Immigration et identité : les leçons de Claude Lévi-Strauss

Dans “Race et Histoire”, Claude Lévi-Strauss remplace le mot race par celui de civilisation.

Dans "Race et histoire", Claude Lévi-Strauss explique comment chaque civilisation a tendance à se penser comme la seule représentante de l'humanité. Ainsi, de nombreuses tribus étudiées par l'ethnologue se désignent elles-mêmes pa un mot qui signifie "hommes". Cette mise en contexte ethnologique permet de dénoncer cette tendance d'une civilisation à se penser elle-même comme la seule civilisation qui soit ou qui vaille : il s'agit là seulement d'ethnocentrisme.

A l'heure où l'immigration fait peur à un nombre croissant de personnes, il faut relire “Race et Histoire” pour en retenir ses leçons de tolérance. La conférence donnée par Lévi-Strauss nous rappelle que l'humanité est diverse et que les discours qui ont tendance à donner la priorité à une culture par rapport aux autres sont des illusions générées par l’ignorance de la diversité ethnique.

Mais la tolérance de l'Autre ne signifie pas renoncer à son identité propre. Nier son identité, ce serait faire preuve du même aveuglement que celui de l'ethnocentrisme. Nous avons tous une identité culturelle bien sûr. Le propos de Lévi-Strauss, c'est qu'il ne faut pas placer sa culture au centre d'une hiérarchie des cultures. Certes, toutes les cultures ont tendance à se considérer comme centrales. Mais, justement, l'analyse ethnologique montre que c'est un "réflexe" de toute culture, un a priori qui précéde l'analyse. Un préjugé. 

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