Ligue 1 : un match interrompu à cause de chants et banderoles jugés homophobes

L’homophobie est en train de gagner du terrain dans les stades français. Nice - Marseille n’a pas échappé à ce mouvement qui souffle sur le championnat français ces temps-ci. Une nouvelle fois depuis ce début de saison en Ligue 1, une rencontre est interrompue par le corps arbitral, pour des chants et banderoles à caractère discriminatoire et homophobe.

Aiglons et phocéens disputaient la 28e minute quand l'arbitre Clément Turpin a stoppé temporairement la partie après plusieurs alertes du speaker. Deux banderoles qui émanaient des tribunes sur lesquelles on pouvait lire : Bienvenue au groupe Ineos (qui vient de racheter le club azuréen, ndlr) : à Nice aussi on aime la pédale et LFP/instance : des parcages plein pour des stades plus gay. À chaque fois, les termes pédale et gay ont été écrits aux couleurs du drapeau LGBT. Ces messages avaient été précédés à la 17e minute de chants à caractère homophobe : Les Marseillais, c'est des pé... suivi de La Ligue, la Ligue, on t'enc... La France du football et du monde politique n’a pas tardé à réagir. Pour certains, on peut parler d’homophobie et le contraire pour d’autres.

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Clément Turpin félicité par Marlène Schiappa

Des strictes mesures ont été données aux arbitres de la part des autorités françaises afin de lutter contre l’homophobie dans les stades. Ils ont pour objectif d’arrêter les matchs, brièvement puis définitivement, en cas de chants, actes ou banderoles discriminatoires dans les stades. L’application de cette mesure sème toutefois le doute en ce mois d’août, comme le démontre l’interruption du match entre Nice et Marseille ce mercredi soir. Clément Turpin a renvoyé tout le monde au vestiaire pendant 10 minutes après des chants contre la LFP « La Ligue, la Ligue, on t’encule », et des banderoles qui jouaient sur les mots : « des stades plus gays », plus loin il sera complimenté par Marlène schiappa.

« Bravo à l’arbitre Clément Turpin dont on connaît l’engagement pour le respect dans le foot d’avoir interrompu le match #OGCNOM alors que malgré plusieurs demandes de retrait une banderole homophobe salit les tribunes. Le foot est une question de passion pas de haine ! », a lancé la secrétaire d’état chargée de la lutte contre les discriminations. Bien évidemment, les réponses ont été gratinées, de nombreux intervenants estimant que les banderoles n’avaient rien d’homophobes, et que cela relevait surtout de la démagogie de taper une nouvelle fois sur le football pour pas cher. D’autres ont demandé à Marlène Schiappa si, pour marquer un grand coup dans la lutte contre l’homophobie, la France allait aussi interrompre ses relations commerciales avec des pays ouvertement homophobes…

La ministre des sports avait exprimé son malaise en fréquentant ces antres mal famés que sont les tribunes de supporters, lesquelles tranchent évidemment avec l’ambiance feutrée des piscines olympiques. Nicole Belloubet et Marlène Schiappa ont dit, l’une qu’il fallait réprimer ces chants, et l’autre elle-même fan de football, qu’elle quitterait désormais les stades si l’on venait à lui chatouiller ses oreilles.

Deux matchs de Ligue 1 ont été brièvement interrompus ce week-end en raison de chants injurieux visant la LFP. Les arbitres Hakim Ben El Hadj et Amaury Delerue ont pris cette décision lors des rencontres Brest-Reims (1-0) et Monaco-Nîmes (2-2), comptant pour la troisième journée du championnat de France.

Les réactions des joueurs

« On ne va pas arrêter le match dès qu'il y a des débiles qui agissent », a souligné le milieu niçois Wylan Cyprien au micro de Canal+. « Je suis contre toute forme de discrimination, l'homophobie ou le racisme, mais il ne faut pas arrêter les matches pour aussi peu. C'est ridicule. Ça n'a rien à voir avec le jeu et en plus ce ne sont pas des propos envers les personnes gays. » Depuis le printemps dernier, le règlement de l'UEFA permet désormais d'interrompre un match en cas d'injures à caractère raciste ou homophobe. « Moi, je m’amuse à aller au stade depuis tout gamin et j’entendais déjà ce type de chants de supporters. Ce n’est pas pour autant que c’est homophobe. Bien sûr, on est contre les insultes. Mais comme je l’ai dit : faire la police à chaque match va être très compliqué. Et à mon avis, il va y avoir beaucoup de matchs arrêtés » ajoute Lees- Melou un autre niçois.

« Je comprends totalement les arbitres. Il faut marquer le coup et que ça cesse. Le stade est sensé être un endroit festif et de plaisir », a réagi le gardien marseillais Steve Mandanda, reconnaissant toutefois que cela rendait les choses plus compliquées sur le terrain. « Quant à nous, les joueurs, ce genre d'interruption est toujours compliquée. C'est toujours difficile » le mercredi 28 août, la Commission a jugé uniquement les dossiers déjà ouverts sur ce sujet lors des journées précédentes de Ligue 1 et Ligue 2 en occurrence dix rencontres.

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