Bayonne la contrastée

Certains affirment que c'est une ville basque, d'autres qu'elle est gasconne, enfin les derniers précisent qu'elle juive ou cosmopolite. Bref Bayonne n'a jamais su où elle habitait !

Tout ce qui va suivre n'est qu'un ressenti !

L'évaluation d'une atmosphère.

Je ne juge pas, ne critique pas, je déambule.

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Lorsque j'évoque la ville, je reste neutre, nuancé car je n'ai pas envie de me brouiller avec mon ami Txema.

Finalement Bayonne, je la connais très peu même si je l'ai arpentée de long en large en 1976 et 1977.

Parfois des trombes d'eau m'accompagnaient du cours du comte de Cabarrus jusqu'à la gare.

Ou de la gare au fin fond de Marracq.

Je me souviens d'une traversée ou j'ai tordu mon béret avant de le mettre à sécher en arrivant au buffet de la gare.

Mais sinon Bayonne est une très belle ville !

Exposition : Hugo Pratt au DIDAM à Bayonne Exposition : Hugo Pratt au DIDAM à Bayonne

Aujourd'hui parfaitement streetartée à tel point que sa lointaine voisine la dacquoise à l'œil noir s'est mise à la page pour l'imiter.

Une ville moderne qui réserve son lustre aux classes favorisées, me semble-t-il.

Quant à l'abesrstaléisme de Bayonne, il m'indiffère !

Ville intrigante parfois.

L'autre samedi, on manifestait avec Jean Mi et Jojo et d'autres contre cette plaie humanitaire que d'aucuns appellent le fascisme, les plus consensuels l'Exclusion Nationale, ou contre pour être plus explicites contre ces décervelés du front de la haine qu'ils ont d'eux mêmes et forcément de l'autre.

Et basta !

Donc la manif contre les fachos, ce fut un flop !

Jojo chante "Ma France" de Ferrat, rien à voir avec celle de Vichy du maréchal Putain ! Jojo chante "Ma France" de Ferrat, rien à voir avec celle de Vichy du maréchal Putain !

Dès le départ de la manif, Jean-Mi je l'avais casé avec une vieille "insoumise" pour qu'ils tchatchent ensemble de ce temps évaporé cher au lamberto-socialo à la mode de chez nous !

Lorsque nous défilions sans nous défiler même si le défilé était maigre, je regardais  ces  jeunes Bayonnais se concentrer sur le futur match qu'ils allaient perdre contre leurs voisins biarrots !

C'est ainsi.

C'est Raf, mon neveu qui m'a expliqué le monde d'aujourd'hui. L'individualisme, le sport, la réalisation de son être !

Jean Mi, son père, était dépassé. Comme moi.

Nous vivions des choses d'autrefois.

J'admets.

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Quelques jours plus tard après la balade des pas perdus, en ce premier dimanche du mois de juillet,  ma petite basquaise m'avait dit de me bouger le popotin pour me rendre à la gare de Bayonne dès potron-minet afin d'assister à une cérémonie consacrée au Réseau Comète.

Comme d'habitude à Bayonne la pluie s'était invitée pour accueillir les trois pelés et deux  tondus qui assistaient à la cérémonie !

J'avais mis un tee-shirt de l'ACER pour affirmer mes convictions historiques.

Et j'ai bien fait puisque cela m'a permis de rencontrer un historien absolument exceptionnel qui m'a raconté un tas de choses et que j'ignorais sur l'histoire de Bayonne.

Un historien XXL qui m'a donné ses coordonnées. 

Il allait m'envoyer la synthèse de tout ce qu'il m'avait dévoilé. 

(Un jour plus tard, je recevais tous ces dossiers), c'est dire le sérieux de cet inconnu à présent connu !

Encore du pain sur la planche historique à venir pour étudier le tout !

Puis je suis allé voir Dominique Aguerre du Réseau Comète afin qu'il me donne quelques précisions sur certains passages qu'il nous reste à parcourir.

Vraiment sympa cette rencontre.

Merci messieurs.

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 Et là je me suis fait un petit plaisir en traversant le Petit Bayonne.

Seul dans la ville !

Clin d'œil facile au fantastique livre de Hans Fallada.

Je n'ai pas fait de photos car la pluie qui avait redoublé, m'en a empêché.

C'était drôle de voir ces rues et ruelles m'abandonner le terrain à mes souvenirs.

Petit Bayonne Petit Bayonne
Il y a plus de quarante ans, je pénétrais ici-même chez Zabal.

J'achetais un 33 tours d'Imanol et un autre de Guk.

Et je réglais mes achats à Maïté Idirin la brillante chanteuse qui tenait la boutique en ce temps-là !

Puis je m'éloignais pour passer devant le bar où on allait.

J'ai longtemps cru que mon nom Etxeberria-Lanz serait un sésame pour pouvoir philosopher sur le Pays basque !

Je dis bien sur le Pays basque et non sur un Euzkadi 1936 ressuscité !

Peine perdu, trop de handicap !

Pour eux, les "Herriko Men", j'étais certes un croque-maïs mais surtout un marxiste !

Marx trop compliqué pour ces adeptes du basique : "Si tu n'es pas avec moi, tu es contre moi !" 

Amen ! 

Evangile selon saint glinglin ou autre faribole qui va bien à la désespérance basque ou la fameuse boucle de la mélancolie !

Dans leur imaginé restrictif, ils m'avaient versé du côté de Tubal alors qu'ils pensaient être du côté d'Aitor !

Alors qu'à mon sens c'était exactement le contraire puisque j'ai toujours été athée dès l'âge de raison.

Je rappelle que Tubal est le fils légendaire de Japhet et le petit-fils du légendaire Noé  

J'ai joué de malchance aussi car le basque n'était pas à la mode.

Le cours avait été annulé faute de participants !

Pourtant le sieur Verdun avait mené une nouvelle bataille pour que cela se fasse.

Hélas la voie sacrée actuelle n'allait se révéler que bien plus tard.

C'était mort pour moi Bayonne !

Gora Euzkadi !

Askatasuna 1937 !

Gernika !

Avant garde éclairée avec des œillères nationalistes.

Basques de l'intérieur des terres !

Et c'est sur cette dernière image de grisaille que j'ai définitivement tourné la page.

Le fleuve volé  par les bayonnais : l'Adour ! Le fleuve volé par les bayonnais : l'Adour !
Et j'ai poursuivi ma balade en paix car cette la ville est la solitude même ! 

C'est pour ça que j'adore la parcourir, la découvrir encore et toujours seul, j'en apprécie d'autant sa sociabilité ! 

Et lorsque je suis rentré, je me suis dit que Bayonne était vraiment une ville fantastique.

Adishatz Bayonne !

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