pour évoquer le souvenir de deux figures du monde de l'éducation qui allaient marquer ma vie au fer rouge de l'intelligence cultivée. 

  • D'abord Gabriel Fauthoux

Il était le principal adjoint lorsque je fréquentais le CES de Tyrosse comme on disait en ce temps-là !

L'histoire qui va suivre, je ne l'ai jamais racontée, et pourtant elle est essentielle, car elle allait me permettre de rompre à tout jamais avec la dystopie aliénante d'une dictature ignorée encore aujourd'hui. 

Cette année-là, le collège avait organisé un voyage scolaire en Espagne franquiste avec au programme, un monstrueux défilé du Ku Klux Klan à Séville, la visite de l'Alcazar de Tolède qui fut le symbole immonde de la victoire de Franco et, pour finir toujours à Tolède, la découverte de la peinture torturée et donc traumatisante du Greco .

Comme j'avais balancé quelques remarques déplacées lors de la visite de l'Alcazar de Tolède à propos des armes des nazis exposées dans la cour d'horreur, Monsieur  Fauthoux qui connaissait mon histoire familiale était rapidement intervenu pour me calmer !

Il m'avait alors gentiment délivré une leçon qui fut une des plus belles que je n'ai jamais reçues. Signalons pour clore cette brève évocation que la bibliothèque de Tyrosse porte son nom !

  •  Poursuivons avec Coco Sescousse. 

Et si je n'ai pas connu le professeur, ni l'ancien maire de Tyrosse, ni même la bête politique, en revanche j'avais une profonde admiration pour l'illustre FrancaCoco.

Pour définir le personnage, je dirais que c'était une " Immensité de l'éducation enfantine ". 

La première fois que je l'avais vu à l'œuvre en colonie de vacances à Jézeau, il s'était métamorphosé en Little Big Man.

(Je l'ai baptisé du nom du guerrier Sioux oglala connu aussi sous le nom de  Charging Bear à cause de sa petite taille et de son immense charisme.) 

Notre Little Big Man à nous officiait autour d'un immense feu avec à ses côtés deux illustres personnages, le longiligne guerrier Vincent et l'homme-médecine Serge. Tout ce beau monde allait  nous mener sur des terrains de chasse imaginaires autour de la montagne de Jézeau. 

Avec les incantations qui accompagnaient la danse du petit indien, parti sur son canoé débusquer le caribou ou l'élan béarnais !

Tous les papooses de tous les centres de loisirs et de toutes les colonies de vacances ont repris en cœur ce chant sacré délivré par Coco !

Plus tard, j'ai simplement remplacé les Sioux Oglalas par des Cocosates, des Tarusates ou des Tarbelli, ces nouvelles tribus vasconnes qui avaient colonisé  la Souque ! 

  • Direction le quartier de la Vieille Poste

Après avoir contourné le groupe scolaire, je me revoyais franchissant le passage à niveau de la voie du Matte-cul !

L'ancienne vie du Matte-cul près du quartier de la Vieille Poste L'ancienne vie du Matte-cul près du quartier de la Vieille Poste

Nous l'empruntions tous les matins et tous les soirs pour nous rendre au collège. Une simple planche en bois nous permettait de franchir le ruisseau qui longeait la voie ferrée. 

Nous habitions le quartier de la Vieille Poste à l'époque où les maisons poussaient comme des champignons.

Pour connaître l'origine du nom de ce quartier, j'ai fait appel à Francis Hirigoyen. Dans son livre : L'histoire de la vicomté de Maremne, il écrit :  

" Nous savons que Louis XI fit établir les grandes routes des stations dans lesquelles on pouvait trouver des chevaux. Il semblerait que ce soit alors, le 10 février 1511, que la poste royale de Saint-Vincent-de-Tyrosse fut établie " au lieu de Sent Vincent, près de Bayonne. "

Dans ce quartier historique, j'avais noté une étonnante concentration de Francas qui joueront un rôle majeur dans l'éducation populaire des enfants d'ouvriers tyrossais. 

Pas moins de 8 moniteurs et 4 directeurs allaient habiter ce haut-lieu de la subtilité éducative différente !

Comme dans une pièce de théâtre, je vais présenter les acteurs. Parmi les monos, retenons les trois dont j'étais le plus proche : Patrick le John Lennon tyrossais et sa guitare magique, Joël le silencieux et son presque voisin Jacques plus connu comme le Tut dans la Lande bouliste !

Quant aux 4 directeurs de la belle époque il y avait là BrunoSergeFafou et Coco ! Que du lourd ! 

Sous une pluie battante, je me dirigeai à présent vers le groupe médical, traversai le Petit Bois, puis Tirebeste et Fontainebleau avant de retrouver les chemins de mon enfance puisque je suis né au Claquet à Tyrosse ! 

Les portes de notre sanctuaire philosophique de l'époque m'attendaient : 

  • Le centre de loisirs de la Souque

Une immersion chez les Francas te bouleverse l'ADN avec une greffe de bonheur, de plaisir, de chance et de rencontres que dispensent à ciel ouvert ces fantastiques professeurs de vie naturelle ou sociale !  

Quelques larmes tout de même à essuyer pour ne pas oublier Francis trop tôt disparu ! Il est mort en vallée d'Aure en pleine activité quelques jours avant de nous rejoindre ! 

40-eme-010-copie
 

image3
Pas question ici d'ouvrir la boîte à souvenirs, non un simple regret, celui de pas avoir assisté en 2004 au 40 ans du Centre de loisirs  ! 

Pour se faire, j'ai repris en partie l'article de Chantal Larrere, la correspondante Sud-Ouest de l'époque qui relate l'évènement :  

" Demain, tous les acteurs et amis du centre de loisirs de La Souque fêteront ses 40 ans.

Serge Vignolles, qui en fut président de 1987 à 2004, est devenu gardien du temple. Il en évoque les bâtisseurs : "

(...) « Coco m’a embarqué moniteur, à 16–17 ans, se souvient Serge. À la fin du séjour, une équipe de vieux est venue nous offrir un pot. Ils devaient avoir la quarantaine. C’étaient les bénévoles, des gens d’une énorme disponibilité. Ils nous épataient, connaissaient tout et tout le monde. 

Parmi eux, Marcelle une figure militante tyrossaise. Marcelle travaillait à l’usine de chaussures Bellocq, où elle était responsable du comité d’entreprise, poursuit Serge. Elle a été artisane de la création de l’association, en relation étroite avec ce comité.

Chaque président a eu à cœur de porter haut l’esprit des Francas, association de jeunesse et éducation populaire à laquelle le centre est affilié. À commencer par deux femmes : Claude Bellocq, en 1964, et Colette Refauvelet, de 1970 à 1976.

" Coco Sescousse a ensuite assuré onze ans de présidence. Il l'a confiée, en 1987, à Serge Vignolles, et prend alors le chemin de la mairie. Ouvert aux vacances d’été 1964, dans les locaux du collège, le centre accueille d’emblée 111 enfants. En 1975, il devient centre de loisirs, s’installe à La Souque."

Et si aujourd'hui je suis devenu un photographe amateur, je le dois essentiellement à Bruno et Serge ou à Serge et Bruno !

Deux véritables maîtres en la matière. J'ai encore en tête leurs photos de la forêt landaise en noir et blanc. Exceptionnelles ou géniales au choix. Serge m'a aussi initié à tout l'environnement de la photo argentique : de la prise de vue à la fascinante naissance après son passage au révélateur.

Après une traversée linéaire de mon Tyrosse, je me dirige vers un lieu mythique 

  • Piouguit

Après le pont qui enjambe le ruisseau de Maubecq que nous avons toujours appelé le ruisseau de Piouguit, je voulais revoir les images du drame qui m'avait bien secoué à l'époque.

Tout d'abord, ,j'avais noté la longueur et la complexité  du trajet entre le centre et le bois : en ce temps-là, on devait traverser la nationale 10, ensuite la voie ferrée Paris - Bayonne par un passage à niveau qui est aujourd'hui condamné car trop dangereux sur al longue ligne droite à TGV !  

À l'entrée du bois, je notais que la ferme était toujours là, mais il n'y avait plus l'horrible chien qui me faisait trembler.  

Soudain en plein jeu de pistes, les gamins affolés m'appelèrent ! La petite Marie était victime d'une crise de tachycardie. Mais comme personne ne savait ce qu'elle ressentait, je l'ai ramenée au plus vite jusqu'au centre avant que José, le directeur cubain ne la prenne s'est occupé d'elle. Et je suis reparti retrouver toute l'équipe. 

Aujourd'hui, la petite Marie s'est assise sur un rocher pour voir voler les perdrix comme des Comètes.

C'est devenu une brillante écrivaine et une militante de la différence 

  • Magret

'C'est le terme de ma balade. Pourquoi ? Tout simplement parce que j'ai un rapport particulier avec ce site qui se situe à la sortie de Tyrosse. Et puis je cherchais un endroit  agréable pour m'estanquer. J'ai fini par le trouver.

2 Cette seconde escapade révèle une histoire familiale landaise, avec en toile de fond, la recherche d'une gare totalement inconnue entre Tosse et Soustons 

  • Tosse 

Ce petit village landais voisin d'à peine quelques kilomètres de Tyrosse est devenu  aujourd'hui une presque ville !

J'ai commencé la balade en suivant le circuit "Entre forêt et ruisseaux" que je ne connaissais avant de l'abandonner près de Menaout (ancien sanctuaire pédestre de mes parents) pour retrouver leur sentier lumineux, aujourd'hui rebaptisé "Lous Houns" !

Parvenu à hauteur de l'autoroute qui a brisé à tout jamais la voie historique du  matte-cul, j'ai bifurqué vers Riston du côté de Saubion.

Là, je n'ai rien reconnu. Les vieilles granges avaient dû être coulées dans le béton. 

Derrière Miquéou, je retrouvais le moulin de Puyanne. Ici, en revanche, le site n'avait pas changé, le  coin était toujours aussi beau beau.

Moulin de Puyane Moulin de Puyane

Quelques kilomètres plus loin et je passais devant la gare de TosseElle avait été parfaitement restaurée avant d'être transformée en habitation. 

Le Matte-cul avait disparu depuis bien longtemps mais le tracé de la vieille voie qu'il empruntait, était toujours bien visible. 

D'abord goudronné, il retrouvait sa linéarité bien marquée à la sortie de Tosse.

Il était temps de visionner les images du passé au coeur de la pinède : le ruisseau de Sparben, le pont ferroviaire et le lavoir restauré. Tout était en place sauf l'ancien sentier de randonnée, aujourd'hui disparu.

p1460684-1

  • Hardy

À l'aide de la Carte IGN, je cherchais l'endroit idéal pour traverser la route " Tosse-Soustons " afin de me diriger vers la gare inconnue que j'avais identifiée grâce aussi aux explications détaillées de Jean-Pierre Mabille.   

Et après avoir longé la ferme-boutique qui vendait des asperges à cette époque de l'année, je découvrais l'inimaginable : la gare d'Hardy !

Ma grand-mère, Marthe Descoustey, l'avait évoquée lorsque j'avais eu la judicieuse idée de l'interviewer dans les années 1999.

Elle m'avait raconté qu'elle prenait le matte-cul à Tyrosse pour s'arrêter à la fameuse gare. 

Pour lire cet extrait de l'interview, il faut bien rouler les "r" :

« Arrivée à la gare d'Hardy, je me rendais à Guyroyes pour aller saluer celle que tu appelles Tatie Mimie et bien sûr, le Tonton Pierre. »

Tonton Pierre avait un air de ressemblance avec le "boucher de la Marne et de la Somme" (1914-1916) ! Mais contrairement à ce sinistre personnage, le tonton était un poète landais humaniste en diable. 

Ayant avalé les 2 km 500 qui séparent la gare de l'étang qui porte le même nom, j'arrivais au Nassaout, cette écluse qui régule les relations entre le ruisseau et l'étang d'Hardy.

p1530435

Ici, le Tonton nous emmenait en barque pour relever les lourdes nasses pleines d'anguilles, de calicobats et autres pesquits.

La pêche terminée, notre agriculteur, chasseur et même vigneron à ses heures perdues, remettait tout en place. Puis il appuyait sur une longue perche et la lourde barque glissait délicatement sur les eaux calmes de l’étang. 

Les barques étaient toujours présentes, les cabanes des chasseurs de canard aussi !

p1530430

Et c'est au moment où j'allais me diriger vers la vieille ferme restaurée qui avait accumulé tant de souvenirs que je rencontrais un sacré personnage. Il venait de me demander le sens de mes pérégrinations, et je lui avais simplement dit que je marchais dans mes souvenirs d'enfance.

Cette réponse l'avait intrigué, il avait voulu en savoir d'avantage, alors je lui avais raconté.

Puis il m'avait dit qu'il était le frère de l'ancien maire de Soustons mais surtout le voisin de la "famille de Tan - Guyroyes".

Et c'est ainsi qu'il m'a donné des nouvelles de tout le monde. 

Avant de l'abandonner, je lui ai avoué que malgré la formation accélérée, dispensée par les cousins, j'avais été incapable de traire une vache ! Car la vache même la landaise !, ça n'a jamais été pas mon truc. Quant à mes rencontres inopportunes lors de randonnées dans les estives, je joue carrément l'écarteur landais ! 

Ce qui a toujours amusé Jean Mi et Éric qui se souviennent de mes larges détours dans la montagne jurassienne ou basque pour éviter une éventuelle cornada !

A présent, je longeais l'ancienne ferme silencieuse avant de m'enfoncer dans la forêt louvoyant pour arriver aux portes de Soustons.

Puis je traversais l'ancienne la voie du Matte-cul qui n'était plus qu'un tracé en voie de disparition, afin de revenir vers mon point de départ.

Aujourd'hui, je serais bien incapable de reconstituer mon itinéraire. Il s'insinuait dans un périmètre borné par l'ancien aérodrome de Soustons, les pistes de Tosse et le ruisseau de Sparben.

  • La déportation des basques lors de la Terreur de 1794

Après avoir assuré un ravitaillement rapide, je trouvais un joli pont que j'avais repéré sur la carte IGN qui me renvoyait vers Tosse.

En passant devant la très belle église de Tosse, je repensais à cette controverse historique qui fut un sujet douloureux entre basques et landais.

Elle concerne la déportation des basques dans les Landes lors de la période de la Terreur (1794) !

église de Tosse église de Tosse

Je ne vais pas développer, ça serait trop long mais j'ai à ma disposition deux lectures de cette histoire dramatique pour ceux qui seraient intéressés. 

Celle de Gabriel Fauthoux, l'homme qui m'avait mis un peu de plomb dans ma structure calaminée de la pensée sclérosée. Il suffit de lire son article ou son livre : " Naissances à l'église de Saint Vincent de Tyrosse, ou la déportation des Basques dans les Landes (1794) "  (Société Borda, 4ème trimestre 1993)

L'autre version, on la trouve dans le très bel ouvrage de Jean-Louis Davant : " Histoire du peuple basque " 

Attention le camarade Davant est un formidable poète, un écrivain fantastique, le roi de la pastorale en revanche au niveau histoire, je préfère "l'ange Gabriel de l'évidence non partisane".

Toujours dans l'environnement de cette déportation des basques dans l'église de Tosse, lors d'une précédente randonnée, accompagné de deux basquaises, ma préférée depuis plus de 35 ans et sa cousine germaine Fanchon, je voulais expliquer ce drame qui était parfaitement raconté sur un panneau disposé à l'entrée de l'église ! Hélas, il venait d'être enlevé car le bâtiment religieux était en travaux. Mais comme Fanchon est une passionnée, elle n'allait pas lâcher l'affaire comme ça !

Elle finit par trouver le prêtre qui par chance était originaire du village martyr de Sare.

Hélas, il n'en avait jamais entendu parler de ce fait avéré ! J'étais dépité car les filles avaient dû mal à me croire !

Et c'est une boite à musique couplée à l'éclairage de l'église qui allait me sortir du pétrin. 

Lorsque j'ai glissé une pièce de 1 euro dans le tronc pour éclairer l'église, l' "enregistré-emboîté-éclairé" se mit à raconter avec force détails la triste histoire de ces basques originaires de Sare, déportés dans les Landes et en particulier à Tosse durant la Terreur !

Mes deux basquaises n'en revenaient pas ! Y avait-t-il eu une intervention divine ?

Comme je suis incompétent dans ce domaine, je laisse répondre Fanchon car pour moi, même les voies du Matte-cul restent impénétrables ! 

La suite se raconte sur la piste de Latché (oui, oui chez François !)

3 Dernière étape guidée par le diverticule du Matte-cul qui oscille entre la gare de Soustons, le menhir rose de 1981 et le tour du lac de Soustons  

La veille de mon périple, j'avais relu le chapitre, "L'importante gare de Soustons" du livre de Jean-Pierre Mabille que l'on trouve à la page 12. Il précise ce point important : 

" Jusqu'en 1904, la gare de Soustons était terminus de la ligne. Suite au prolongement de la ligne jusqu'à Léon, une boucle fut construite (en rouge) pour se diriger vers le Bayonnais."

Cette courbe je l'avais tracée sur ma carte IGN et pourtant dès le début de la balade, j'avais été incapable de la repérer sur le terrain ! Comme je ne voulais pas perdre trop de temps, je décidais de m'y atteler à la fin de mon parcours !

  • L'histoire du menhir de Latché, racontée à des basques avec la complicité de deux autres basques, Maurice et Peio 

Pour commencer, j'ai suivi la voie du Matte-cul en direction de Léon mais très rapidement je suis revenu vers le lac, pour aller saluer une figure importante de la République du socialisme à la française !

p1460557

Là, je vais être très clair : contrairement à ceux qui éructent leur violence et leur venin à longueur de journaux, la période de 1981 à 1983 a vu une amélioration des conditions de vie des travailleurs.

Cela a valu à mon père de reposer définitivement sa force de travail ! Et ce n'est pas négligeable surtout lorsque vous travaillez à la chaine et que vous êtes payé au  rendement dans une usine de billards à trois bandes !

Les commentaires faciles et méprisants, tout le monde est capable d'en faire lorsque cela ne te concerne pas ! C'est une mode médiatique détestable encouragée  par ceux qui détiennent les rênes de la soumission.    

Mais je voulais aussi repasser devant l'office de tourisme de Soustons pour saluer la mémoire de Maurice Delpech qui est décédé le 30 septembre 2020 ! En effet, nous avions organisé une randonnée spéciale ici-même pour le groupe d'Ainhoa, Atsulai !

Voici comment Maurice l'avait annoncée dans le Sud-ouest :

" Le dimanche 11 août, retour à la marche ; cette fois pas de montagne mais une grande boucle dans le département des Landes. L'ami landais d'Atsulai, Marc Etxeberria Lanz a préparé pour ses amis du Pays Basque une balade landaise dans la région de Soustons où, paraît-il, il y a un menhir particulier à découvrir. Si en plus le côté historique s'en mêle, c'est une randonnée à ne pas manquer."

Ce dimanche là, j'étais le guide officiel d'un groupe de randonnée de cadors basques

Hélas arrivés devant la place où était fiché le fameux menhir en bronze de François Mitterrand, notre clin d'œil historique ne fit pas un tabac. Des yeux ébahis, étonnés voire scandalisés de mes basques préférés me lancèrent des regards qui en disaient long ! Ils n'appréciaient fort peu de découvrir un François Mitterrand tout bronzé, ce célèbre double vainqueur du grand prix de l’Elysée de 1981 et de1988,.

J’avais encaissé le camouflet sans rien dire. En voulant faire un trait d'humour, j’avais oublié que le "basque" n'est pas une spécialité arendtienne du Politis en général ! Seuls Peio et Maurice s'étaient amusé de cette gentille blague d'origine gasconne.

La pluie et la longueur du parcours, (34 km sur un terrain sablonneux au départ de Vieux-Boucau), avaient douché l'enthousiasme de mes montagnards basques peu habitués aux bosses sablonneuses landaises. 

  • Mon GR préféré, le 8, j'y tenais 

Le long d'un courant discret, les balises rouge et blanches de l'ancien GR 8 jalonnaient les berges du lac de Soustons.

Je délaissais la voie du matte-cul qui se niche dans le secteur des Montagnottes, lui préférant la route jusqu'au pont de Labarthe qui me permettait de traverser le courant de Soustons

Je voulais découvrir des endroits secrets de la rive droite. Et pour se faire, je délaissais l'historique Latché. Plus loin un ancien balisage azuréen validait ce choix audacieux pour un piètre géographe de mon acabit, et je tombais pile-poil à l'endroit que j'avais ciblé sur la carte.

De retour vers le civilisé touristique, je ne reconnaissais plus les berges du lac du côté d'Azur. Et le GR 8 avait été englouti sous des tonnes de bois des mobil-homes. Je sais, il faut vivre avec son temps. Je notais tout de même la remarquable piste cyclable, le long de la petite route qui ceinture l'étang. De jolis petits ponts en bois enjambaient ça et là les petits Couts qui déversaient leur trop plein dans le lac. 

Comme je commençais à avoir faim, je doublais Malakoff pour m'arrêter à la base nautique de Laurens car je savais qu'une table en bois m'attendait.

  • Un peu plus loin j'atteignais la Pointe des Vergnes
    p1470165

Je photographiais des écureuils qui devaient certainement terminer le Terra Aventura.

Je me posais pour admirer le paysage grandiose du lac mais aussi pour rembobiner mes souvenirs !

Lors d'une fête du Modef, le syndicat des agriculteurs Landais, je tenais le stand des Francas en compagnie d'une sommité de cette association qui avait un petit air de Jean Ferrat. Maurice Testemale, le grand copain et camarade de Coco !

Lors d'une autre fête, j'avais délaissé le stand des Francas pour participer au concours de pétanque avec Le Tut'Hélas, ayant abusé de l'excellent vin de Pouillon, j'ai malheureusement loupé ma finale. Et chaque fois que je croise Jacques (Le Tut'), il me rappelle ce mauvais souvenir car nous étions largement favoris !

Arès avoir refermé la boîte à souvenirs, photographié les écureuils qui visiblement n'avaient toujours pas trouvé le QR Code du Terra Aventura, je devais à présent me concentrer pour trouver la fameuse gare que j'avais loupé à l'aller !

Après avoir tourné et retourné autour de mon point, tracé sur la carte IGN, j'ai fini par la photographier. C'est ici donc ici devant l'ancienne gare de Soustons que s'achèvent les trois balades du Matte-cul en Maremne ! 

Pour ceux qui découvrent ces petits territoires landais, je conseille la lecture du livre de Jean-Jacques Taillentou "Petite Histoire des Landes" qui permet d'appréhender la très riche histoire des Landes et la conjonction de tous ces petits pays comme la Maremne et le Marensin

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.