"Paris soulève-toi ! ": le gouvernement use du "49 - 3"

Samedi 29 février dans l'Hémicycle, le gouvernement fait application de l'article 49, alinéa, 3 de la Constitution. Le Premier Ministre, Edouard Philippe a annoncé le passage de la loi des retraites par points en application du fameux 49 - 3; l'opposition est coupée; devant l'Assemblée Nationale des centaines de manifestant.e.s se sont indigné.e.s.

Assemblée Nationale, Paris samedi 29 février © Marjorie Milona Assemblée Nationale, Paris samedi 29 février © Marjorie Milona

" Une loi qui va modifier la vie de millions de personnes et de générations si elle devait passer, ce qui je l'espère ne sera pas le cas." , déclarait hier soir le député LFI Jean-Luc Mélenchon, pourtant absent de l'Hémicycle à 17h. Le Premier Ministre Edouard Philippe a fait passer le projet de loi des retraites par points en force, en application de l'article 49, alinéa, 3 de la Constitution, un coup de force au prétexte que l'opposition LFI et PCF, faisait obstruction dans le débat de la réforme des retraites. L'usage du 49 - 3, ne serait pas la faute de Macron, mais celle de l'opposition de gauche d'avoir à coup d'amendements en rafale, ralenti le débat, selon les propos du Premier Ministre. En plein débat, l'opposition dénonçait une censure du gouvernement visant à " empêcher la discussion en humiliant l'opposition ", c'est indigné Mélenchon du groupe LFI, dans une vidéo postée sur You Tube hier soir.  

Devant l'Assemblée dès 18h, la contestation s'est rassemblée. Les forces de l'odre faisant bloc devant la foule scandant " Macron dégage!". La tension des FDO face aux manifestant.e.s a basculé vers 20h45 en gazage au CS à bout portant en spray au visage - un braquage chimique - touchant des dizaines de manifestant.e.s. La manifestation s'est dispersée mais les FDO ont nassé jusqu'à 22h des dizaines de manifestant.e.s sur le pont.

"J'ai été gazé au visage à bout portant par la police", expliquait cet étudiant venu avec un ami manifester contre l'usage du 49-3, " j'ai pris du gaz CS en aérosol en plein visage ", heure après le gazage, ses yeux brûlent encore et sont entourés d'un gonflement marquant sa peau d'une rougeur; " le gaz imprègne nos vêtements " , son ami étudiant à ses côtés a du mal à respirer, après une heure du gazage, il inhale encore le produit toxique. 

Plus loin, vers 21h30, d'autres étudiants discutaient politique. " Si le projet de loi des retraites est renvoyé vers le Sénat, il retournera en Assemblée pour être voté et s'il est rejeté c'est la fin du gouvernement. " , ces deux étudiants en réflexion sur les conséquences du 49-3 manifestaient hier soir, quand la police a nassé pour la deuxième fois, dirigeant les dizaines de derniers manifestant.e.s vers les Tuileries. Une manifestation sauvage a échappé au FDO, remontant la rue Rivoli vers Châtelet, sous le regard flegmatique des passants et passantes très chics se promenant nonchalant le long des boutique de luxes; les automobilistes et des bus en soutien des manifestants GJ scandant " Paris, soulève-toi ! " ont accompagné de coup de klaxon généreux, des dizaines de manifestant.e.s. La police, vers 23h a pourchassé les derniers manifestant.e.s. Une faction d'une cinquantaine de CRS très dissipés sont sortis de la place St Eustache affichant leur arme de LBD et une franche rigolade tout en rejoignant la rue de leurs camions, une vingtaine de véhicules CRS stationnant rue de Rivoli en cordon de police, gyrophares allumés; touristes anglais et mexicains ont assisté à ce déploiement des FDO, dont un américain pro-Sanders rue Pouvraire, en soutien lâchait " Allez on est avec vous " soutien aux GJ, si le mouvement des GJ est réprimé par la police dans l'hexagone, il est étudié à l'Université de Harvard et d' Oxford selon le collectif Plein Le Dos, qui a été contacté pour son travail de mémoire populaire lors de la parution du livre 365 jours de Gilets Jaunes, une initiative solidaire à but non lucratif en faveur des mutilé.e.s de France. 

Livre du collectif Plein le dos, projet participatif de mémoire populaire © PDL Livre du collectif Plein le dos, projet participatif de mémoire populaire © PDL

 Samedi 29 février le 49 - 3 a été appliqué. Le débat dans l'Hémicycle et le droit de manifester ont été bafoué.

 

 

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