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Le Club de Mediapart lun. 26 sept. 2016 26/9/2016 Dernière édition

Les sciences, de A comme autonomie à Z comme Zététique : D comme Démocratie

La science et la démocratie, vaste question. On peut dire que la science est démocratique en ce qu’elle ne reconnait pas « l’argument d’autorité » à l’intérieur de son champ d’intervention, que tous et toutes doivent prouver et argumenter leurs découvertes, et que tous les chercheurs sont sur un plan d’égalité sur le plan des « droits » (mais pas nécessairement des moyens, de l’influence, et donc de la possibilité de porter une question comme intéressante).

La science et la démocratie, vaste question. On peut dire que la science est démocratique en ce qu’elle ne reconnait pas « l’argument d’autorité » à l’intérieur de son champ d’intervention, que tous et toutes doivent prouver et argumenter leurs découvertes, et que tous les chercheurs sont sur un plan d’égalité sur le plan des « droits » (mais pas nécessairement des moyens, de l’influence, et donc de la possibilité de porter une question comme intéressante). Le fait que la constitution des « sciences modernes » l’ai été en même temps que la montée des revendications démocratiques, et qu’elle ait participé aux « lumières » jetées sur notre horizon humain sont aussi deux arguments qui semblent indiquer une congruence entre idéaux semblables (sur le plan de la Raison)

Pourtant, l’exigence insistante à « faire entrer les sciences en démocratie » montre que cette homologie n’est pas si naturelle qu’on le prétend, et que la science est aujourd’hui sommée de participer aux discussions et aux disputes qui sont le sel de toute vie démocratique véritable.

Que signifie alors ce « faire entrer les sciences en démocratie » ? Le nombre d’électrons tournant autour d’un noyau va-t-il faire l’objet d’un vote ? Discutera t on au sénat ou à l’assemblée nationale pour savoir laquelle des théories concurrentes censées participer à l’unification des théorèmes physiques fondamentaux sera choisie ? Verra t on le centre défendre le modèle sandard, tandis que le Front de Gauche guerroiera sur la Théorie du tout ?

Evidemment, ces spéculations n’ont qu’un rôle anecdotique visant un effet comique ou servent de dernier argument cherchant à tourner en dérision les prétentions de « démocratiser les sciences »

La question centrale de la « démocratisation des sciences » n’est en effet pas d’intervenir sur le contenu des sciences, mais de revendiquer le fait que les sciences ne servent pas de dernier argument servant à clore le débat sur toute décision technico scientifique. En effet les sciences n’ont aucune valeur « morales », elles ne peuvent en aucun cas donner à l’innovation technique leur aura, qui est celle de la vérité. Elles peuvent tout au plus éclairer quelques points obscurs controversés, mais elles peuvent également les obscurcir.

On voit bien comment les sciences sont manipulées, faussées, instrumentalisées dans de nombreux dossier (le nucléaire, les ogm, l’importance des causes qui tiennent au milieu dans l’explosion de certains cancer, le danger des portables, etc.) où elles sont données comme la justification suprême de choix politiques et économiques qui sont de toute façon décidés par d’autres.

La première exigence concernant ces choix est la transparence. Or si les scientifiques (dans certaines limites) font preuve entre eux d’une certaine transparence, il n’en est pas de même vis-à-vis du « grand public » où la raison scientifique invoque les dangers d’incompréhension et d’interprétation « sauvage » pour recourir aux vertus du secret et de la discrétion.

Une autre nécessité fréquemment rencontrée est la prise en compte de la « sensibilité » propre du public, de ses « raisons d’agir ». Or les sciences servent fréquemment à les disqualifier sous prétexte de leur irrationalité, de ce qui les qualifie de savoirs naïfs et crédules, toujours au risque de la charlatanerie…

Devant la montée des méfiances, des expériences ont été tentées qui recouraient soit à de la contre expertise (ce qui a été utilisé par les malades du sida pour lutter contre une certaine conception du secret médical dont ils s’estimaient victimes) ou sous la forme de « forums hybrides » qui rassemblent chercheurs, associations concernées et particuliers. Mais aucune de ces solutions n’est parfaitement satisfaisante.

Le problème de la démocratie reste donc ouvert. Il ne pourra se résoudre que si les scientifiques prennent également conscience de leurs responsabilités.

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Quand je dis que ça peut être dangereux, je ne par le pas dans le milieu scientifique mais dans le reste de la société parce que nos politiques ils entendent que ce qu'ils veulent bien entendre

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L'auteur

Marc Tertre

Education populaire (science et techniques), luttes diverses et variées (celles ci qui imposent de "commencer à penser contre soi même") et musiques bruitistes de toutes origines
Ma ville : Partout où ça manifeste - Mon pays : La Terre