Rassemblement des libertés: «oasis de vie»

Samedi 30 janvier. Le rassemblement des libertés organisé par la Coordination Stop Loi Sécurité Globale a rassemblé des milliers de manifestant·e·s place de la République à Paris venus écoutés des prises de parole sur fond de concert électro world et techno.
  • Samedi 30 janvier. Rassemblement des libertés de la coordination #StopLoiSécuritéGlobale place de la République à Paris.

Un samedi de mobilisation nationale pour protester contre la loi liberticide sécurité globale lancée au Trocadéro par la coordination #StopLoiSécuritéGlobale qui réunit plus de 80 organisations en France selon la LDH, fortement réprimée depuis. Des centaines d'interpellations abusives, un mutilé par grenade.

Un rassemblement parisien revendicatif et festif qui a donné la parole à plusieurs représentants de la coordination une vingtaine présent.es dont : la LDH avec l'avocat Arié Alimi, Emmanuel Vire et Vincent Lanier journalistes membres du SNJ CGT, Adèle militante #StopLoiSecuriteGlobale, Mélanie Ngoye Gaham travailleuse sociale GJ collectif Les mutilé.es pour l'exemple, Benoit Piedallu la Quadrature du net, Attac, le collectif Techno +, les observateurs de la LDH, les comités Gaye Camara et Lamine Dieng, Fréderic Viale Non au JO 2024, intermittant du spectacle, Raphaël Kempf avocat Legal Team.

Des prises de paroles entrecoupées de scènes musicales : DJ set Acid Arab, Techno...

La place de la République  a été encerclé par des forces de l'ordre déployées massivement : camion CRS, camions lanceur d'eau, équipe de la BRAV motorisée, camions de gendarmerie. La scène du rassemblement faisait face à un cortège de policiers qui vers 16h se sont munis de casques et de boucliers. Des jets de protectiles ont commencé à fuser. Le drapeau jaune fluorescent du collectif GJ survolait la foule electrisée par le set de Kiddy Smile.

Les manifestant.es venus participer au Rassemblement des libertés - Paris étaient autant de militant.es issus des collectifs ou des partis de gauche que citoyen.nes tout âge confondu concerné.es. Un brassage digne d'une fête de l'huma. Partagée et revendicative.

La jeunesse masquée a bravé le confinement de 18h pour retrouver le goût de la fête et de la vie : libre. Les étudiants et la jeunesse lors des prises de parole ont marqué ce rassemblement politique. La détresse sociale des étudiants et d'une partie de la jeunesse oppressée par les restrictions du confinement partiel a été pointé par la travailleuse sociale Mélanie.

Un moment clé. La prise de parole de la militante interpellée Adèle, a présenté un travail collectif de peintures et de témoignages sur les violences policières, emboitant le pas de celle de Mélanie. Alors que la foule s'enthousiasmait de retrouver la fougue des jours de concert, le silence commémoratif a porté une série de témoignages de violences policières d'hommes et de femmes violentées. La voix des mutilés et des humiliés a résonné. Un moment grave. La foule a été habité par un lourd silence pesant de tout son poids comme suspendu un instant dans cette ambiance collective. Les arrestations. Les coups. Les mutilations. Un quart d'heures de vérité a résonné sur cette place pendant la diffusion de ce podcast. Les fdo, à ce moment, formant un long cordon sécuritaire face à la foule.

Membre du collectif des mutilés GJ, Mélanie 40 ans, victime d'une charge de police a fait une prise de parole éclatante, témoignant en tant que travailleuse sociale de la rupture des jeunes par ces temps de crise sanitaire, criant un bilan social meurtrier : l'explosion de l'exclusion.

Elle a pointé la loi sécurité globale comme inquiétante celle d'une police municipale du futur moins ouverte et docile : " Alors qu’aujourd’hui, on l’appelle la Mumu et qu’on n’en a pas peur, quand elle sera armée, elle viendra nous flashballer à domicile, s'est-elle exclamée. On en a marre de perdre des yeux, des mains, des pieds… " .

"Pourquoi n'ouvrez-vous pas le RSA au jeune de moins de 25 ans ?" Clémentine Autain, député FI, avait auparavant posé la question dans l'hémicycle à la ministre de la recherche.

Cette question a été scandé ce samedi à nouveau pendant la prise de parole de la GJ d'Amiens, Mélanie, celle de débloquer le RSA au jeune de moins de 25 ans.

Lors de ce rassemblement beaucoup de pancartes exprimaient ce que les prises de paroles de la SNJ CGT, de la LDH, de la Quadrature du net revendiquaient. Le refus d'une société sous contrôle policier : drônes, reconnaissance faciale, contrôle des images, fichage.

La LDH, co-organisatrice du rassemblement des libertés, prône l'éducatif avant le repressif. https://www.ldh-france.org/le-27-janvier-2021-tribune-collective-ne-jouons-pas-avec-la-republique-publiee-dans-le-monde/ " La laïcité, telle que la loi 1905 l'organise, est un des cadres qui permet de mettre en oeuvre ces principes. En ce sens, elle fait partie de notre partimoine. (...) Le président Macron a reconnu lui-même que l'État a été insuffisant dans l'application et le contrôle des textes existants et ne remplit pas pleinement ses promesses. La LDH se dit inquiète dans un communiqué de cette situation " de sentiments d'abandons, de défiance, de replis avec des tensions sociales ". Inquiète aussi pour " la paix civile " et " l'unité de la communauté nationale ".

Ce rassemblement des libertés a été utile à recréer le lien étouffé par les mesures covid gouvernementales ( couvre feu, fermeture des lieux artistiques et culturels, omniprésence du masque...)

Un rassemblement tel " une oasis de vie et de fraternité " comme dirait le penseur Edgard Morin, une oasis dans un camp de travail organisé que sont devenues nos vies en état d'urgence de crise sanitaire gérée par l'État. Les lieux culturels sinistrés. Les licenciements en cascade. Et la cohésion sociale menacée par des lois liberticides et des discriminations en période de restriction covid croissantes.

 

 

 

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