Woody Allen contre Amazon

Sur fond de fin de carrière apocalyptique, Woody Allen réclame 68 millions de dollars à Amazon.

C’est la descente aux enfers pour notre réalisateur américain, depuis l’affaire Weinstein. Le malaise s’installe de plus en plus autour de Woody Allen depuis 1992. Accusé de viol et harcèlement sexuel par ses enfants, une réputation dont le concerné a du mal à s’en défaire au vu des conséquences qui pèsent sur lui aujourd’hui. Sa fille adoptive Dylan Farrow a renouvelé ses accusations contre lui en 2018, et les nouvelles ne sont pas bonnes pour Woody Allen qui a perdu le soutien de plusieurs grandes figures de l’industrie du cinéma, et celui en date du géant d’internet Amazon. Notons que la relation entre Amazon et Woody Allen avait commencé avec café society en 2016, dont le studio avait acheté les droits, avant de produire et de distribuer Wonder Wheel en 2017, puis de signer un engagement pour quatre films supplémentaires. Mais Amazon vient d'attaquer en justice le réalisateur, lui reprochant d'avoir manqué aux obligations de leur contrat.

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Les faits reprochés sont la fin de leur engagement sur la base d’anciennes accusations d’abus sexuels visant le réalisateur, selon ses avocats. Le cinéaste réclame à cet effet, 68 millions de dollars de compensation au titre du contrat qui les liait et prévoyait la production et la distribution de quatre films. Woody Allen affirme qu’Amazon a cherché à mettre fin à l’engament qui liait les deux parties en juin et a refusé depuis, de lui verser les neuf millions de dollars prévus pour le financement du long-métrage depuis, de lui verser les neuf millions de dollars prévus pour le financement du long-métrage A Rainy Day in New York, déjà tourné. Le contrat prévoyait des enveloppes de 9,25 voire 25 millions de dollars pour les trois autres films, prévus en 2018,2019 et 2020, soit 68 millions au total.

A la suite des nouvelles accusations de la fille de Woody Allen, plusieurs actrices et acteurs qui ont travaillé avec lui ont coupé les ponts publiquement, en affirmant ne plus vouloir travailler avec ce dernier, l’exemple de Greta Gerwig. Greta Gerwig avait joué dans le film To Rome With Love en 2012, regrette cependant sa collaboration avec le réalisateur. Si elle avait su les accusations d’agressions sexuelles qui pèsent sur lui, elle n’aurait jamais accepté le rôle. La réalisatrice de Lady Bird, son premier film récompensé aux Golden Globes, a déclaré au New York Times qu’elle regrettait avoir travaillé avec Woody Allen pour le film To Rome With Love et qu’elle ne le referait plus. Dans un entretien accordé au journal américain, elle dit ceci  : si j’avais su ce que je sais maintenant, je n’aurais pas joué dans le film. Je n’ai plus travaillé pour lui depuis et je ne travaillerai plus pour lui.

Très affecté par les accusations de Dylan Farrow, la fille adoptive du réalisateur, Greta Gerwig déclare à nouveau  : ses deux articles m’ont fait me rendre compte que j’avais fait du mal à une femme, et ça m’a brisé le cœur. Ici, elle fait mention à la lettre ouverte de Dylan Farrow publiée dans le New York Times en 2014 dénonçant les abus de son père et de son récent coup de gueule dans les colonnes du Los Angeles Times sur l’impunité accordée au cinéaste dont un enquêteur du Washington Post a récemment révélé le goût obsessionnel de Woody Allen pour les jeunes femmes. Greta Gerwig fait preuve de remords, elle affirme  : J’ai grandi avec les films de Woody Allen, ils m’ont appris des choses en tant qu’artiste et je ne peux plus rien faire contre ça, mais je peux prendre des décisions différentes à partir de maintenant. Sa déclaration a été rapporté à la sœur de Ronan Farrow, personne à l’origine des scandaleuses révélations sur Harvey Weinstein. Dylan, Farrow a ainsi tenu à remercier l’actrice pour son soutien et son franc-parler dans un message publié sur son compte Twitter et le message disait  : Greta, merci pour ta voix. Merci pour tes mots. Sache qu’ils sont profondément entendus et acceptés.

Un enquêteur du Washington Post s’est procuré les archives personnelles du réalisateur entreposées depuis 1980 à Princeton. Selon le journaliste, toutes ses créations seraient marquées par une passion des adolescentes et une profonde vision misogyne. L’enquêteur du Washington Post, pour justifier ses conclusions prend l’exemple de nombreux pitchs de ses films, mettant en scène, le thème de la séduction entre un homme mûr et une adolescente, dont les héroïnes ont entre 17 et 21 ans.

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