Affaire Besson : une plainte classée sans suite et une nouvelle enquête

Plus d'un an après le scandale Harvey Weinstein et plusieurs mois après les précédentes accusations pesant sur Luc Besson, le réalisateur du Cinquième Elément et plus récemment de Valérian et la Cité des Mille Planètes fait de nouveau l'objet d'accusations concernant des gestes déplacés ou des agressions sexuelles.

Producteur et scénariste français, Luc Besson est une des principales figures du cinéma français. En tant que réalisateur, il s'est démarqué avec les films Le Grand Bleu, Nikita ou encore Le Cinquième Elément (qui lui a valu un César du meilleur réalisateur en 1998). Mais, depuis 2018, suite au mouvement #BalanceTonPorc, plusieurs femmes l'accusent de harcèlement ou de violences sexuelles.

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En mai 2018, l’actrice Sand Van Roy, âgée de 27 ans en ce temps, a porté plainte pour viol contre Luc Besson, au lendemain d'un rendez-vous avec lui au Bristol, un célèbre palace parisien. La jeune femme, qui a également avoué avoir entretenu une relation intime avec lui pendant deux ans, se serait sentie obligée, compte tenu de leurs rapports professionnels, à avoir des rapports sexuels avec le réalisateur. De son côté, le cinéaste dément toute accusation via son avocat. Il serait tombé de sa chaise en apprenant la plainte. Bien qu’il ait reconnu voir cette comédienne de temps en temps, il assure ne l’avoir jamais droguée, ni violée.

Le 29 novembre 2018, Mediapart a mis sur la place publique une information selon laquelle cinq femmes auraient témoigné contre Luc Besson. Elles dénoncent toutes des gestes déplacés et des agressions sexuelles.

L'une des plaignantes a laissé entendre qu'elle aurait été droguée avant d'avoir eu des rapports sexuels avec le réalisateur. Les analyses toxicologiques de l’une ont étés communiquées. Interrogée par les policiers chargés de l'enquête, celle-ci aurait expliqué s'être sentie faible après avoir bu une tasse de thé dans un hôtel parisien avec le réalisateur. Elle aurait confié avoir aussi eu des absences durant toute cette soirée. Pourtant, les résultats des analyses toxicologiques se sont révélés négatifs. La substance toxique de type GHB, susceptible d’altérer son discernement, ne se trouvait dans l'organisme de la jeune femme. Ni l'accusé, ni l'avocate de la plaignante n'ont fait de commentaires sur le rapport toxicologique.

Durant l'enquête pour viol , les policiers ont également recueilli le témoignage d'un employé de l'hôtel, qui avait croisé la jeune femme quittant l'établissement. L'homme l'a décrite comme ne semblant ni affaiblie, ni vulnérable. Le dossier a été classé sans suite le lundi 25 février 2019.

Après neuf mois d’enquête, la plainte de l’actrice belgo-néerlandaise, Sand Van Roy, qui accusait Luc Besson de l’avoir violée à plusieurs reprises, a été elle aussi classée sans suite. Une annonce confirmée par l'avocat du réalisateur, Thierry Marembert, dans un communiqué à l’AFP. Me Marembert disait alors ceci : « Monsieur Luc Besson a pris acte avec satisfaction de la décision du procureur de la République de classer sans suite les accusations portées par Mme Sand Van Roy, qu'il a toujours formellement démenties ».

Thierry Marembert a continué d'expliquer qu'il n'a pas été «surpris» par le classement sans suite de l'affaire. «J'ai assisté à l'audition de M. Besson par les enquêteurs, à la confrontation avec la plaignante. Je ne suis pas surpris par cette décision et je salue le travail des enquêteurs qui sont minutieusement arrivés à cette conclusion. Cela a été long, notamment pour Luc Besson qui voyait son honneur mis en cause, mais la décision est incontestable», explique-t-il au Figaro.

Toujours selon son avocat, Luc Besson n'aurait pas l'intention - du moins pour l'instant - de porter plainte, en retour, contre Sand Van Roy. «Tout le monde le sait, Luc Besson est un homme très occupé. Aujourd'hui, il s'occupe énormément de ses studios et à ses films. Je pense que cette affaire a causé beaucoup de souffrance à beaucoup de monde et nous pensons que cela suffit comme cela.»

Dans la foulée de cette affaire, le parquet a confirmé lundi soir qu'une autre enquête avait été confiée le 21 février à la Direction de la police judiciaire (DPJ) sur des faits d'agression sexuelle à la suite d'un autre signalement contre Luc Besson « reçu la semaine dernière ». Les termes du signalement, qui porte sur des faits présumés survenus en 2002 - donc prescrits -, font l'objet de vérifications, a indiqué le parquet.

Un signalement révélé vendredi dernier par Mediapart, qui a publié la lettre d'une victime présumée, une actrice, au procureur de la République de Paris. Lors d'un rendez-vous avec le réalisateur à Paris pour évoquer un projet cinématographique. La victime présumée affirme que le cinéaste s'est « brusquement jeté sur elle » et qu'elle est parvenue à s'échapper.

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