La nouvelle aventure industrielle : les centrales éoliennes flottantes

A l'aube 2019, dans l'ombre des débats médiatiques sur le changement climatique, des investisseurs privés implanteront au large du littoral français, en région Bretagne et dans la Méditerrannée des parcs éoliens flottants.

La place de la Nature dans la validation de projets industriels des énergie marines se pose en termes économiques. Le Président Obabma l'avait annoncé les pays qui maîtriseront l'énergie verte seront les pays forts du 21 ème siècles.

Pour comprendre les enjeux qui se décident à ce niveaux il faut comprendre comment est organisé le marché du pétrole et transposer sa complexité à l'industrie des énergies renouvelables supposées nous protéger des gaz à effet de serre et de la dégradation climatique (déchets, réchauffement des températures, intempéries extrêmes). Il s'agit notemment de diversifier sa production d'électricité en utilisant les ressources renouvelables afin de pallier aux possibles chocs pétroliers.

On compte déjà 3600 éoliennes offshore ancrées en mer (source: science et avenir magazine),  après Hywind le premier projet mondial d'éoliennes flottantes installées par la société norvégienne au large de l'Ecosse, la France se lancera dans l'implantation en 2019 de quatre éoliennes flottantes à Groix et Belle île en Bretagne. Projet tout aussi colossal de 200 millions d'euros mené par EOLFI. En contrat avec l'ADEME (Agence De l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie), le projet dit pilote aura pour but l'installation de cette usine appelée"ferme éolienne" d'une puissance de 24 MW sur une surface de 17 km2 afin de" donner aux investisseurs des garanties pour créer une filière" comme l'a explicitement dit la chargée de projet en conférence. Une expérimentation exploitable à 90 GW par an pour une durée de 20 ans. Après quoi, les entreprises opéreront le démentèlement du projet et le rachat à 240 euros le MW en accord passé avec l'ADEME. Bien que la durée de vie des matériaux soit estimée à 20 ans, on ne comprend pas pourquoi il ne sera prévu aucun changement de pièces pendant le projet. La chargée de projet à la conférence 2018 de préciser  que même si l'exploitation était viable après 20 ans le but était de s'implanter sur un site plus au large. Alors que le projet après terme était de s'éloigner au large, Naval Energie de préciser pourtant sur son site web l'intérêt d'implanter le site de Groix-Belle île à proximité des côtes pour la maintenance.

Les entreprises industrielles portent leurs projets ambitieux d'exploitation de ressources éoliennes avec engouement. Et pour cause, l'éolien flottant est plus rentable que la production nucléaire. Le coût de production d'un parc éolien est nettement en dessous de celui d'une centrale nucléaire. Pour un investissement de 200 millions d'euros du parc en Bretagne, une éolienne de 100 m de hauteur, 400 t pour sa nacelle, 75 m de longueur des palmes serait capable de produire 6 MW (source: EOLFI). La France travaille à la commercialisation de projet éolien flottant en méditerranée. Principle Power, teste actuellement des éoliennes flottantes au Portugal. L'objectif étant implanter au large de la méditerranée un parc d'éoliennes flottantes équivalent à trois centrales nucléaires.

Les projets éoliens flottant en grand fond intéresse particulièrement les investisseurs privés pour leur capacité de production importante du fait de la présence de vents puissants. Quels impacts pour l'écologie de tels projets futurs dans nos mers et océans? Les stuctures mêmes colossales d'acier résisteront t-elles aux intempéries ? La présence de mammifères marins (cétacés) n'endommagera t-elle pas le raccordemment électrique sous marin ? L'exploitation de Groix et Belle île prévoit de verser des taxes aux communes, au comité des pêches, et notamment à l'agence de la biodiversité.

La Norvège, ancien pays gros exportateur de pétrole, s'engage dans le cadre de sa transition énergétique avec l'exportation de technologie d'éoliennes flottantes en mer.  C'est le groupe Bardot du sud de la France, fournisseur des plateformes pétrolières, qui a fourni les engins flotteurs en polymère complexe. Pour anecdote,la société Statoil renommée Equinor, a investie en 2017 dans l'installation de cinq éoliennes flottantes au large de l'Ecosse. La société Norvégienne est fière de sa nouvelle industrie flottante : "avoir des fermes flottantes en mer ça nous donne beauccoup de possibilités pour installer des éoliennes partout sur la planète." ( interview France 2 de la chef de projet ).

Oui et la planète dans tout ça ? Un gâteau que se partage de puissants industriels enrichis par la spéculation du pétrole. Dans la mondialisation des énergies renouvelables, l'expoitation des énergies se poursuit dans un jeu de pouvoir économique aux mains de puissants industriels appelé les "géants de l'énergie" et la place de l'humain n'est que secondaire là où l'argent est roi.

Sommes-nous, société civile, habitants des foyers d'aujourd'hui et de demain, prêt à accepter des projets titanesques investissant la planète, notre patrimoine naturel des mers et des océans, au nom du bien de l'environnement, ERM ? Coût de production plus faible, capacité d'énergie supérieure téhoriquement au nucléaire, production sans rejets toxiques, l'éolien flottant représente une nouvelle aventure industrielle pour les investisseurs privés. Il ne serait pas cynique de poser la question d'intérêt général sur les retombées rentables pour les usagers et leurs factures. Les éoliennes fleurissent sur plusieurs points de la planète, avons-nous des éléments fiables pour garantir la viabilité de ces structures pesant 12 000 t, pour les plus petites, appelées curieusement "fermes éoliennes" et leur impacts écologiques ? Apprendre à maîtriser nos besoins en électricité à échelle humaine et investir dans des choix éco responsables seraient réalisables dans l'immédiat et éco protecteur : ampoules basses énergies, isolation thermique de l'habitat. En plein déploiement de projet éolien flottant notamment en région Bretagne et en Méditerranée, la concertation citoyenne devrait reprendre sa place dans l'intérêt général et de celui de notre partimoine naturel sur des projets à échelle humaine.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.