L'innovation permanente

La technologie progresse sans cesse, et ce à un rythme de plus en plus rapide,

Nos sociétés sont condamnées à l’innovation permanente. Tous les Etats investissent, peu ou prou, dans la recherche et le développement, car, à l'heure de la mondialisation, la compétitivité technologique d'une nation par rapport à ses concurrentes n'a jamais été aussi importante. Le pays qui n'aura pas développé une maîtrise technologique poussée de l'intelligence artificielle, de la numérisation ou d'Internet sera demain écrasé par ceux qui, comme la Chine, auront investi des milliards pour être à la pointe dans ces domaines.

Où en est la France dans cette course à l'innovation ? L’innovation suscite des résistances dans l'hexagone. Car l'innovation est destructrice. L'apparition de nouvelles technologies rend obsolètes les technologies qui les ont précédées, ainsi que les emplois qui reposent sur ces technologies. Dans un article précédent, j'avais évoqué le cas d'Uber. On voit bien, dans le cas d'Uber, comment une application mobile a suffi à rendre obsolète toute une industrie, celle des compagnies de taxi. Or, en France, les syndicats sont encore forts et les mouvements de révolte populaires ou corporatistes sont rendus possibles par une législation et des institutions démocratiques qui fonctionnent relativement bien. Les résistances au changement sont donc puissants. 

Sur un plan psychologique, on peut dire que l'innovation fait peur aux Français. Non seulement elle menace des emplois, mais elle angoisse les salariés des emplois qu'elle crée. Car les nouvelles technologies évoluent elles-même. On n'en a jamais fini de maîtriser une technologie. Vous devez donc sans cesse apprendre et vous renouveler, de peur d'être dépassé un jour par les progrès de cette même technologie qui a fait votre succès. La course à l'innovation ne laisse place à aucun répit possible.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.