Bardella emploi caché : vers une nouvelle affaire Fillon ?

Le 18 avril 2019, le site Challenges révélait que la tête de liste FN aux européennes, Jordan Bardella, avait caché son passé d'assistant parlementaire en 2015. Pourquoi ? Qu'à t'il à se reprocher ? Va t'on vers une nouvelle affaire Fillon ?

Le nom de Jordan Bardella apparaît sur un listing de 2017 transmis à la justice et évaluant le préjudice subi par le Parlement européen "du fait d’un usage irrégulier de l’indemnité d’assistance parlementaire"

En effet, en 2015 Jordan Bardella a été l’assistant parlementaire de l’eurodéputé RN, Jean-François Jalkh, à mi-temps pour un coût total de 10.444 euros aux frais des contribuables européens. Jean-François Jalkh, adorateur de Pétain, est mis en examen pour « escroqueries, abus de confiance et acceptation par un parti politique d'un financement provenant d'une personne morale ». Il est poursuivi en tant que secrétaire général de Jeanne, un micro-parti, dirigé par des personnalités proches de Marine Le Pen, qui fait lui-même l’objet d’une mise en examen en tant que personne morale. Il est le premier haut cadre du FN à être inquiété dans cette affaire. Les juges ordonnent, en octobre 2016 son renvoi devant le tribunal correctionnel.

Il est également cité dans l'affaire de la politique d'embauche des assistants parlementaires de Jean Marie Le pen Ce dernier, alors eurodéputé, aurait employé Jean-François Jalkh sans pour autant pouvoir prouver un quelconque travail d'assistance. Le parlement européen réclame à Le Pen le remboursement des 320 000 € pour emploi fictif.

Le parlement européen a Jordan Bardella dans le viseur. Son nom apparaît sur un listing daté du 25 avril 2017, pour lesquels elle soupçonne "un usage irrégulier de l’indemnité". Un document qui a été transmis à la justice française et répertorie 54 contrats d’assistants parlementaires pour un préjudice total estimé à 6,8 millions d’euros. Le Parlement tiquait en particulier sur le fait que l’assistant était aussi secrétaire départemental du FN en Seine-Saint-Denis et "chargé de mission" au pôle veille et prospective du Front national, devenu Rassemblement national. Or, le règlement de l’hémicycle européen est strict : les frais d’assistance parlementaire ne peuvent pas financer "directement ou indirectement" un parti politique national.

Autre fait troublant : début 2015, le supérieur hiérarchique direct de Jordan Bardella sur l'organigramme du parti n’est autre que Loup Viallet, lui-même suspecté d’avoir été un emploi fictif du Parlement européen et poursuivi pour recel d’abus de confiance depuis l’été 2017. A la fois assistant de l’eurodéputée Dominique Bilde et délégué national à la prospective du FN, ce dernier a reconnu devant les policiers "une ambiguïté" entre ses deux fonctions et qu’il travaillait aussi "pour le parti". Il faut dire que la plongée des enquêteurs dans son ordinateur a montré que la quasi-totalité de ses mails étaient signés "délégué à la prospective" et ne faisait jamais référence à sa fonction d’assistant.

En attendant la justice, Jordan Bardella est toujours tête de liste aux européennes.

Source : Challenges 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

L'auteur a choisi de fermer cet article aux commentaires.