L'impossible neutralité : pacifisme ou violence guerrière ?

Voici un titre arrangé à la sauce "Howard Zinn" pour introduire ce dernier billet consacré au pacifisme. En effet l'ancien pilote du B-17 qui avait bombardé Royan, en était revenu des guerres justes ou autres arnaques marquetées par ces assoiffés de pouvoir. Et ce n'est pas la pandémie actuelle qui freine les ventes d'armes, bien au contraire.

Le virus meurtrier de la guerre inoculé par les puissances coloniales et/ou impérialistes consiste à pérenniser les  massacres afin de faire tourner dans le bon sens, le cycle économique vertueux de l’industrie de guerre ! 

J'allai vérifier cette sordide évidence sur le terrain, là où quelques soldats parmi les 10 à 12 millions de tués étaient morts pour rien. Leur espace-temps vital avait été réduit en bouillie entre 1914 et 1918 par des militaires aux ordres des capitalistes pour être figé en une sinistre collection de croix blanches posées dans les cimetières de l'absurde !

Pour ceux qui ignorent tout de ces massacres, j'ai remis en ligne le premier billet que j'avais consacré à la boucherie industrielle de 1914 à 1918 en zoomant sur les massacres du chemin des Dames, les crimes des fusillés par hasard à Vingré au coeur du département de l'Aisne.

https://blogs.mediapart.fr/marc-etxeberria-lanz/blog/200420/une-reclusienne-au-bas-de-laisne

Le pacifisme étudié sur le terrain de l'oublié ! 

Pour éclairer l’idée même du pacifisme, j'ai posté cette photo prise avec Jean-Mi sur un sommet enneigé de la montagne basque. 

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Ce jour-là, je débutai ma dernière enquête sur la bataille dite de la Marne au départ de Chauconin- Neufmontiers. Pour cela, je devais traverser les plaines cultivées de la Seine et Marne avant de finir mon périple pédestre le long des méandres d'une Marne afin apaisée.

Après avoir quitté Chauconin- Neufmontiers, je me dirigeai vers Villeroy car j'avais l'intention de m'arrêter devant le mémorial Charles Péguy. En effet, le lieutenant Péguy fut fauché "comme les blés" par les mitrailleuses allemandes postées sur la butte de Monthyon le 5 septembre 1914

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À mon humble avis, le lieutenant Charles Péguy commençait déjà à perdre la boussole car le solide dreyfusard des jeunes années était devenu un banal patriote "catho".

Voici un court extrait d'une de ces poésies prémonitoires qui est gravée sur une plaque su mémorial. 

« Heureux ceux qui sont morts dans les grandes batailles 

Couchés dessus le sol à la face de Dieu (…)

Heureux ceux qui sont morts dans une juste guerre

Heureux les épis mûrs et les blés moissonnés »

Ce samedi fatidique, il reçut une balle en pleine tête. Et si je connaissais le dreyfusard, j'ignorais tout du poète. 

Aujourd’hui il est considéré comme un demi-dieu. Ses disciples ont dessiné  un pèlerinage d’une distance de  94 kilomètres que les nouveaux fidèles ou les lassés du chemin de Saint Jacques peuvent effectuer en 3 ou 4 étapes entre Lozère (Essonne) et Chartres. 

Puis je m'attardai sur la plaque de lave gravée où étaient représentées les batailles du 5 septembre.

Là, j’évaluai  la distance qui séparait le monument de la butte de Monthyon pour me rendre compte que les soldats affublés de pantalons garance fort seyants étaient déjà passés dans un autre monde lorsqu’ils montaient à l’assaut vers les lignes allemandes ! Ces pauvres suaires colorés ne pouvaient que se faire dézinguer lorsqu'il traversaient à découvert ces immensités !

Et si Joffre s’amusait à jouer au chat et à la souris avec la première armée allemande emmenée par le monstrueux Von Kluck, le pioupiou lui était un simple pantin déguisé en fantassin qui aurait mieux fait de mettre "crosse en l’air " pour ramasser les feuilles mortes à la pelle sur la butte puisque les blés avaient déjà été fauchés dans la morne plaine !

Car  de tout à temps à jamais tous ces généraux n’ont jamais reculé devant aucune infamie ou stupidité pour envoyer au casse-pipe tout ce qu'ils avaient sous la main ! Et ça continue encore et encore avec Tempête du désert d'hier et la Blanche Hermine et les sept belettes de demain ! 

J’ai toujours pensé que ces badernes galonnées qui insultent l’histoire populaire de France, n’étaient que des criminels légaux dont les infâmes statues ou noms de rue n’existent que pour mieux sacraliser leur forfaiture humanitaire ! 

Je traversai en paix ce terrain si paisible à présent que les canons avaient été évacués, avant de retrouver le tracé du parcours de la brigade marocaine pour remonter le bois du télégraphe de Penchard ! 

Eh oui ! la brigade marocaine était embarquée de force dans une guerre entre puissances impérialistes qui ne concernait en rien ces colonisés venus se battre pour un pays qui les méprisait ! 

Des Maures au service de racistes contre les pas-mieux uhlans de l'empereur à casque à pointe qui ne l’étaient pas moins ! On se serait cru dans un film d’horreur et pourtant ce fut bien une réalité.

Et si pour célébrer toute cette folie détestable nous allions en visite guidée aux Invalides pour mesurer le palmarès en vie humaines de ces stars méprisant l’hominidé paysan, ouvrier et encore plus le colonisé ! Même l’instituteur Théophile Maupas n’avait pas trouvé grâce aux yeux du général "Ravaillac" qui, rappelons-le, deviendra grand officier de la Légion d'honneur pour crimes rendus à la patrie !

Bien sûr si j'étais président de la République, j'honorerai d'autres bouchers célèbres : celui des Hurlus par exemple qui vaut bien ceux de la Marne et de la Somme ; le célèbre spécialiste de la Force noire (confère son monument  si vous crapahutez près de Villers-Cotterêts en forêt de Retz). Ajoutons d'autres bouchers comme celui de Saint Pée sur le chemin des dames, le même sur la voie sacrée, accompagné de la future pointure du fascisme international ! 

Mais comme je ne serai jamais président de la République, je resterai à jamais un invalide de la non-pensée totalisante ou un mauvais esprit internationaliste, citoyen du monde qui fiche de tous les oriflammes patriotiques ou religieux y compris les noirs ou les rouges et même les rouge et noirs !   

Ce qui m’a toujours frappé lors de ces randonnées picardes et franciliennes sur les pas de la soldatesque, c’est la quiétude des lieux, la paisibilité de ces grandes traversées silencieuses, les bords de Marne, de l’Ourcq et de son canal.

Je repensai à tous ces morts pour rien lorsque le bruit d'un avion me sortit de ma réflexion cauchemardesque. Et si c'était mon ami le comte de Lisboa  qui me survolait ?

Le comte de Lisboa Le comte de Lisboa
Mais avant d’en avoir le cœur net, j’explorai le bois de Penchard à la recherche des derniers témoignages de l’effroi. Là, j’étais parti pour photographier une stèle, et je tombai sur une immense croix sans intérêt. Comme par hasard les massacres militaires furent systématiquement accompagnés de dévotions à retardement.

Pour finir ma randonnée de l'effroi, je pénétrai dans le cimetière où le croissant avait supplanté la croix sur les tombes. J'en déduisis que la mort ne choisissait pas sa religion.

De retour au village, je pouvais lire sur une dernière stèle : « À la mémoire des soldats de la brigade marocaine qui ont combattu en ces lieux le 5 septembre 1914 »

Fin de cette histoire car pour le reste, j’ai toujours été étonné de la facile justification de ces massacres par les hommes politiques y compris les socialistes de l'époque ! Et j'ai même entendu des professeurs oser me parler de philosophie.

Pourtant dès l’âge de 17 ans, le fils de prolos et d’espingouin avait honte de leurs discours de professeurs de la servitude intellectuelle !

Car comment peut-on justifier ontologiquement 10 à 12 millions de morts inutiles ? Pour moi ce ne furent que des déserteurs peureux pourtant assermentés. Je le dis et je le répète, le seul professeur sérieux que j’ai rencontré fut Jean Mi.

Or Jean Mi n’est ni un anarchiste, ni un théologien de l’absurde, ni un falsificateur cathodique rémunéré par un capitaliste pour vomir des âneries, c'est un authentique pacifiste qui a éclairé ma lanterne.

Jean M, un pacifiste certifié en philosophie reclusienne Jean M, un pacifiste certifié en philosophie reclusienne
C’est aussi un extraordinaire historien même s’il s’en défend et un excellent politologue capable d’expliquer de façon très pédagogique les sujets qu’il connait parfaitement comme Marinaleda, ce village andalou spécialisé dans des réalités utopistes libertaires ou qui lui tiennent à cœur comme l’Amérique du Sud !

Merci Jean Mi car grâce  à tes leçons, j’ai enfin admis que le niveau de conscience d’un individu fluctue en fonction de la mesure de conditionnement et de son corollaire, son niveau d’asservissement. Cet état ne pouvant évoluer qu’en fonction de la relation à l’autre, de la rencontre, certainement pas d’un gavage quelconque fut-il dispensé par un formidable théologien !    

Visite chez les de Lisboa 

Pour respirer un bon coup après cette dernière balade sur les champs de bataille de 14-18, je roulai vers le château des comtes de Lisboa car je voulais savoir si l’avion que j’avais aperçu était piloté par mon camarade-ami ?

Une précision importante : tous les nobles ne sont pas des tordus. Regardez le prince Kropotkine par exemple !

Moi-même, j'appartiens à la vieille noblesse basque même si aujourd’hui j’évite de le divulguer depuis que mon identité racine a retrouvé un ADN commun et populaire grâce à la finesse gasconne qui a supplanté mon ancienne étroitesse sclérosante d’un Euzkadi pipoté.

Et les Lisboa sont des gens de bien, pas de peu certes, mais surtout des gens très biens !  

C'est la comtesse Éloïse déguisée en prolétaire, un pinceau à la main, qui vint m'ouvrir. Surprenant tableau que je mis un petit moment à assimiler. Elle m’invita à rentrer le temps qu’elle se change. Là, je découvris le comte Giovanni de Lisboa confortablement installé dans un canapé de cuir très classe. Monsieur me confirma que c'était bien son avion qui m'avait survolé.

Attention ! le comte est une personne d’une incroyable sérénité mais qui peut prendre la mouche si  on le cherche en particulier sur son sujet de prédilection : la télévision !

La conversation glissa naturellement vers son sujet préféré : l'aviation. Non ce n'est pas le seul qui l'intéresse, je précise ce point pour Sandra que j'entends déjà rire lorsqu’elle lira ses lignes. Car le comte est aussi un sacré bricoleur. En revanche au niveau vin ce n'est pas le top ! Lorsqu’il avait invité toute la bande au château, il nous avait ouvert du Gevrey-Chambertin ! Surpris par la piètre qualité du breuvage acheté à un ami, j'ai cru que je buvais de l'Irouléguy déclassé.

Un Chato aux couleurs de la République espagnole Un Chato aux couleurs de la République espagnole
Giovanni prit la parole au moment où la comtesse Éloïse revint avec  l'apéritif :

« Pour tes amis de l'ACER, Nicolas et Georges, je t'ai préparé un dossier complet. Car figure-toi que c'est ici même à l’aéroport de Meaux-Esbly que les aviateurs de la République espagnole ont été entraînés ! Il me semble que je te l'avais déjà dit.  Mais comme tu es persuadé que je ne fais voler que les bourges Meldes, tu n'as pas écouté comme d’habitude.

− Si, si je m'en souviens car juste après, tu m'avais dit qu'il y existait une relation historique méconnue entre la CGT et l'aviation dans des aéroports bien typés.

− Exact parce que je te rappelle que c'est grâce à notre comité central géré par la  CGT que les prolétaires ont eu la possibilité de pouvoir voler s’ils le souhaitaient. Même si  je dois te l’avouer, ça n'a pas toujours été compris par nos instances fédérales !

− Et moi qui pensais que tu les entrainais pour faciliter la Révolution future !

− Non ça je sais que la Révolution est le domaine réservé de zèbres de ton espèce ! Pour redevenir sérieux, les pilotes espagnols ont été formés sur des Potez 60 et non sur des Iliouchine ! Tu m’avais tellement étonné lorsque tu m’avais sorti le nom de cet avion soviétique !

− Tiens en évoquant mon Maître ès Pacifisme, Jean Mi, je t’avais dit qu’il avait des origines italiennes comme toi ! Quand tu penses que cet avion, l’Iliouchine, avait mené ce jeune communiste prometteur jusqu’au tombeau glacé de Vlad I, où il avait été se recueillir ! Impressionnant rebond de l’histoire lorsque tu sais qu’aujourd’hui deux de ses petits-enfants ont des origines russes ! C’est fort ! 

Montage d'après le fond de l'Université d'Alicante sur les pilotes de l'Espagne républicaine Montage d'après le fond de l'Université d'Alicante sur les pilotes de l'Espagne républicaine
Nous trinquâmes aux aviateurs républicains et aux russes qui les avaient accompagnés en Espagne. Puis avant de partir, Giovanni me demanda de trouver une date de libre pour voler en compagnie  de notre béarnais préféré. 

De retour à Villepinte, j’étudiai le dossier complet qu'il avait préparé à attention de Nico et de Jordi, grâce au livre : 1936 – 1937 Les pilotes républicains espagnols d’Alain Graton.

Parmi ceux qui ont été formés sur l’aérodrome cher au comte de Lisboa, j’ai retenu cet aviateur : Laureano Sapiña Martín car j’ai pu reconstituer son itinéraire grâce à un complément de recherches sur le net via l’Université d’Alicante et la camp de Gurs :

Laureano Sapiña (né le 24.11.1912 à Teruel) fut élève pilote  à Esbly entre les mois d' avril et juillet 1937. Il avait alors 24 ans.

Il sera intégré  à la 4e Escadrille de Chatos ; le Chato étant le nom donné au chasseur I-15. Je précise ce point pour mes camarades de l’ACER, car le Polikarpov I-16, lui, était appelé le Mosca  (ou la mouche en français).

Le sergent Sapiña Martín devint chef de patrouille à la 3e Escadrille de Chatos avant de revenir en janvier 1939 à la 4e Escadrille jusqu'à la fin de la guerre.

Enfin comme de nombreux pilotes républicains à la fin du massacre fasciste international en Espagne, il sera interné au camp de Gurs.

Un survol bien pacifique des champs de bataille en compagnie d'Eric, Giovanni et Howard Zinn  

Le rebond suivant que nous eûmes tant de mal à finaliser eut lieu lorsque Eric aux commandes de l'avion décolla en suivant les conseils de l'instructeur préféré des descendants des Meldes.

Dans un premier temps nous survolâmes leur capitale Lantinium avant d’explorer les alentours. 

À l'arrière, j’avais tout le temps de prendre en photos les terrains où se déroulèrent les inutiles batailles de l'Ourcq, de la Marne et  de l’Aisne. Des milliers d'hommes étaient morts au cœur de ces paysages féeriques pour la plus grande joie des capitalistes banquiers et des marchands de canon qui avaient eu le temps de verser à leurs descendants leurs rentes accumulées. Car il ne faut jamais oublier que la transmission de la valeur détournée via l’héritage est un rouage pérennisé du système capitaliste. 

Puis je m‘attardai sur les conséquences militaires du délire icaro-dédalien, lorsque l'homme avait voulu imiter le vol ascendant du vautour fauve. C’est lorsque Eric toucha la piste de Coulommiers avant remettre les gaz que me vint l’idée de solliciter le plus grand spécialiste  du sujet Howard Zinn pour comprendre cette absurde conversion de l’aviation au crime !

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Pendant qu'Eric pilotait parfaitement, j’appelai le spécialiste Howard Zinn à la barre. Dans son livre L'impossible neutralité, il nous dit :

« Le bombardement de Royan suggérait également d'autres raisons : la dynamique d'une machine militaire emportée par son élan ; la volonté de ne pas « gâcher » un projet dans lequel on a investi autant d'argent, de temps et de talents ; la tentation d'essayer une nouvelle arme et le froid mépris pour la vie humaine qui caractérise les temps de guerre ; l'usage de tous les moyens disponibles − même les plus atroces −, dès lors qu'on croit fermement à la noblesse de sa cause. »

(…)

« Hiroshima et Royan sont les éléments déterminants de ma remise en cause progressive de ce que j'avais tout d'abord accepté sans réticence :  la parfaite légitimité morale de la guerre contre le fascisme. »

Et je conclurai par cette dernière remarque de Zinn

« Aucune guerre de l'ère moderne n'a été aussi unanimement considéré comme véritablement juste. L'ennemi fasciste fournissait une si parfaite caricature du mauvais qu'on ne pouvait guère douter de notre cause. Les fascistes étaient si évidemment les « sales types » de cette histoire alors que nous en étions forcément les « braves types »»

Je me souviens que lorsque nous étions des gosses, on nous emmenait le 11 novembre devant le monument aux morts pour saluer de braves types morts pour rien ! Et c'était l'instit qui réglait le conditionnement futur pour une prochaine guerre. Et pourtant cet instit-là était socialiste.

On ne m'avait jamais parlé de Yvetot, de Lecoin ou d'autres pacifistes. En revanche les généraux massacreurs de l'inutile, je connaissais leur nom par cœur.

Toujours à l'arrière pendant que je faisais fonctionner à plein le Lumix, (j'ai perdu toutes ces photos que j’avais collées sur un disque dur externe et Giovanni ne les retrouve pas non plus !), je repensai à une autre leçon d’Howard Zinn qui avait une vision différente de l’enseignement de l’histoire :

« Lorsque j’enseigne, je ne cache jamais mes opinions politiques : je hais la guerre et le militarisme, l’inégalité raciale me scandalise, je crois en un socialisme démocratique, en une répartition équitable et raisonnable des richesses mondiales. J’exprime clairement mon horreur de toute politique d’intimidation : celle des grandes nations sur les plus faibles, des États sur les citoyens, des employeurs sur les employés, ou de quiconque − qu’il soit de droite ou de gauche –  qui penserait détenir le monopole de la vérité. » 

Toujours sur principe de l'éducation, je profite de ce dernier billet sur le pacifisme pour remercier tous ces anonymes qui m'ont tant apporté. Ce sont des gens ordinaires pour les élites de cette république bourgeoise qui dispense de la pensée rétrécie, sans intérêt, en sacralisant les vainqueurs tout en méprisant le troupeau dont elle incultive la réflexion pour mieux assurer sa place en haut du pavois.

J'ai eu la chance de croiser la route de ces extraordinaires ignorés pour vivre plus de 50 années apaisées grâce à cette autre éducation qui m'a ouvert les écoutilles d'un pacifisme humaniste.

Alors pour clore ce billet, je vais solliciter un auteur que j'ai toujours considéré bien plus important que tous les peintres ou les pimpims  de la bourgeoisie qu’on m’avait obligé d'étudier pour suivre une scolarité classique des représentants de cette classe de parvenus que ces sales hypocrites appellent Éducation nationale. Alors que ces ministres devraient revendiquer le titre de ministres de la Soumission Nationale aux capitalistes bénis qui les rémunèrent  à juste titre !  

André Franquin 

C'est homme qui avait créé Gaston Lagaffe était un génie. Et aussi un pacifiste forcené, la preuve :

Pour saluer Franquin ! Pour saluer Franquin !
Une dernière que je file à Manu si un jour le Versaillais avec son Galiffet préféré se décide à visiter Craonne. Pour une fois il sera au courant d'une autre histoire puisque les deux personnages furent deux célèbres premiers de cordée comme il les aime en 1914 et 1918 !

Voici la fameuse rencontre au milieu de deux marais chauds que l'histoire arrangée a oubliée entre  le vieux généralissime qui après avoir bien marné fut écarté du commandement général à cause d'une bête crise de goutte de sang et son remplaçant de retour sur le devant de la scène après avoir gommé quelques erreurs passées :  

Ferdinand à Jo : Qu’est-ce que tu vas faire à présent que tu as le temps ?

Jo à Ferdinand : Je vais planter de l’ail !   

Ferdinand à Jo : De l’ail dans l’Aisne ?

Jo à Ferdinand : Bé oui c’est connu j’ai appris ça à l’école de guerre : comment cultiver les champs d'ail de l’Aisne. C'était une leçon qui portait sur les sorciers et en particulier sur Pierre de Lacre qui avait réussi à chasser toutes les Sorginak du royaume de France grâce  à l'ail !    

Pour terminer, après un très long somme, Jo repensait à son échec malgré tous les morts qu'il avait empilés, l'ail des ours n'avait même pas poussé dans l'Aisne ! Encore une erreur ! Une de plus ! Une de trop qui ne lui interdira de prendre le chemin des dames en avril 1917 lorsque le général Putain balança cinq pets sur Nivelle pour mieux estourbir le mutin de Pangée ! 

 

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