Le GIEC a dévoilé son rapport (alarmant) sur les océans

104 scientifiques ont participé au rapport sur les mers et les glaces réalisé par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), qui a été révélé le 25 septembre 2019 à Monaco. Les conclusions du rapport sont préoccupantes.

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Le rapport confirme que les océans vont continuer à se réchauffer, à s’acidifier et que le niveau des eaux va continuer de monter. Dans le précédent rapport publié en 2013, le maximum était de 98 centimètres, avec un scénario de fortes émissions de CO2. Mais dans ce rapport, si on ne fait pas d’efforts pour suivre un scénario compatible avec l’accord de Paris, il y aura une élévation du niveau de la mer qui pourrait aller jusqu’à 1,10 mètre par rapport à la période pré-industrielle. Cette révision à la hausse s’explique en partie parce que le rapport de 2013 n’avait pas anticipé que le Groenland allait fondre aussi vite et accélérer l’augmentation du niveau de la mer. Pour 2300, les projections prévoient une élévation du niveau de la mer jusqu’à 5 mètres.

On a donc très peu d’incertitudes sur le réchauffement, l’acidification, sur la diminution de l’oxygène ou sur l’élévation du niveau de la mer. Les conséquences de ces changements sur l’écosystème, les organismes marins et les sociétés humaines sont moins certaines. Mais il y a des tendances qui sont déjà observées aujourd’hui. Par exemple, le réchauffement conduit à deux conséquences. D’abord la mortalité massive d’organismes, comme les coraux dont beaucoup sont morts en 2016 et 2017. En Méditerranée, en 2003, on a aussi eu une importante mortalité de coraux sur les côtes françaises. Le rapport prévoit que la fréquence des canicules marines va augmenter d’un facteur 20 d’ici 2100, si on suit un scénario vertueux. Cette fréquence va augmenter d’un facteur 50 d’ici 2100 si on suit un scénario à forte émission de CO2.

La deuxième conséquence concerne une redistribution générale des organismes qui sont mobiles. Ils se déplaceront vers les pôles, vers l’hémisphère nord et vers l’hémisphère sud, de manière à rester dans des températures dans lesquelles ils sont confortables. Cela aura pour effet d’appauvrir la zone intertropicale. Du coup, il y aura d’énormes conséquences pour la pêche dans cette zone. Il y aura quelques gagnants : les pays du nord, comme l’Islande, le Groenland et la Norvège, qui vont voir arriver dans leurs eaux des poissons qui n’existaient pas auparavant, ou qui existaient, mais en faible abondance.

Concernant la Méditerranée, le rapport ne va pas dans le détail sur ce qu’il se passerait localement. Il reste à une échelle globale. Les aspects « régionaux » restent larges, puisque ce rapport évoque par exemple l’Atlantique nord ou la zone Caraïbe, donc des régions qui sont vastes. Mais les conclusions sur le réchauffement, l’acidification, la perte d’oxygène et l’augmentation du niveau de la mer sont aussi valables en Méditerranée. Pour beaucoup de paramètres, la Méditerranée est plus affectée que le reste des mers et océans, car c’est une mer fermée.

En montagne, la perte de masse des glaciers est préoccupante. Nous n’avons pas beaucoup de glaciers dans la région sud, mais plusieurs sont suivis dans les Hautes-Alpes, comme le glacier Blanc par exemple. Ces glaciers ont reculé et ils vont continuer à reculer. Les roches qui sont jumelées dégèlent, ce qui peut créer des avalanches, des éboulements et créer des dangers supplémentaires. Seulement 24 stations de ski seront viables dans les Alpes françaises d’ici 2100, en raison du manque d’enneigement. Mais aussi en raison du fait que les stations s’équipent de plus en plus de canons à neige, ce qui va leur coûter de plus en plus cher en eau et en énergie. Du coup, les autorités locales pourraient décider d’arrêter de subventionner ces stations parce que ce sera très coûteux et problématique pour l’environnement. Car cela consomme énormément en termes d’eau.

Face à ces constats, il faudrait réduire les émissions de gaz à effet de serre , car elles constituent le moteur du changement climatique. Un rapport du GIEC d’octobre 2018 parlait d’une diminution de 50 % des émissions de CO2 d’ici 2050 et un arrêt total des émissions de CO2 d’ici la fin du siècle. Quand on parle d’arrêt total, cela signifie que l’on peut continuer à émettre du CO2, mais il faut récupérer du CO2 qui est dans l’atmosphère, de manière à ne pas augmenter cette concentration.

 

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