Conte de noël : mon animatrice est exploitée que faire ?

Le conte de noël qui va suivre n'est pas une fiction mais la triste réalité. Narration.

Vendredi 18 décembre. C'est ma coupure. J'attends sur un banc en face de l'école mon heure de reprise. Soudain, une petite tête blonde surgit avec sa maman. C'est A., une petite fille de la classe 3. Elle m'appelle par mon prénom et me présente à sa maman. Je lui montre les illustrations réalisées avec les enfants dans la bibliothèque et lui explique ce que nous faisons. Elle me souhaite bonnes fêtes et me dit à la rentrée. A. me donne la moitié des pétales de rose ramassées devant l'école et l'autre pour sa maman. Aurevoir A.

Mais A. tu ne pourras pas retourner à la bibliothèque avec moi.

" Pourquoi ? " m'aurais-tu demandé. Parce que lorsque ma responsable est venue dans la bibliothèque ce matin, pendant que je racontais une histoire, ce n'était pas pour te dire la vérité : - " vous ne pourrez plus écouter les histoires avec l'animatrice. C'est quelqu'un d'autre qui viendra. J'ai supprimé son poste."

A., je viens de l'apprendre de sa bouche aujourd'hui à 16h. Le dernier jour de l'école avant les vacances de noël.

Je suis vacataire. Ces animatrices qui sont invisibles. A qui on dit: si vous n'êtes pas d'accord avec ça, cela pourrait vous desservir.

La responsable a choisi entre deux vacataires du midi. Elle a choisi de supprimer un poste avec des projets pédagogiques qui rythmaient la vie des moyens de la classe 3 contre celui qui n'en avait pas; et placer le contractuel envoyé par la direction.

Et pour faire cela, elle a inventé toute sorte de problème autour de moi : je ne range pas la bibliothèque, j'ai des problèmes relationnels avec mes collègues, je ne respecte pas ses conversations confidentielles.

La vrai raison, c'est que j'aime bien faire mon travail et que, je ne suis pas communautaire.

Depuis trois mois je suis affectée à un poste interclasse à l'année. Mais en dernier lieu, ma responsable m'explique que ce poste vacataire est renouvellé tous les trois mois.

Aurevoir la classe 3. Je ne vous ai pas quitté. On m'a viré. Mais rassurez-vous, ma responsable m'a assuré que mon travail était de grande qualité et qu'elle en avait même parlé à sa supérieure.

Mais à la direction, j'ai posé la question, est-ce que vous connaissez mon travail pédagogique ? La réponse est non.

Chère " têtes blondes ", ne vous étonnaient pas si je ne reviens pas le 4 janvier avec les deux petits écureuils de NY et les sonates de Mozart racontés par M. Morel. Le secrets avait bien été gardé comme un cadeau de noël au fond de sa hotte.

"C'est mon cadeau de noël" a mentionné à sa cheffe, la responsable au téléphone.

Mais chères "têtes blondes", ce que vous ne savez pas, c'est que j'ai dû faire face à de nombreuses remarques désobligeantes pour pouvoir susciter votre imaginaire avec les mots des livres et éveiller vos yeux de toutes les pages d'illustrations, et pour aussi surprendre vos dons artistiques.

Vous pouvez demander aux maîtresses qui chaque matin me voyaient entrer à 10h15 - une heure avant mon service - dans la bibliothèque pour préparer mes activités. C'est ce qu'appelle ma responsable un problème relationnel : se concentrer sur son travail.

Aurevoir E., B., et A. de la classe 5. C'était très rigolo ces micro livres que je vous distribuais pour créer des instants originaux.

Le poème de Jacques Prévert sur l'école, le conte du père noël et du vieux luthier qu'on avait créé avec la classe 3...

C'est en récitant les dernières lignes de ce poème appris à l'école, que je vous laisse le droit de savoir pourquoi j'ai dû partir.

C'est votre droit de savoir. Le droit de tous les enfants.

Et sur le tableau noir du malheur, avec des craies de toutes les couleurs, il dessine le visage du bonheur. Jacques Prévert.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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