Formule 1 : le Monégasque Charles Leclerc remplace Kimi Räikkönen chez Ferrari

Kimi Räikkönen (38 ans) quittera Ferrari à la fin de la saison 2018, a annoncé mardi 12 septembre la mythique écurie italienne. Il sera remplacé en 2019 par le Monégasque Charles Leclerc, 20 ans.

Le jeune prodige monégasque n'a passé qu'une seule saison en Formule 1, au sein de l'écurie suisse Alfa-Romeo Sauber. Pourtant, en 2019, il fera bien partie de la Scuderia Ferrari, qui l'a choisi pour occuper le baquet laissé vacant par Kimi Räikkönen. Ce dernier rejoint la même écurie Sauber, a averti hier cette dernière, où le Finlandais a fait ses débuts en Formule 1 en 2001.

« Pendant toutes ces années, la contribution de Kimi à l'équipe (...) a été fondamentale », a déclaré Maurizio Arrivabene, le directeur sportif de la Scuderia. « Il a joué un rôle décisif dans la croissance de l'équipe et a toujours eu l'esprit d'équipe. Il restera à jamais dans l'histoire de la famille Ferrari », a-t-il ajouté. Celui qu'on surnomme « Iceman » a en effet un beau palmarès : vainqueur de 20 Grands Prix, il a grimpé à Monza, début septembre, sur son 100e podium, après avoir obtenu sa 18e pole position.

Charles Leclerc, pour sa part, ne peut actuellement qu'aspirer à une telle carrière. Mais ce volant Ferrari dont Leclerc « l’éclair » rêvait depuis l'enfance, cette monoplace portant l'emblème légendaire du « cavallino rampante », il les tient enfin : « Les rêves deviennent réalité », a déclaré le jeune ambassadeur de la Principauté sur son compte Twitter, avant de confesser : « je serai éternellement reconnaissant à Ferrari pour l'opportunité donnée. » Dans son message, le Monégasque a voulu aussi remercier quelques personnes chères : « Je travaillerai plus que jamais pour ne pas vous décevoir », a promis Leclerc, pensant notamment à « Nicolas Todt (son agent), qui m'a soutenu » et à « ma famille », en particulier son père aujourd'hui disparu, Hervé. Enfin, il n'a pas oublié de saluer Jules Bianchi, l'ancien pilote de F1, mort en 2015 des suites de son accident au Grand Prix du Japon, qui était un ami d'enfance et un soutien de Charles Leclerc lors de ses premières années dans le sport automobile : « A Jules, merci pour toutes les choses que tu m'as apprises, nous ne t'oublierons jamais ».

L’ascension de l’étoile filante de la Ferrari Driver Academy n’en finit plus de sidérer… Couronné champion du GP3 Series en 2016 et du GP2 Series en 2017, Leclerc attendait il y a encore douze mois une titularisation chez Sauber qui lui tendait les bras. Aujourd’hui, il succède à des grands noms de la course automobile tels que Alberto Ascari, Juan Manuel Fangio, Niki Lauda, Alain Prost et Michael Schumacher. En 2019, il sera le coéquipier de Sebastian Vettel et prendra la relève d’une figure du paddock, Kimi Räikkönen, champion du monde de Formule 1 en 2007. Désormais pilote d’élite, il peut légitimement nourrir de grandes ambitions. Il devrait négocier son premier virage dans l’habit de lumière rouge le 17 mars 2019 prochain à Melbourne, sur la grille de départ du Grand Prix d’Australie.

Le quotidien italien La Gazzetta dello Sport avait annoncé dès juin dernier la signature d’un contrat de deux ans entre Ferrari et le débutant, qui s’était fait remarquer cette première saison : 6e à Bakou, 9e en Autriche, 10e à Barcelone, à Montréal et au Castellet. Le décès cet été de Sergio Marchionne, alors président de Ferrari et fervent admirateur de Leclerc, avait néanmoins remis en cause cette signature. On voyait déjà le jeune champion rempiler dans les rangs de l’écurie suisse ou chez Haas. Pourtant, après avoir vu le Monégasque briller récemment au Grand Prix d’Italie, John Elkann, le nouveau patron du cheval cabré, s’est décidé à recruter la pépite du Rocher.

Après l'annonce de la promotion de Charles Leclerc, le prince Albert-II a tenu mardi à saluer la trajectoire de ce « garçon à la personnalité très attachante », « proche et disponible avec les Monégasques », dont il perçoit une « détermination » sans faille « à donner raison à ceux qui ont cru en lui ». Le prince Albert II a aussi exprimé la fierté de toute la Principauté : « Je suis bien entendu ravi, comme tout le monde en Principauté. Je dois vous avouer que je le savais depuis quelques jours, puisque Charles a eu la gentillesse de m’appeler alors que j’étais en Chine pour me prévenir que c’était imminent. J’ai beaucoup apprécié le fait qu’il me l’annonce lui-même et que je ne sois pas surpris d’apprendre ça par les médias. »

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