Jean Castellini fait un bilan de la saison touristique monégasque 2018

Jean Castellini. ministre pour les Finances et l'Economie du gouvernement de la Principauté, s'est félicité des résultats obtenus par l'industrie hôtelière cette année. Le revenu moyen par chambre est en effet à la hausse, grâce notamment au tourisme d'affaires.

Le taux d’occupation est un indicateur clé du secteur de l’hôtellerie ou de l’hébergement de tourisme. Il exprime la part des chambres, logements et emplacements occupés sur une période ou une date donnée. Or, à Monaco, le taux d’occupation a été pendant la période estivale moins élevé qu'en 2015, année record : il s'est situé autour de 80%, avec une capacité hôtelière d'environ 3.000 chambres. Mais le conseiller de gouvernement s'est réjoui de la forte augmentation de deux autres chiffres : « Le prix moyen par chambre est en hausse de 7,3% de juin à août et le revenu moyen par chambre disponible à la vente en hausse de 6% ». Donc, même si le taux d’occupation a baissé par rapport à 2015, le revenu moyen par chambre disponible est passé de 360 à plus de 400 euros. « Le bilan est donc très favorable », a conclu le ministre. Pour comparaison, en 2017, les hôtels de la Principauté avaient estimé leur taux de remplissage de leurs 2.500 chambres au-delà des 85 % sur l’ensemble du mois d’août et à 78,72 % en juillet.

Le conseiller pour l’Economie et les Finances, qui occupe depuis 2012 le bureau laissé libre par Marco Piccinini, a insisté sur le rôle du tourisme d’affaire dans ces évolutions : « En juin, les nuitées du tourisme d’affaires ont été en hausse de 45 % sur un segment qui représente près d’un tiers du volume des chambres vendues à Monaco. On a un lissage de la saison. La clientèle affaires permet d’avoir une fréquentation à la hausse tout au long de l’année avec 700 événements par an. » Par exemple, ce mois-ci, les Rendez-vous de Septembre, le deuxième plus grand rassemblement du Rocher après le Grand prix de Formule 1, ont réuni 2.711 participants appartenant au monde de l'assurance et de la réassurance : un nombre record ! Monaco possède en effet de nombreux hôtels parfaitement adaptés pour recevoir meetings, conventions ou réunions. Pour les événements de grande ampleur, le Grimaldi Forum offre son espace de 36.000 m² entièrement modulable. Enfin, Monaco peut offrir de superbes lieux de gala, comme les caves ou la salle Empire de l’hôtel de Paris, le musée océanographique, la salle qui abrite la collection de voitures privées du Prince Albert, ou encore le jardin exotique.

Cependant, les commerçants du Larvotto ont subi une baisse de leur chiffres d’affaires, victimes notamment du projet d’extension du territoire de Monaco par la mer. Le projet, qui prévoit la construction de logements, d'équipements publics, d'un parking, d'un port d’animation, d'un parc végétalisé, d’une promenade littorale et d'un jardin japonais, rend en effet ce quartier de Monaco difficile d'accès et peu propice à la convivialité en raison des travaux. Une indemnisation des commerces concernés serait d'ailleurs envisagée, comme cela avait été le cas à la suite des travaux de la rue Caroline. En 2014, pendant plus de 7 mois, gérants de boutiques, riverains et restaurateurs de cette rue avaient dû cohabiter avec les marteaux-piqueurs et les camions de chantier. Le bruit, la poussière et les difficultés d'accès avaient fait fuir les touristes et les acheteurs potentiels, causant une chute vertigineuse du chiffre d’affaires chez les commerçants.

Jean Castellini a par ailleurs dévoilé quelques lignes des futurs aménagements du Larvotto, un projet conçu par un architecte de Monaco et qui devrait coûter 50 millions d'euros : « On envisage un Larvotto qui s’intègre bien avec le projet d’urbanisation en mer et qui reprendra le projet conçu par le grand architecte Renzo Piano mais qui, en même temps, correspond à ce que souhaitent la population et les exploitants de la plage. Il s’agit de faire des aménagements beaux mais raisonnables. Il faut que l’offre reste en phase avec ce que nous sommes, une ville-Etat, avec des gens de toutes les nationalités ». La réhabilitation du Larvotto sera donc une évolution, pas une révolution.

L’activité touristique avait été impactée négativement par l’attentat terroriste de Nice en juillet 2016. Les derniers résultats affichés par la période estivale sont donc rassurants. Les projets structurants qui affectent le Larvotto en ce moment devraient apporter à terme une forte valeur ajoutée et booster les secteurs-clés que sont le tourisme et l’immobilier.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.