Ventes d’armes et détention des réfugiés en hausse en 2018 : les succès de M. Macron

Les esprits grincheux s’acharnent à ignorer les effets positifs de la politique de M. Macron. Deux rapports publiés aujourd’hui font pourtant état de résultats éclatants dans ces deux domaines.

Les prises de commande des industries de défense françaises à l’export s’élevèrent à 9 milliards d’euros en 2018, en augmentation de 30% par rapport à 2017.

Mme Parly, ministre des Armées, s’en félicite dans un rapport au Parlement publié aujourd’hui : « les résultats sont excellents », « un des meilleurs chiffres de ces vingt dernières années », « 50 % de plus que la moyenne de nos exportations se situant à 6 milliards d’euros. »

Parmi les principaux clients, d'authentiques démocraties telles que l’Arabie Saoudite, le Qatar et l’Egypte. Comme cela a été révélé dans une enquête de Disclose, un rapport classé « confidentiel défense » fournit la liste détaillée des armes françaises impliquées dans la guerre au Yémen et utilisées contre les populations civiles. Ce rapport prouve que le président de la République, le ministre des Affaires Etrangères et la ministre des Armées mentent en affirmant le contraire. Un détail qui ne doit surtout pas ternir une si belle réussite qui place la France au 3ème rang mondial et au premier rang en Europe. Cocorico !

Dans un tout autre domaine, un  rapport sur les Centres de Rétention Administrative (CRA) a été publié aujourd’hui par six associations  (Assfam-Groupe SOS, ForumRéfugiés-Cosi, France Terre d'Asile, Cimade, Ordre de Malte et Solidarité Mayotte). Les résultats de 2018 sont à la hauteur des ambitions d’un gouvernement qui a fait voter la loi Asile et Immigration du 10 septembre 2018, et ils devraient être encore meilleurs en 2019 puisqu’elle n'est entrée en vigueur qu'au 1er janvier 2019.

Parmi les réussites de cette politique en 2018 : une augmentation de la durée moyenne de rétention (de 12.8 jours en 2017 à 14.6 jours en 2018), un quasi doublement en deux ans du nombre de personnes enfermées plus de 30 jours (de 2468 en 2016 à 4432 en 2018), 1221 enfants placés en CRA à Mayotte ainsi que 114 familles comptant 208 enfants en métropole. La CEDH a déjà condamné la France à six reprises pour l’enfermement de mineurs mais cela ne saurait émouvoir outre mesure un président qui ne jure pourtant que par l'Union Européenne.

Ajoutons à ce bilan flatteur des pratiques illégales dans certaines préfectures, des expulsions vers des pays dangereux pour les personnes concernées et la multiplication des décisions d'enfermement de personnes malades ou atteintes de troubles psychiatriques.

Concernant ce dernier point, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté a dénoncé de graves carences dans le domaine du respect du droit à la santé en rétention au profit de la politique d’expulsion. Cette politique conduit à la multiplication de gestes désespérés tels que des tentatives de suicide ou des automutilations. Les belles âmes vont pleurnicher mais Bercy saura voir le bon côté des choses : plus de suicides, c’est moins d’expulsions à effectuer donc une contribution au rétablissement des comptes publics.

Une performance en tous points remarquable puisque « la France demeure le pays européen qui a le plus recours à l’enfermement des personnes étrangères en vue de les éloigner. » Cocorico (bis) !

Nous avons la chance d’être gouvernés par un président et une majorité parlementaire « progressistes » et les résultats sont au rendez-vous.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.