Replie sur soit d'une corporation ou pire encore...?

L'association Sos racisme Loire a été saisie par un représentant des chirurgiens pédiatres ayant un diplôme hors Union Européenne. Ils sont dans une démarche de sensibilisation auprès de nos parlementaires par rapport à leur situation qui ne connaît pas d'évolution depuis quatre ans.

Le gouvernement français fait l'effort d'intégrer des médecins en poste en France depuis plusieurs années avec succès pour la plupart des disciplines. Cette procédure a permis de régulariser plusieurs médecins et chirurgiens. Ce n'est pas le cas des chirurgiens pédiatriques.

Depuis trois ans aucun praticien n'a réussi sur la liste C de la spécialité chirurgie infantile à l'examen de la procédure d'autorisation d'exercice. Cette liste C est réservée uniquement aux praticiens exerçant en France depuis plusieurs années Il semble que la notation de leur dossier professionnel soit à l'origine de leur échec. Ces praticiens en poste dans les établissements publics ressentent très durement cette situation alors qu'ils exercent pour certains depuis plus de huit ans après leur spécialisation.

Il apparaît surprenant que, d'une part, les chefs de service leur accordent leur confiance en les laissant assumer seuls des gardes et intervenir dans des situations d'urgences et que, d'autre part, leurs pairs les jugent inaptes à la régularisation de leur diplôme. 

Bien que leurs compétences soient reconnues par les établissements qui les emploient puisqu'ils cumulent les contrats, ces praticiens travaillent aujourd'hui sous un statut précaire ne leur permettant pas de bâtir des projets. Ceci est d'autant plus mal vécu que le taux de réussite dans d'autres spécialités est proche de 100 %. 

C'est pour ces raisons que Sos racisme Loire dénonce avec force de telles pratiques qui montrent que dans notre République égalitaire plusieurs facteurs idéologiques interfèrent dans le traitement des médecins, mais nous dénonçons également nos responsables politiques qui face à ce problème gardent le silence. Avec de tels agissements nous sommes en droit de nous demander si la France ne souhaiterait pas garder une certaine mainmise sur notamment l'Afrique, puisque nous parlons essentiellement de docteurs Africains. Ne pas valider des compétences en octroyant des diplômes permet de limiter l'accès à une connaissance de haut niveau et donc de garder une certaine forme de pouvoir.

Martine Valla

 

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