Combat de boxe entre Kaaris et Booba : rien qu'un gros coup médiatique ?

Boxe thaï ou boxe anglaise, Kaaris a le choix du genre. Mais le combat aura-t-il lieu ? Les deux rappeurs veulent-ils seulement qu'il ait lieu ?

On se souvient de la bagarre qui a éclaté entre les deux rappeurs et anciens « amis » le 1er Août dernier dans un duty-free à l’aéroport d’Orly.

Booba et Kaaris en sont venus aux mains après de nombreux affrontements par réseaux sociaux interposés. Cette altercation leur a valu d’être entendus devant le tribunal correctionnel de Créteil et d’écoper des peines allant jusqu’à 18 mois d’emprisonnements avec sursis le 9 Octobre 2018, en plus d’une amande de 50 000 euros chacun.

Dès leur sortie de prison, les clashs ont repris, toujours par réseaux sociaux interposés. Pour en découdre une bonne fois pour toute, Booba n’a pas trouvé mieux que d’affronter en duel son désormais rival sur un ring de boxe. Les réactions se multiplient alors. Décryptage d’une situation qui relève plus des événements de cours de récréation en maternelle plus qu’autre chose.

Avec la reprise de leurs affrontements via Instagram et les autres médias sociaux, Booba lance à nouveau des piques à Kaaris par vidéo interposée. « Je suis prêt à le prendre sur un ring en boxe thaï ou boxe anglaise en 10 rounds. Gants de boxe ou de MMA au choix. Je suis sûr qu’on peut remplir Bercy les doigts dans le nez ! »

Kaaris va accepter de relever le défi, mais son adversaire l’oblige alors de faire une annonce publique. Ce à quoi, Kaaris répondra très vite  : « Je te propose un octogone (un combat d’une rare violence) sans arbitre, sans règle, je te brise les os. Le dopage sera interdit bien évidemment et ne viens pas à 12 cette fois !!! »

Le rendez-vous est donc pris pour un duel sur un ring. Kaaris ajoutera : « Ecoutez bien ce que je vais dire : j'ACCEPTE, je suis chaud ! T'as accepté mes règles alors ça va être avec mes règles, mes règles c'est qu'il y a pas de règles mais on va faire MMA avec ou sans arbitre je sais pas encore. Tous les coups seront permis ! »

Cependant, malgré l’enthousiasme que ce match de boxe suscite, il faut rester prudent quant à la possibilité ou non qu’il se tienne. Un tas d’aspects logistiques et techniques font qu'on peut douter sérieusement de la tenue de cet affrontement. La salle U Arena de Nanterre, où le combat est censé se tenir en avril, est très sollicitée et pourrait ne pas être disponible. Et les duellistes obtiendront-ils une licence fédérale, pour pouvoir combattre ainsi qu’ils le souhaitent ?

Alors s'agit-il d'un simple coup médiatique pour faire le buzz ? On n’en serait franchement pas surpris puisque les réseaux sociaux ont désormais décuplé la vitesse avec laquelle les informations sont traitées. Il y a une certaine époque, pour garder les feux des projecteurs sur soi il fallait s’en tenir à travailler dur ou sombrer dans de sombres travers et espérer ainsi des passages télés réguliers. Aujourd’hui, un simple tweet peut déclencher la frénésie des fans qui ont l’information e temps réel sur votre profil ou compte officiel. Les partages donnent de l’écho à une information qui pouvait au départ paraitre anodine.

Les deux protagonistes nous ont habitués à de tels gros coups de communication pour garder l’attention sur eux et leurs actualités respectives. On se rappelle comment, en 2015, les ventes de l’album « Futur » de Booba avait grimpé en flèche, plafonnant à plus de 180 000 exemplaires vendus alors qu’il se clashait dans les mêmes conditions avec ROHFF et La Fouine. ROHFF lui-même a vendu 100 000 copies de son P.D.R.G.

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Ce combat hypothétique inspire déjà beaucoup de commentaires. Ironique, le chanteur Vianney s'est dit prêt à affronter ses amis Big Flo et Oli. Maitre Gims quant à lui a tenu des propos plutôt responsables et moralisateurs depuis la bagarre d’Orly  : « C’était surprenant de voir une bagarre à Orly (…) Ce n’est pas des amis, je ne les connais pas personnellement. Encore une fois ça a mis un coup pour l’urbain, pour cet urbain qu’on essaie de sortir de là…L’urbain est la musique (…) la plus compliquée à défendre. Et à ramener sur les plateaux, parce que la musique urbaine fait peur. On a montré qu’on pouvait se battre dans un aéroport. C’est pour ça que je dis « on » parce que je fais partie de l’urbain et je suis concerné par ce qu’il s’est passé. Ça a pris cette ampleur car ça s’est passé dans un aéroport, public avec des familles. »

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