Les ambitions de Louis Ducruet à l'AS Monaco

Neveu du Prince Albert et fils de Stéphanie de Monaco, Louis Ducruet affiche ses ambitions, à 26 ans, au sein du club monégasque.

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On le dit discret, assez loin pour l’instant des frasques qui ont souvent collé à la peau de la famille princière de Monaco. Mais Louis Ducruet n’avance pas masqué. Le neveu du prince Albert, fils de Stéphanie de Monaco et de son ex-garde du corps Daniel Ducruet, souhaite diriger un jour le club de son cœur. Il l’a même dit à « Point de vue », une publication spécialisée dans l’actualité des familles royales et du gotha.

« À 13 ans, je savais déjà ce que je voulais faire dans la vie : diriger un jour l’AS Monaco », déclarait-il dans l'entretien publié en novembre dernier dans le magazine. A l’époque, il était encore simple recruteur pour l’ASM. Depuis l’automne, l’ambition et le projet de Louis Ducruet ont encore pris une certaine épaisseur. Le voilà désormais « assistant du vice-président », le Russe Oleg Petrov, en poste depuis le départ de Vadim Vasilyev.

Passionné de football et diplômé d’une université américaine, le jeune homme officiait depuis 2015 au sein du service recrutement de l’ASM. D’abord sous la coupe bienveillante du directeur sportif Luis Campos, puis sous celle de Michael Emenalo. « C’est Louis qui a proposé ses services pour travailler dans ce métier, raconte Campos. Il m’a accompagné sur certains matchs. Je me souviens d’un jeune homme avec beaucoup d’envie et de passion, qui connaissait très bien le football et qui était déjà très professionnel. »

Sa spécialité ? L’Asie, une passion personnelle qu’il partage avec sa fiancée Marie Chevallier, qu’il épousera en juillet prochain. Et plus précisément le Japon, terre de foot méconnue où il a identifié l’an passé Naomichi Ueda, un défenseur central envoyé au Cercle Bruges, le club satellite de l’ASM. Car le jeune homme maîtrise la langue nippone : « C’est une langue magnifique, et je regrette de manquer de temps pour la pratiquer », confiait-il à Point de vue. « J’ai toujours eu une passion pour l’Asie, et pour le Japon en particulier, où j’ai déjà séjourné une dizaine de fois –la première fois en 2015, lorsque ma mère m’a offert un voyage d’un mois pour mon diplôme. Aujourd’hui, j’ai beaucoup d’amis là-bas. »

Début février, son début de carrière s’accélère. Louis Ducruet, 14e dans l’ordre de succession au trône, est promu « assistant du vice-président » du club. À l’époque, il s’agit encore de Vadim Vasilyev. L’ASM est alors en pleine tourmente. L’équipe de la principauté se débat dans la zone rouge et dix jours plus tôt, Thierry Henry a été licencié. La promotion spectaculaire de Louis Ducruet marque-t-elle la volonté de l'équipe dirigeante d'améliorer le dialogue avec la famille princière ? « Louis s’est peut-être senti instrumentalisé sur le moment mais il a aussi compris les perspectives que ce poste pouvait lui offrir, décode l’agent Jean-Marc Goiran, un observateur avisé de la principauté. Il prépare l’avenir en faisant l’apprentissage de la direction du club. »

Le jeune Ducruet reste toutefois à bonne distance du quotidien de l’équipe de Leonardo Jardim. Dimanche dernier, il n'était pas au Parc des Princes pour voir l'ASM affronter le PSG, mais en Asie. « Louis aime profondément son club, souffle Ludovic Giuly, désormais ambassadeur de l’ASM. Après, il ne faut pas croire que ça lui est tombé tout cuit juste parce qu’il est le neveu du prince. Il a mérité d’être là. »

Louis Ducruet aura fort à faire la saison prochaine pour redresser la situation sportive du club. L'ASM a raté sa saison en 2018-2019. Pourtant, le club a investi 138,20 millions d’euros en transferts lors de cette saison (cet été et cet hiver). Si on additionne les budgets de Caen, Guingamp, Dijon et Amiens de cette année, on arrive au même montant (135 millions d’euros au total) ! La recrue la plus chère a été le milieu russe, Aleksandr Golovin (30 millions d’euros), suivi de Benjamin Henrichs (20 millions d’euros) et du jeune Willem Geubbels (20 millions d’euros). Mais les résultats sportifs n'ont pas été ceux escomptés. A tel point que le club a viré ses deux entraîneurs, Leonardo Jardim en octobre (avant de le rappeler en janvier), puis Thierry Henry. L’ancien international français qui avait signé un contrat de trois ans pour un salaire approchant les 300 000 euros mensuels, serait parti avec un chèque de 9 à 11 millions d’euros. Ce montant fait mal à la trésorerie de Monaco, mais les dirigeants affirment que c’était le prix à payer pour éviter la relégation en Ligue 2, qui coûterait bien plus cher.

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