Flash ball, grenades GLI-F4 des armes de répression soft remises en cause

Samedi dernier de l’acte VII, l’usage des armes dites de dispersion (flash ball, grenades lacrymogènes) blessant gravement des manifestants a donné lieu a un débat entre les représentants de la police et le collectif des Robes Noires avocats défendant les victimes de ces armes.

Actuellement 48 enquêtes de l'IGPN, "police des polices, sont menées pour déterminer les responsabilités des forces de l'ordre à l'encontre des manifestants bléssés gravement aux visages ( avec perte de l'usage de l'oeil, fracture de la machoire agravée) lors des manifestations des gilets jaunes. D'après certains représentants des forces de l'ordre les tirs ne seraient pas volontairement pointés sur les manifestants dans le but de les blesser à la tête ou au visage.

Un journaliste présent hier dans la manifestation de Rouen a pourtant été pointé à moins de 2 m par un policier en civil faisant usage de flash ball. De nombreusx cas de manifestants bléssés grièvement au visage par les flash ball ne cesssent d'augmenter. Pourtant ces manifestants bléssés ne représentaient pas de menaces particulières par leur présence dans le cortège.

Cette arme appelé anti bavure a été autorisé par le Ministre de l'Intérieur en 2002 visant en premier lieux des quartiers périphériques. Le film documentaire d'Alexis Veller nous emmène à l'origine du flash ball la Manufacture de St Etienne où est sorti son prototype une arme non létale qui a conquit les forces de police. Depuis 15OO armes de flash ball sont produites dans cette manufactures familiale.

D'après le documentaire, avec son ossature en acier et sa puissance de tir égale à celle d'un magnum,180 joules, l'impact de flash ball avec sa balle en cahoutchouc montrée en image lors d'un test est particulièrement violent. On comprend mieux le degré de gravité des blessures occasionnées par le flash ball lors des manifestations des gilets jaunes. D'autant que la puissance de tir a été renforcé  à la demande de la police dans la version policière de l'arme comme le montre le reportage.

Alors que le nombre de bléssés par flash ball augmentent, peut-on encore appeler ces armes, des armes de dispersion non létale? Selon le documentaire, toujours, la formation des policiers est plutôt négligée pour l'usage d'une arme LDB dont le tir est égale à la puissance d'un tir de magnum, bien plus impactant qu'un coup de poing comme cela a été comparé.

Alors que le collectif des Robes Noires montent au créneau pour alerter les pouvoirs publiques, le gouvernement fait commande de 1200 flash ball supplémentaires dans son arsenal policier. Dans le contexte actuel, il pense que son uage est légitime alors que le flash ball n'est pas la seule arme dite de dispersion contreversée dans l'arsenal policier. La grenade assourdissante et lacrymogènes ne cesse de faire des victimes. Son nom de GLI-F4 est aussi froid que son profil : 25 g de TNT, 12 plots de cahoutchouc prêt à exploser, un gaz lacrymogène ultra irritant se libérant.

Pourquoi utiliser de la TNT pour une arme de dispersion? Et de même pour l'usage en contradiction avec sa règlementation strict qui n'autorise pas de lancer les grenades à hauteur d'homme et en l'air. D'après le représentant des force de l'ordre les policiers appliquent les consignes de la hiérarchie. Nécessité pour le représentant du collectif de défense des victimes de rappeler l'Article 28 de la loi de Juillet 1983 autorisant un fonctionnaire à ne pas appliquer un ordre qui pourrait troubler l'ordre publique.

Ce débat devra dépasser le cadre du débat médiatique et être sérieusement posé par les représentants politiques. En son temps, le député écologiste Noel Mamère avait proposé un loi d'interdisant le flash ball des armes de l'arsenal policier, dénonçant une dérive policière qui pourtant n'avait pas été entendue.

Alors que les recours juridiques déposées par les victimes de ces armes dites de dispersion, GLI-F 4 et flash ball augmentent, le Ministre de l'Intérieur reste de marbre. La revalorisation du salaires mensuel des policiers à 120 euros et la commande massives de 1200 flash ball laissent perplexes sur la prise en compte des bléssés lors des récentes manifestations.

Samedi derniers de l'acteVII , des manifestants de rappeler une leçon tirée de l'histoire au gouvernement :" éviter de faire l'erreur que de Gaulle a fait en ordonnant de tirer à balles réelles sur des manifestants 50 morts - 168 bléssés." Une autre leçon de mouvement pro- démocratique celle de centaines d'étudiants à Hong Kong scandant "suffrage universel" pour soutenir le procès des dirigeants contestataires pacifiques pour la démocratisation de leur pays, le " Umbrella Movement" qui avait pendant trois mois réclamé des droits démocratiques au gouvernement chinois. Le 70ème anniversaire des droits de l'homme et du citoyen devrait nous donner un élan citoyen en faveur de nos droits universels.

 

 

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