AS Monaco : un modèle inspirant qui résiste à la tempête !

Le PSG domine la Ligue 1 de la tête et des épaules cette saison, ou encore depuis quelques saisons . Mais, s’il y a un modèle qui inspire en France ces dernières années, c’est bien celui de Monaco.

Le 23 décembre 2011, l’AS Monaco connaît un changement de main historique. Dmitry Rybolovlev devient président du club à 66 pour cent et promet d'injecter 200 Millions d'euros dans les caisses. Le nouveau dirigeant monégasque décide de mettre les moyens pour la saison suivante avec la venue du célèbre entraîneur italien, Claudio Ranieri. En plus des recrues hivernales de la saison passée, l'ASM engage le défenseur Andrea Raggi et un jeune attaquant argentin prometteur Lucas Ocampos. Fort de sa formation, avec des joueurs comme Layvin Kurzawa, Yannick Ferreira Carrasco et Valère Germain, les rouges et blancs remportent le titre de Ligue 2 et gagnent le droit de retrouver la Ligue 1.

Monaco fait un retour fracassant en Ligue 1, notamment avec son recrutement digne des plus grands d'Europe. À la surprise générale, le colombien Radamel Falcao, l'un des meilleurs attaquants du monde, arrive en principauté. Dans le même temps, le club du Rocher s'offre les internationaux João Moutinho, James Rodriguez, Jérémy Toulalan, Eric Abidal et Ricardo Carvalho. Malheureusement, Falcao se blesse gravement au genou peu après la trêve. Monaco le remplace par l'ancienne star de Manchester United, Dimitar Berbatov. L'émulsion de cet effectif de grande qualité porte l'équipe jusqu'à la seconde place, derrière le Paris Saint-Germain et son armada de stars. Monaco retrouve la Ligue des Champions après dix ans d'absence.

falcao2

La stratégie monégasque diffère des autres clubs de Ligue 1. Sur le Rocher, il s’agit toujours de dénicher des pépites en formation ou en post-formation, pour les revendre à prix d’or. Le PSG ne peut pas se permettre ce type de paris, il lui faut des top players, quitte à dépenser toujours plus. Pour ses achats, d’abord : la puissance financière du PSG peut lui permettre à peu près tout. Mais ces derniers temps, Paris a donné l’impression de mal cibler ses besoins, au contraire de Monaco, souvent précis. Le PSG doit pourtant aussi apprendre à vendre. Monaco s’en est fait une spécialité, en refourguant ses pépites à prix d’or : Bernardo Silva pour 50 millions d’euros, Anthony Martial pour 60 millions, Kylian Mbappé pour 180 millions… Pour rentrer dans les clous du fair-play financier, Paris ferait bien de s’en inspirer. En renforçant ses capacités de scouting. Même s’il est plus difficile de lancer un jeune au PSG qu’à l’ASM, l’émergence de Rabiot et Kimpembe et dans une moindre mesure celle de Nkunku, montre que Paris peut capitaliser sur ses jeunes, comme le fait si bien l’ASM. Mais tout le monde n’est pas Monaco.

À Monaco, Leonardo Jardim a su, pendant sa première saison, repartir de l’arrière pour stabiliser son équipe en fonction des joueurs disponibles. Il a su aussi utiliser tout son banc pour s’adapter aux évolutions de son équipe et changer son système. Au PSG, certains joueurs semblent au contraire encore sous-utilisés. Le cas Ben Arfa n'est pas une exception : on peut citer Meunier, excellent lorsqu’il joue mais souvent cantonné à un second rôle derrière Alves, ou Di Maria, dans la forme de sa vie mais non utilisé à l’aller face à Madrid.

L'ASM applique des recettes utilisées depuis plusieurs années par des clubs comme le Benfica Lisbonne et le FC Porto. Elles reposent sur une grosse prise de risque car ces équipes connaissent le talent des joueurs qu'ils vendent et leur prix sur le marché, mais elles n'ont évidemment pas l'assurance que leurs successeurs atteindront le même niveau et leur permettront de se qualifier en Ligue des champions. Or, participer à cette compétition est nécessaire pour leurs finances.

L'AS Monaco est l’un des monuments du football français. Ce club a écrit l’une des plus belles pages de l’histoire du championnat français. Le club du Rocher, c’est 8 titres gagnés en championnat devancé seulement par l’OM et Saint-Etienne. Il a également gagné 5 coupes de France et participé à une finale de l’UEFA Champions League en 2004. Plus récemment, le club a connu une saison glorieuse en 2016-2017. Après avoir éliminé Manchester City et le Borussia Dortmund, Monaco s'est qualifié en 2017 pour une demi-finale de Ligue des Champions. Malgré sa défaite face à la Juventus de Turin, le club monégasque a été sacré champion de France de Ligue 1 le 17 mai 2017, après une victoire contre Saint-Etienne 2-0, devançant ainsi son prestigieux rival parisien.

Au cours des 6 dernières saisons, le club s'est retrouvé sur le podium chaque année. Cette saison, le club connaît malheureusement une situation très difficile : l'équipe est actuellement classée 16è sur 20. La faute peut-être à un recrutement raté à l'été 2018, qui a offert à l'entraîneur des joueurs trop jeunes, pas assez aguerris. Mais ce n’est pas la première fois que l’ASM se retrouve dans une telle situation. Comme après la relégation en 2011, le club rouge et blanc devrait renaître de ses cendres la saison prochaine. Dès le dernier mercato hivernal, les recruteurs ont affiché leurs ambitions : huit nouveaux joueurs, dont Cesc Fabregas, vainqueur de la Coupe du monde avec l'Espagne, mais aussi William Vainqueur et Adrien Silva. Des jeunes talents et des stars expérimentées. Concernant le recrutement de la saison prochaine, le président Rybolovlev lui-même compte s'impliquer. Parmi les priorités, il veut acheter Gelson Martins à l’Atlético de Madrid, mais aussi épauler Danijel Subasic par un gardien de but plus jeune.

Les fans espèrent bien que, l'an prochain, l'AS Monaco retrouvera le sommet du classement. Selon les experts, toutes les conditions sont réunies pour un nouveau départ la saison prochaine. Outre le nouveau recrutement et les nouvelles ambitions des dirigeants, Monaco est une terre de football. Le club a toujours attiré des stars tel que Falcao et Berbatov. Lors de sa saison (1996-97), Jean Tigana remporte le titre avec son équipe, avec des joueurs tels que Franck Dumas, Sylvain Legwinski, Fabien Barthez, Thierry Henry, Victor Ikpeba, Emmanuel Petit, ou encore Vicenzo Scifo et emmène l'ASM en demi-finales de la coupe de l'UEFA (défaite contre l'Inter de Milan 1-3/1-0) ainsi que de la coupe de la Ligue (défaite contre Strasbourg 1-2). En 98, sa politique de détection de jeunes talents lui permet de disputer une demi-finale de l’UEFA Champions League avec des jeunes comme Henry, Willy Sagnol, David Trézéguet. L’AS Monaco, c’est une identité, une politique de formation et un sens de la détection de futures stars.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.