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Le Club de Mediapart jeu. 26 mai 2016 26/5/2016 Dernière édition

Je sais, nous savons ?

Plus d'une fois, j'ai constaté que des échanges sur le club tournaient au "vinaigre", se résumant à une suite d'affirmations, de citations, de dénégations, agrémentées de tournures plus ou moins agressives, ironiques, virtuoses et moqueuses. L'humour n'y est plus utilisé comme détour, outil de recul, mais comme un "ridicule", parole aiguë qui fait rire de l'autre parole, au sein d'un groupe.

Il y devient souvent impossible de questionner ce qui se dit et d'éclairer ce qui peut sembler ambigu à première lecture.

Ainsi on ne lit pas : "Que voulez-vous dire ? Je comprends ceci ...est-ce bien ce que vous voulez dire ? ....".

On lit des séries de commentaires qui s'efforcent d'étayer la position initialement énoncée, ou de contester radicalement celle de l'autre.

C'est peut être le signe d'une parole sociale qui se raidit dans un "discours de Maître", à la manière de ce qui inonde les média : parole qui gouverne le sens, ordonne, tranche, nomme, unifie.

Une parole humaine est indissociablement faite de ce qui se dit et de la manière de le dire : tout y est signifiant.

Il me semble donc qu'un processus de connaissance est lié à deux relations : relation à la vérité et à la liberté.

Il n'y a pas de vérité en soi mais pour nous, ce qui ne signifie pas que la vérité sombre dans le relativisme et le psychologisme de la subjectivité, ni que la conviction est mauvaise en soi, mais que la vérité ne nous précède pas, qu'elle est toujours réponse à l'erreur (le faux est un moment du vrai), processus historique, dialectique, épistémologique où la vérité advient au discours par négations spécifiantes et remise en jeu. Sans le risque de l'erreur, sans le non savoir il n'y aurait pas de vérité, c'est pourtant par cette ouverture, cette liberté avec le réel, que la réalité dans sa présence prend consistance pour nous, dans le présent, comme non advenue, comme projet. La vérité réunit, en ses quatre modes (, les dimensions du discours en ce qu'il nous concerne, en ce que notre liberté doit décider précipitamment. L'essence de la Vérité est donc la Liberté comme discours, le droit  à l'errance.

L’arbitraire (reconnu) du langage, sa polysémie, sa capacité de tromper (errare humanum est) sont donc essentiels aux rapports humains.

Nous naviguons sans doute entre le désir d'asseoir une vérité et la reconnaissance qu'elle n'est pas donnée, constituée mais en constitution.

 

 

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