Politique fiscale : les « premiers de cordée » vendent la mèche !

Le Monde a publié dans son numéro du 3-4 février 2019 un article dans lequel il relatait les propos de « premiers de cordée » rencontrés par sa rédaction.

Ainsi étaient présentés ces « premiers de cordée » : « Entrepreneur, gestionnaire d’un fonds d’investissement, grand patron, chef d’entreprise, important propriétaire immobilier, rentier. (…) Ils ont en commun d’avoir une fortune conséquente (plusieurs dizaines de millions d’euros pour certains et d’être de fervents partisans du chef de l’Etat».

Que disent-ils ?

Tous jugent la politique fiscale du président « indiscutablement très favorable aux gens très riches ». Alors que M. Macron nous explique que les mesures en question (suppression de l’ISF sur les valeurs mobilières et prélèvement forfaitaire unique de 30% sur les revenus du capital) ont pour objet de relancer l’investissement dans les entreprises et de favoriser ainsi la création d’emplois, le dirigeant d’un fonds d’investissement constate que « dans les faits, ce n’est pas tout à fait comme ça que ça se passe… » Lui ne s’en cache pas : il n’a « rien réinvesti ni embauché personne grâce à l’argent conservé. Macron nous a simplement rendu du pouvoir d’achat. Cet argent, j’en profite, je le dépense.»

L’entrepreneur abonde dans le même sens : « Grâce à la somme préservée – environ 50 000 euros – je me suis offert plus de voyages en famille. » Le grand patron assure que « ce qui est laissé à la main des riches ne sera réinvesti qu’à la marge. »

A propos de la baisse de l’impôt sur les sociétés de 33% à 25% d’ici 2022, un dirigeant d’entreprise considère que ce sont « des cadeaux accordés aux entreprises sans contrepartie. » Et, il poursuit, parlant de M. Macron : « S’il compte sur la bonne volonté des dirigeants, il ne va pas aller loin. Rien ne garantit que je ne vais pas mettre cet argent dans ma poche. »

Alors que M. Macron et sa cour se donnent le plus grand mal pour faire croire que leur politique fiscale n’a pas pour unique objet d’enrichir les très riches, ceux-ci vendent la mèche. Non, nous n’en avions pas vraiment besoin mais puisque Macron nous fait ce cadeau, on va se faire plaisir.

Ils ne se donnent même plus la peine de sauver la face de celui qu'ils ont choisi. Quand il les aura bien servis et qu'il sera démonétisé, ils le récompenseront en l’invitant à des conférences grassement rémunérées après en avoir choisi un autre.

A moins que …

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