Printemps du confinement Jour11: les portes de la déshumanisation s'ouvrent

#confinementjour11 Nous sommes vendredi 27 mars. Deuxième semaine de confinement total dans l'hexagone. Le prolongement jusqu'au 15 avril est officiel. Ce n'est pas une guerre mais une déshumanisation à l'échelle mondiale. La peur du virus s'accentue et la catastrophe sociale aussi.
  • Contradiction, complexité, imbrication, opacité, incohérence, inhumanité. On dirait que le virus a ouvert la boite de Pandore. Ou plutôt, que la " coalition conseil scientifique Etat "a ouvert la boîte de Pandore, alias le confinement, alors que la Corée du sud, elle, n'a pas ouvert la boîte de Pandore, mais a dépisté et isolé les gens positifs, sans paralyser la vie sociale et économique. Après le vote de l'état d'urgence sanitaire à l'Assemblée, mercredi 25 mars, le premier ministre a annoncé le régime provisoire. Quel est cet Etat qui nous gouverne ? 

Ce matin une maman a donné naissance à un très joli bébé. " Pas d'embrassades !"  vous avez certainement entendu... cette alerte coronavirus... diffusée sur les radios nationales ? Avec cette voix masculine comme celle des bande annonce de film à catastrophe ? Cette maman a le totem d'immunité. Ses gestes ne sont pas barrière mais amour. Oui, une question éthique se pose. Comment vont grandir ces enfants si nous leur appliquons les gestes barrières. Nous devons protéger les mamans des gestes barrières car elles transmettent les gestes d'amour. Les gestes barrières ayant tué l'amour. Comment exister dans un monde infecté par le coronavirus et la peur d'être contaminé. Avec les gestes barrières, nous oublions les gestes d'amour. Et notre humanité se perd dans le changement de paradigme. 

Chaque soir, Jérôme Salomon, le DGS, Directeur Général de la Santé, annonce son bulletin télévisé de catastrophe humanitaire. " A ce jour, on compte 500 000 décès dans le monde " et chaque soir des millions de gens en France et dans le monde entende cela. C'est comme ça qu'on fait en coronaRépublique provisoire. Même heure, même mots. Le mètre de distanciationles gestes barrières... Il y a aussi la distanciation entre les mots et les actes du gouvernement. Des masque qui n'arrivent jamais. Des automates test de dépistage jamais livrés. La communication est un jeu d'équilibre entre les promesses vendues et leur probabilité de se concrétiser. Le confinement, de source AFP, a été officiellement prolonger de 15 jours jusqu'au 15 avril. Alors que les médecins sont partagé sur la durée d'incubation, le gouvernement parle d'une période d'incubation de 15 jours. Certains médecins parlent d'une semaine, voire entre trois et cinq jours. Comme le faisait remarquer le Pr Didier Raoult, à la personnalité très controversée - article disponible en numérique de Marsactu, Didier Raoult, homme de réseaux et enfants terrible de la recherche - à propos du dépistage, sur un ton exaspéré, il disait: - " et quand ils ( les patients) sont plus contagieux, c'est pas la peine de les garder quatorze jours si on est négatif au bout de six, c'est plus de la science, c'est de la science fiction, de la sorcellerie ". La recherche qu'elle soit compassionnelle ou d'essais clinique est chaîne d'espoir. L'hôpital Salpêtrière, à Paris fait parti de cette recherche compassionnelle qui a vu un nombre important de morts et n'a pas attendu le décret confus du ministre de la santé pour traiter les patients à l'hydroxychloroquine, ni mêmes les essais lancés depuis le 22 mars à l'hôpital Bichat par la recherche de l'Inserm, dont le PDG est le mari d'Agnès Buzin, et qui relègue au rang de cinquième traitement l'hydroxychloroquine seule, sans combinaisons avec l'azythromycine. Cette combinaison est pourtant le traitement utilisé par l'équipe de l'Institut privé de recherche du Pr. Raoult et dont les effets indésirables sont prévisibles et déjà bien connu, de ce médicament de plus de 50 ans, ne mettant pas en danger la vie des patient.e.s. Selon, l'ANSM, l'hydroxychloroquine comporte un risque conditionnel de torsade de pointe, risque cardiaque, en cas de surdosage spécifiquement. Le paracétamol comporte également des risque de maladie du foie en cas de surdosage, mais tout médicament fait l'objet d'une posologie adaptée et d'une stricte surveillance médicale.

En France, il y a des morts presque 2 000 personnes décédées, certes. Mais les guéri.e.s sont-ils toujours confiné.e.s ? Guéri, en terme de médecine signifie n'ayant plus de charge virale, donc n'étant plus porteur du virus sinomyne de... plus contagieux.  Oui. Où sont-ils et elles ? Comment vivent-ils et elles ? le DGS a déclaré ce vendredi que 5 700 personnes étaient guéries depuis l'épidémie.

" Trois milliards de personnes confinées dans le monde "

Les portes de la déshumanisation s'ouvrent vers un monde que l'on ne connait pas encore ou du moins que l'on voit au quotidien se profiler, dans son lot de surprises et d'incohérences. Oui, il y a cette visioconférence du G20 spécial pandémie du coronavirus de l'ONU organisée par l'Arabie Saoudite aux Etats-Unis, pays siège de l'institution. Pourquoi un pays classé  royaume cruel par Amnesty Internationale, est-il président de l'ONU en pleine pandémie mondiale ? Lors de cette réunion virtuelle, des pays membre du G20, jeudi 26 mars, devant ces super puissances économiques mondiale , Antonio Guterres a estimé, selon ce communiqué de l'ONU, qu'il fallait " un mécanisme de réponse coordonné du G20  guidée par l'OMS ". Mais, là où le mot incohérence prend tout son sens au moment où, la Haut Commissaire des Nation Unie, Michelle Bachelet, s'inquiète des droits des personnes face au confinement mis en place et que pourtant, le secrétaire général de l'ONU annonce dans un vocable de guerre contre le virus:

" Tous les pays doivent être en mesure de combiner les tests systématiques, le traçage, le mise en quarantaine et le traitement avec des restrictions de mouvement et de contact pour supprimer la transmission du virus. " , et d'ajouter " ils doivent coordonner leur stratégie de sortie pour maintenir cette suppression jusqu'à ce qu'un vaccin soit disponible. ".

Or, le Pr. Olivier Schwartz, de l'Institut Pasteur confirmait face caméra à BFM, que le vaccin mettrait probablement un an avant d'être prêt. 

  • tests systématiques 
  • traçage
  • mise en quarantaine
  • traitement avec mise en restriction de mouvement et de contact

Serions-nous prêt.e.s à vivre confiné pour une durée potentielle d'un an dans de telles conditions ? Ce qui nous renvoie à la question du dépistage et de l'utilisation du traitement hydroxychloroquine combiné à l' azythromycine, cette question a été lancé par Philippe Douste Blazy au micro de Sud Radio - ancien ministre de la santé, membre de l'IHU privé de Marseille, soutien de la recherche menée par le Pr. Didier Raoult au sein de l'institut - Philippe Douste Blazy a interpellé le ministre de la santé " pourquoi attendre ?" , et d'expliquer que ce traitement " diminue considérablement la charge virale " et donc " plus vite on donne ce médicament moins les gens sont contagieux ", selon son avis de médecin. Le débat sur la recherche n'est pas fini, quand des millions de gens pourraient mourir, on peut ne pas être dupe des conflits de personnalité, mais il s'agit là de l'humanité. En France les hôpitaux sont saturés. Et Bergame en Italie, 1331 décès, la ville la plus touchée est décrite comme vide dans cet édifiant article en images écrit par Jason Horowitz pour le New York Times, We take the death from mornig till night. Toute l'Italie est vide.

8165 décès à ce jour. En quelques semaines l'Italie a rattrapé le nombre quasi identique de morts annuel en 2019 de la grippe en France. Selon ce témoignage d'un secouriste de la Croix Rouge à Bergame, " on a vu pire, les hôpitaux c'est comme les tranchées de la seconde guerre mondiale " L'hôpital avait recommandé à un homme atteint du coronavirus et pris en charge par les secours pour manque d'oxigène sans pronostic vital engagé, de rester se soigner à son domicile. Cette ville de 40 000 habitant.e.s  de Lombardie est plongée dans un scénario mortifère. " les gens ne peuvent plus sortir de chez eux sauf pour aller chercher leurs nourritures, leur médicaments, et pour le travail. Les usines, les magasins, et les écoles sont fermées. Il n'y a plus de bavardages au coin des rues ou dans les cafés." Cet habitant de constater, " on n'entend que les sirènes à Bergame.", les sirènes d'ambulances, dont beaucoup de " survivants se souviendront " . 

En France, le ministre de la santé, a appelé ces derniers jours à ne pas "céder aux sirènes de la polémique et de la division ", pourtant les médecins scandalisés par la pénurie de masques, d'un gouvernement qui n'a pas renouvelé ses stock, et par les aveux de défaite de la ministre de la santé, Agnès Buzin. Leur réponse citoyenne a été de porter une plainte historique contre Edouard Philippe et la ministre de la santé.

Concernant le traçage qui selon Antonio Guterres de l'ONU est à coordonner, en France, le comité CARE, a annoncé le DGS, oeuvre à la lutte contre la propagation du virus. Mais, le gouvernement nous a assuré que nos données personnelles seraient bien sûr respectées. Alors pourquoi, Stéphane Richard, PDG du groupe Orange travaille-t-il avec l'Inserm, l'institut national de la recherche médicale pour exploiter nos données personnelles afin de gérer la propagation du virus ? Cette démarche est contraire au règlement général sur la protection des données personnelles (RGPD). Alors pourquoi la CNIL rappelle en ces circonstances, trop timidement, que le consentement des personnes dont les données sont utilisées doit être consulté - article Médiapart Surveillance de l'épidémie, la CNIL met en garde le gouvernement. Qui va arrêter le pouvoir lorsqu'il abuse de son pouvoir ? Les populations confinées ?

En principe, l'effort de guerre est toujours organisé de façon à développer le surplus qui pourrait exister après que les justes besoins de la population sont satisfait. (1984, Orwell )

 

 

 

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