Controverse : Brigitte Macron pose avec Marcel Campion

La femme du président français a-t-elle voulu faire de la provocation ou n'a-t-elle tout simplement pas su dire non ?

L'homophobie ? Ce n'est pas mon genre. Je discutais avec un ami gay récemment, avec qui je déplorais que la Principauté de Monaco ne possédait aucune législation contre l’homophobie. Je croyais qu'en France les mœurs étaient plus libérées et les hommes et femmes politiques plus attentifs à ces questions. Quelle n'a donc pas été ma surprise de voir Brigitte Macron poser aux côtés de Marcel Campion, le promoteur du marché de Noël des Tuileries dimanche 23 Décembre. L'organisateur de fêtes foraines est en effet un personnage sulfureux, qui a notamment fait parler de lui récemment pour ses propos d’un autre âge en l’endroit des homosexuels.

Mais pourquoi donc la photo où Brigitte Macron pose avec Marcel Campion fait-elle autant de bruit ? 

Les faits remontent à janvier 2018, lorsque le forain Marcel Campion a lancé son mouvement « Paris libéré ». Il avait alors traité les « homos » de « pervers » et attaquer ouvertement Bruno Julliard, alors premier adjoint au maire. Dans une vidéo publié sur le site du Journal du Dimanche, on peut entendre le forain déclarer au sujet de Bruno Julliard : « Comme il était un peu de la jaquette, il a rencontré Delanoë, ils ont fait leur folie ensemble et premier adjoint, paf ». Dans la même vidéo, Marcel Campion s'attaque ensuite à Anne Hidalgo. Il dit de Bertrand Delanoë que, « avec Anne Hidalgo, il est super parce qu’en même temps il lui a amené tous les homos de la terre. C’est-à-dire que toute la ville maintenant est gouvernée par des homos ». Et Campion de conclure en insistant sur le fait que les « homos » sont « un peu pervers ». 

Marcel Campion, dans ce même discours, se rend compte qu'il a peut-être commis un écart et cherche à se rattraper en disant : « Moi j’ai rien contre les homos, d’habitude je dis les « pédés », mais on m’a dit hier qu’il fallait plus dire ça. Donc je dis plus les pédés, je dis les homos. J’ai rien contre eux, sauf qu’ils sont un peu pervers. »

Ces mots ont froissé Julliard lorsqu’il les découvre dans la presse. Le concerné a exprimé sa consternation et son intention de riposter sur son compte Twitter : « Certaines injures, par celui qui les prononce, deviennent des décorations... Mais l’homophobie doit être combattue sans relâche, parce qu’elle opprime, stigmatise et tue chaque jour. Ces propos abjects ainsi que leur auteur seront poursuivis en justice. »

Voilà le contexte dans lequel la photo de Brigitte Macron avec Marcel Campion est parue. La twittosphère s’est aussitôt embrasée. Certains politiques y sont même allés de leur commentaire. Ian Brossat, porte-parole du Parti Communiste Français, a twitté : « Aujourd'hui, Brigitte Macron s'affiche fièrement avec ce même Marcel Campion. Pas si grave, finalement, l'homophobie ? » L'entourage de la première dame française a cependant rassuré en indiquant qu'elle a profité de cette visite pour interpeller Marcel Campion quant à sa débâcle publique.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.