Sauver les océans

Les océans sont pollués par l'activité humaine. Ils représentent pourtant une source majeure d'énergie renouvelable et de ressources naturelles. Leur valeur environnementale est énorme. L’Institut océanographique de Monaco, en récompensant Ban Ki Moon et Lisa A. Levin, nous rappellent l'urgence d'une action en faveur des milieux marins.

Depuis 1948, l’Institut océanographique de Monaco récompense les personnes, qui par leurs actions, sensibilisent à la protection et à la gestion durable des milieux marins. Les deux lauréats de cette année, ont reçu hier leur médaille des mains du Prince Albert, lors d’une cérémonie qui se déroulait au Musée océanographique. l’Institut océanographique .

Les travaux de ces lauréats nous rappellent que les océans sont confrontés à de nombreuses menaces auxquelles on ne peut apporter une réponse immédiate. Beaucoup d'activités humaines, de la combustion des sources d'énergie fossile à la surpêche, constituent une menace pour les océans. En augmentant l'absorption de gaz carbonique, le réchauffement climatique acidifie les océans et diminue l'oxygène qui y est dissous, ce qui porte atteinte, voire tue, la vie marine. La fonte des calottes glaciaires entraîne une élévation du niveau des mers et des océans, ce qui menace la vie de centaines de millions de personnes habitant près des côtes.

Par ailleurs, en raison de l'absence d'un nombre suffisant de stations d'épuration modernes, notamment en Afrique, les eaux usées charriant une grande quantité de plastique et de toxines se déversent directement dans les rivières et les canaux et aboutissent dans les océans. Or, les océans absorbent 20 à 30 % des émissions de CO2 d'origine humaine. Ils produisent plus de la moitié de l'oxygène de la planète et transportent la chaleur de l'équateur vers les pôles, ce qui permet une régulation climatique. Leur rôle et leur valeur sont donc inestimables.

Les tonnes d'ordures abandonnées chaque jour dans les rues, les terrains vagues, les rivières, les plages et les zones côtières finissent elles aussi dans les océans. Beaucoup de ces produits, par exemple les sacs et les bouteilles d'eau en plastique, comportent des produits chimiques dangereux absorbés par les poissons. Finalement ils arrivent dans l'organisme des consommateurs de poisson, ce qui pose tout un éventail de problèmes de santé publique.

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Les solutions pour répondre à ces défis sont connues. Mais résoudre ces problèmes exige une coopération à tous les niveaux et de nouvelles ressources. Nous ne pouvons pas nous contenter de restaurer les côtes érodées tout en nous préparant à la hausse du niveau des océans et aux événements météorologiques extrêmes. Nous devons réprimer sévèrement la pêche illégale, financer la recherche, construire des navires à faible émission de CO2 et développer une pêche durable.

Pour éviter que le plastique et d'autres déchets toxiques ne parviennent dans les rivières ou dans les océans, nous devons adopter une meilleure stratégie de récupération du plastique, développer l'utilisation des emballages réutilisables et les perfectionner, améliorer le traitement des eaux usées et la gestion de l'eau de pluie. La plus grande partie du plastique qui aboutit dans les océans provient d'ordures abandonnées dans les zones côtières ou à proximité des rivières par les 2 milliards de personnes qui vivent dans des lieux où n'existe pas de service de ramassage des ordures. Quelque 90 % du plastique charrié par des rivières jusqu'à l'océan provient de seulement 10 pays, pour la plupart asiatiques ou africains.

Il faut aussi une évolution des mentalités. Il ne faut pas considérer le sauvetage des océans comme un problème secondaire. Plus de 3 milliards de personnes dépendent des océans pour gagner leur vie. Les ressources que l'on en tire et les industries côtières contribuent à hauteur de 3.000 milliards (5 % du PIB mondial) à l'économie mondiale et constituent un énorme réservoir potentiel de croissance, de création d'emplois et d'innovation.

Les océans sont aussi une source majeure d'énergie renouvelable et de ressources naturelles. Leur valeur environnementale est énorme. Depuis les années 1980, ils absorbent 20 à 30 % des émissions de CO2 d'origine humaine. Ils produisent plus de la moitié de l'oxygène de la planète et transportent la chaleur de l'équateur vers les pôles, ce qui permet une régulation climatique.

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