Marc Jamous (avatar)

Marc Jamous

Concepteur multimédia, perdu dans cette situation de confinement, je me dis que tout témoignage aura un rôle un jour.

Abonné·e de Mediapart

51 Billets

0 Édition

Billet de blog 16 avril 2020

Marc Jamous (avatar)

Marc Jamous

Concepteur multimédia, perdu dans cette situation de confinement, je me dis que tout témoignage aura un rôle un jour.

Abonné·e de Mediapart

Lundimanche, mardimanche, mercredimanche...

Une phrase de mon plus jeune fils aujourd'hui : on est déjà jeudimanche, je pensais que nous n'étions que mardimanche !

Marc Jamous (avatar)

Marc Jamous

Concepteur multimédia, perdu dans cette situation de confinement, je me dis que tout témoignage aura un rôle un jour.

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

C'est vrai que pour nous, qui avons la chance de travailler à la maison, les jours se ressemblent. Pourtant, le week-end, on essaie de s'arrêter, de faire autre chose. Mais l'air extérieur nous manque, le fait de se promener sans but, sans devoir avoir l'air de pratiquer une activité : faire les courses, une marche rapide, une visite à un parent non-autonome.

Aujourd'hui, comme hier, le nombre total de personnes hospitalisées en France pour le Covid 19 a baissé. Toutes les personnels soignants, aidants doivent souffler un peu. Sans doute trop peu, mais on se dit que le pire, la crainte du pire non encore arrivé, est derrière nous. Finalement, le système sanitaire français va permettre de soigner le plus de malades, sans faire de tri. Nous sommes rassurés. Il ne s'en est fallu de pas beaucoup. 

Qu'en est-il des EHPAD et établissements associés, où la situation est moins connue ? 16 585 cas confirmés, 31 925 cas probables. Cela signifie qu'en France, nous avons 15 000 anciens qui présentent des signes nets de Covid 19, mais qui n'ont pas été testés. La moitié des cas probables ! C'est énorme. Et on commence à faire des plans de déconfinement.

Aujourd'hui, Benoît Hamon a publié une tribune dans le Monde. Il écrit notamment :

Les héros de notre époque ne sont soudain plus les jeunes gens issus des grandes écoles, priés de devenir des millionnaires décomplexés, mais une foule d’anonymes, payés entre un et deux smics, aides-soignantes, infirmières, éboueurs, caissières, logisticiens, chauffeurs-livreurs, fonctionnaires de catégorie B et C qui, chaque jour, chaque nuit, se lèvent, travaillent, tombent malades pour nous transporter, nous nourrir, nous alimenter en énergie, en Internet et nous soigner.

Ceux-là même dont les gouvernements successifs ont facilité le licenciement, dégradé les conditions de travail, bloqué l’évolution des salaires, retardé le départ à la retraite sont ceux qui tiennent le pays debout et que l’on envoie « à la guerre » en les payant, jusqu’à présent, uniquement de mots et d’applaudissements pour leur héroïsme ordinaire.

Je retrouve dans la tribune son intelligence et la fine analyse habituelles. On s'est moqué de son score médiocre à la dernière présidentielle, mais il était, à mon avis, le candidat qui proposait la vision du monde la plus intéressante et la plus innovante, dans le bon sens du terme. Quel dommage qu'il n'ait pas su se démarquer physiquement avec la même intensité des autres candidats. Son costume identique à Macron, Fillon l'a rendu comme les autres pour beaucoup d'électeurs. Mais peut-on être honteux d'un faible score électoral dans une période où on a vu la victoire de Trump, Boris Johnson, Jair Bolsonaro, Matteo Salvini, Viktor Orban et même Emmanuel Macron, qui s'est révélé être bien peu différent de Sarkozy, Fillon et Hollande. Non, le temps n'est pas aux beaux vainqueurs.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.