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Le Club de Mediapart mer. 28 sept. 2016 28/9/2016 Dernière édition

A la lisière, enjamber d'une année à l'autre

En forme de vœux.Tam-Tam de nuit

Train d’okapis facile aux pleurs la rivière aux doigts

charnus

Fouille dans le cheveu des pierres mille lunes miroirs

tournants

Mille morsures de diamants mille langues sans oraison

Fièvre entrelacs d’archet caché à la remorque des mains

de pierre

chatouillant l’ombre des songes plongés aux simulacres

de la mer

Aimé Césaire (Les armes miraculeuses)

Homme, prends garde, le feu est un langage qui demande

A courir.

(Et les chiens se taisaient)

Aimé Césaire (Les armes miraculeuses)

Là-bas dans l’atelier du potier l’autre jour j’ai passé ;

Le potier prenait l’argile, jetait l’argile de côté

Et je vis (oui, je vis ! même si le sot ne le verra jamais !)

La poussière qu’est mon grand-père dans la main du potier.

Omar Khayam (Rubayat)

La gloriette aux bambous

Seul assis au milieu des bambous,

Je joue du luth et siffle à mesure ;

Ignoré de tous, au fond des bois.

La lune s’est approché : clarté.

Wang Wei (François Cheng, Poésie chinoise)

Chez un vieil ami

Mon vieil ami m’invite

dans sa campagne

Où sont déjà préparés

poulets et millets.

Rangées d’arbres

clôturant le village ;

Hors des remparts

S’incline le mont bleu.

Meng Haoran (François Cheng, Poésie chinoise)Contrevenir

Obéissez à vos porcs qui existent. Je me soumets

à mes dieux qui n’existent pas.

Nous restons gens d’inclémence.

René Char (Les Matinaux, suivi de La parole en archipel)Don

Un jour de parfait bonheur.

Le brouillard se leva tôt, je travaillai dans le jardin.

Des colibris visitaient des fleurs de chèvrefeuille.

Aucun désir de possession en moi.

Personne qui me semble digne d’envie.

Tout le mal enduré, je l’oubliai.

Je ne m’embarrassais pas d’avoir été autre fois le même homme.

Dans mon corps nulle douleur.

Me redressant, je vis la mer bleue et des voiles.

Czeslaw Milosz (Enfant d’Europe)

On est toujours plus petit qu’on ne croit

Qui peut dire que sa main

est plus large que l’ombre qu’elle fait ?

Qui peut dire qu’il est partout

où son pas fit empreinte ?

Qui osera dire qu’il est le maître

De l’air qu’il respire

Du chant qu’il entend

De la main qu’on lui tend ?

Qui peut jurer qu’il n’est pas l’autre

Qui passa sous sa fenêtre ?

Et qui peut se croire

le cœur assez riche

Pour tenir avec lui-même

La conversation d’une vie ?

Jean-Pierre Siméon (Sans frontières fixes)

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"Obéissez à vos porcs qui existent

je me soumets à des dieux qui n'existent pas."