La méthode Elfassi : fraude et collusion

Méthodes manipulatrices, parfois hors-la-loi, falsification de plainte, le paparazzi Elfassi est dans le collimateur de la justice depuis des années. Aujourd’hui pointé du doigt pour son rôle trouble dans deux affaires en cours, Jeremstar, et Tariq Ramadan, il aurait été au centre de collusions, mais plus grave encore, de falsification de plainte.

elfassi

Connu de la justice pour sa façon agressive et souvent illégale de travailler, les médias et le public ont découvert dans l’activité de Jean-Claude Elfassi « une détermination ignoble » et le plus souvent « diffamatoire », cherchant à exposer la vie privée des personnes prises pour cible.

 Appelant ces « cibles », du gibier, il a été attaqué de nombreuses fois en justice. Récemment en détention provisoire pour escroquerie, le paparazzi a dû et devra encore sans doute s’expliquer sur les nombreux dossiers en cours où il est accusé d’avoir poussé à falsifier des plaintes. C’est notamment le cas dans l’affaire Jeremstar et le dossier Tariq Ramadan.

 La manipulation sur l’affaire Jeremstar

 Usant de manipulations, J-C Elfassi aurait fait associer le nom de Jeremstar, Jérémy Gisclon, à une histoire d’agression sexuelle sur mineurs.

 Dans cette « affaire Jeremstar », des internautes ont accusé le youtubeur d’avoir « usé de sa notoriété pour détourner et agresser sexuellement de jeunes mineurs  ». Pascal Cordona, un des amis et collaborateurs de Jeremstar, serait le principal accusé mis en cause dans les supposés faits d’agressions sexuelles.

Un des accusés, nommé Annoir, aurait confessé avoir été manipulé par J-C Elfassi pour détruire la carrière du youtubeur en utilisant la force des réseaux sociaux. Contacté par J-C Elfassi, ce dernier lui aurait proposé l’aide gratuite de deux de ses avocats qui, par la suite, auraient modifié la plainte originelle en y incluant le nom de Jeremstar.

 Le jeune homme a déclaré : « On ne s’est pas rendu compte sur le coup que ces avocats étaient ses avocats à lui, avec lesquels il entame des procédures. Ce qu’ils se sont amusés à faire, c’est qu’ils ont modifié les plaintes ».

 Dans l’une de ses vidéos, il ajoute que son avocat se serait « amusé à mettre Jeremy dans l’histoire pour faire du buzz » et « à vendre des informations à Public ». Une méthode qui aurait également été réutilisée dans l’affaire de Tariq Ramadan.

 Falsification de preuves dans le dossier Tariq Ramadan

D’après des déclarations sur les réseaux sociaux de la troisième plaignante, Mounia Rabbouj, J-C Elfassi aurait usé du même procédé utilisé dans le cas de Jeremstar afin de modifier sa plainte. La jeune femme a mis en ligne une partie de leurs conversations via WhatsApp où l’on voit clairement le paparazzi lui demander de modifier des morceaux de conversations entre elle et Tariq Ramadan.

 En effet, le paparazzi cherche depuis des années à détruire l’islamologue. Il est à l’origine d’un appel à « témoignages » via des posts sur son site internet où il insulte Tariq Ramadan et profère des propos islamophobes à son encontre.

 Dans le dossier Tariq Ramadan, Jean-Claude Elfassi est poursuivi par trois personnes. En premier, le frère de Mounia Rabbouj pour menace et diffamation. En effet, lorsque celui-ci a voulu témoigner en faveur de Tariq Ramadan, le paparazzi s’en est violemment pris à lui allant jusqu’à proférer des menaces à l’encontre du père de famille, témoin dans l’affaire. Ensuite, Mounia Rabbouj aurait elle-même récemment porté plainte contre le paparazzi pour différents chefs d’accusation. Enfin, la psychologue Fanny Bauer-Motti, active dans la défense du professeur, a elle aussi été violemment prise à partie par le paparazzi. Une plainte a été déposée par son avocat Me Guarbarini.

Là aussi, il a usé de procédés manipulatoires. Il contacte la psychologue par email lui proposant un rendez-vous pour parler du professeur, tout en cherchant à intimider la jeune femme de façon implicite sur sa carrière professionnelle : « Tu es encore jeune, si j’étais toi je me préparerais une porte de sortie avant de te griller partout ». Dans le même laps de temps, le paparazzi insulte et diffame la psychologue de manière schizophrénique sur les réseaux sociaux.

 Cette dualité dans la communication du paparazzi est courante : « Il manipule pour avoir ce qu’il veut, il ne se soucie pas de la vérité » souligne une source ayant cotoyé le paparazzi.

 « Jean-Claude Elfassi ne vit pas au pays de l’information mais de la rumeur »

 D’après cette même source, « Jean-Claude Elfassi ne vit pas au pays de l’information mais de la rumeur. Il est mégalomane et n’a jamais accepté que sa carrière ne décolle pas. Il prend des personnalités en grippe et fait tout pour les détruire, usant de la manipulation et du mensonge ».

Jean-Claude Elfassi effectivement vient de faire une nouvelle déposition s’en prenant à présent à Mounia Rabbouj, qui a plusieurs fois affirmé sur les réseaux sociaux qu’elle porterait plainte contre lui. Dans sa déposition, il affirme qu’elle aurait accepté de l’argent pour justifier qu’elle dénonce ses agissements à lui et ceux de son ami, l’avocat Me Szpiner.

 Une déposition farfelue, où il écrit notamment que lui, opposant notoire de Tariq Ramadan, aurait été contacté par « un proche du professeur qui lui aurait proposé de l’argent » pour que les filles se taisent. Cette déposition souligne un fait important : ses relations troubles avec les accusatrices et le rôle central qu'il se donne se posant en référent de leur parole. Car d'après sa déposition, celui qui aurait contacté Jean-Claude Elfassi, l'aurait fait pour son influence "supposée" sur la parole des trois femmes.

Cette déposition, qui ne mentionne ni nom, ni preuve, a pourtant été ajoutée au dossier Tariq Ramadan par les juges d’instruction, alors même que le nom de Jean-Claude Elfassi est cité de nombreuses fois dans le dossier Tariq Ramadan lié à des soupçons de collusion et de falsification de plainte tant par les expertises que par des témoins entendus dans le cadre du dossier.

 Effectivement, Jean Claude Elfassi use de la rumeur et de la manipulation pour trafiquer des témoignages, des auditions et des plaintes. Une source ayant été en contact avec le paparazzi affirme aujourd’hui : « Jean-Claude Elfassi a tellement de plaintes sur le dos qu’il risque dans les prochains temps de continuer ses petits séjours en détention provisoire ».

 Kevin Allagapen

 

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