Pour un féminisme raisonnable

L'essayiste Carolin Emcke plaide pour un féminisme raisonnable.

 

Dans son dernier livre, Quand je dis oui…, Carolin Emcke réfléchit sur la question des violences faites aux femmes, notamment les abus sexuels, et sur leurs causes. Si elle déplore le silence des victimes, qui a longtemps entouré ces violences, elle en fait un des responsables de ces agressions. Si les agressions ont eu lieu, c'est aussi parce qu'elles étaient tues : « [Les] voiles rhétoriques rendent possible ce qu’ils prétendent empêcher », écrit-elle. 

Heureusement, les choses ont changé aujourd'hui. Le mouvement #MeToo a libéré la parole des victimes. Est-ce que cela suffira à réduire les cas de violences sexuelles faites aux femmes ? Sans doute pas. Car les causes du mal sont multiples. Les mentalités doivent évoluer sur de nombreux sujets, à commencer par celui de l’égalité des sexes, dans un monde qui reste dominé par les hommes, et les "droits" que confère le pouvoir. Le désir féminin doit aussi s'exprimer plus ouvertement.

Carolin Emcke revient aussi sur les obstacles que rencontrent les révendications égalitaires des femmes. On reproche à ce féminisme, pourtant raisonnable, son ton moralisateur. Pourtant, les droits que revendiquent les femmes vont de soi : ce sont des droits naturels. La difficulté est de les revendiquer sans brusquer les hommes. Le féminisme doit s'interroger sur la forme qu'il revêt, plus que sur le fond de ses revendications. 

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